22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 00:23

 

 

Justice et droit plaisent plus au Seigneur que le sacrifice

 

Le Seigneur dispose du cœur du roi comme on règle un canal d'irrigation, il le dirige où il veut. Chacun trouve que sa propre conduite est droite, mais c'est le Seigneur qui pèse les cœurs. Accomplir la justice et le droit, cela plaît au Seigneur plus que le sacrifice. Regarder de haut, se rengorger : ainsi brillent les méchants, mais ce n'est que péché. Les plans de l'homme actif lui assurent du profit, mais l'homme trop pressé est toujours perdant. Une fortune acquise à force de mensonge : illusion fugitive, qui conduit à la mort. Le méchant ne désire que le mal ; il n'a pas pitié de son prochain. L'homme simple acquiert la sagesse quand il voit punir le moqueur. Il acquiert la connaissance quand il voit instruire le sage. Le juste surveille la bande des méchants ; il les condamne au malheur. Celui qui ferme ses oreilles à la clameur des pauvres criera lui-même sans obtenir de réponse.

 

Proverbes 21,1-6.10-13.

 

La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu'à lui à cause de la foule. On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

 

Luc 8, 19-21

 

 

Tout ce qui importe aux yeux du Seigneur est que nous fassions sa volonté à savoir entendre sa parole et le mettre en pratique qui n’est pas autre chose que d’imprégner chacune de nos actions d’amour. Il n’y a pas d’amour possible sans justice. Qu’est-ce qui est juste ? Respecter l’intention du Créateur sur son œuvre : veiller à la destination universelle des biens tant matériels que spirituels, accueillir l’amour de Dieu en vue de le redistribuer. Le Seigneur dispose du cœur du roi comme on règle un canal d'irrigation, il le dirige où il veut. Ainsi fait-il de celui qui se met humblement à sa disposition, dirigeant ses pas là où les besoins d’amour sont les plus criants. Qui ferme ses oreilles et son cœur à la clameur des pauvres implorera lui-même en vain miséricorde tel le riche de la parabole du riche et de Lazare.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

J’ouvre mes oreilles et mon cœur à l’amour que l’on réclame de moi. J’imprègne chacune de mes actions du plus de l’amour. Si je cherche en vain à voir Dieu, je ne regarde peut-être pas au bon endroit, au plus profond de moi-même, certes, mais surtout en ceux qui quémandent mon amour.

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 03:14

  

 

 

La lampe sur le lampadaire

 

Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. »

 

Luc 8, 16-18

 

Mon fils, ne refuse pas ton aide à celui qui la mérite, quand tu as les moyens de l'accorder. Ne dis pas, quand tu as de quoi donner : « Va-t'en, tu reviendras, je donnerai demain. » Ne travaille pas au malheur de ton prochain, alors qu'il vit sans méfiance auprès de toi. Ne cherche pas querelle sans raison à quelqu'un qui ne t'a pas fait de mal. Ne porte pas envie à l'homme violent, n'adopte pas ses procédés. Car le Seigneur a horreur des gens tortueux, tandis que les hommes droits sont parmi ses intimes. La malédiction du Seigneur est sur la maison du méchant, mais il bénit la demeure du juste. Il se moque des moqueurs, mais il accorde aux humbles sa grâce.

 

Proverbes 3, 27-34

 

 

Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Qu’est-ce à dire ? La lampe c’est la Vérité : la parole de Dieu, les motions de son Esprit, voire la voix de notre conscience. Nous la cachons toutes les fois que notre conduite ne correspond pas à ce qui nous a été révélé d’elle. Faites attention à la manière dont vous écoutez, dans le sens entendre et mettre en pratique. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. Qui s’efforce de marcher dans la voie de vérité qui lui a été présentée découvre chaque jour davantage la volonté de Dieu sur lui. Quant à ceux qui préfèrent suivre leurs instincts au détriment de celle-ci, leur cœur s’endurcit (Ex 7,13) à la suite de Pharaon, il s’enténèbre (Rm 1, 21) si bien qu’ils deviennent imperméables à la Loi d’amour de Dieu.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je m’efforce de mettre en œuvre le bien qu’il m’est inspiré de faire, de mettre en pratique la Vérité révélée dans les saintes Écritures particulièrement de marcher dans les pas de Jésus, ultime Révélation de Dieu. Je demande à Marie, mère de Jésus et ma mère, de m’aider dans cette démarche.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 03:40

  

 

 

Un Dieu antisyndical ?

 

Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste. 'Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? ' Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés. ' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne. 'Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. ' Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! ' Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? 'Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

 

Matthieu 20, 1-16

 

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

 

Isaïe 55, 6-9

 

 

La parabole des ouvriers de la dernière heure va à l’encontre de notre perception de la justice selon laquelle le salaire doit être proportionnel à la prestation de travail. Notre première réaction, toute humaine voire syndicaliste, est d’éprouver de la sympathie pour ces ouvriers qui ont peiné toute la journée sans recevoir une considération qui prenne en compte les efforts additionnels qu’il leur en a coûtés. Dieu serait-il injuste, antisyndical même ?

 

Lorsque nous raisonnons de la sorte nous avons tout faux ! Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Quelle est donc la pensée du Seigneur alors ?

 

Si l’on s’en tient à la stricte lettre de la parabole nous pouvons y distinguer une justice d’un autre ordre que celle du droit. Si une pièce d’argent représente le nécessaire pour vivre dignement, n’est-ce pas justice que de donner à chacun suffisamment pour assurer sa subsistance ? Allons-nous regarder avec un œil mauvais celui qui dans sa bonté donne pareillement à tous sans égard au « mérite », les besoins essentiels de chacun étant les mêmes ?

 

Mais il y a ici beaucoup plus encore ! L’objectif de Jésus est de nous conduire à la vie éternelle et il y a ici un enseignement fondamental à ce sujet : l’accès au Royaume des cieux n’est pas une question de « mérite ». C’est la bonté de Dieu, plus spécifiquement le sacrifice de son Fils sur la croix, qui nous ouvre les portes du Royaume éternel et uniquement cela. Penser autrement, réclamer quelque privilège ou droit d’accès à la vie éternelle parce que nous nous sommes « dépensés » pour Dieu, c’est faire injure à la Bonté de ce dernier en refusant la gratuité du don qu’Il nous offre et, conséquemment, risquer de nous faire dire : Prends ce qui te revient (en l’occurrence l’autosatisfaction et la considération des hommes), et va-t'en! C’est ainsi que les publicains et les prostituées arrivent avant les grands prêtres et les anciens du peuple au Royaume de Dieu (Mt 21, 31), que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers, que ceux qui reconnaissent ne pas « mériter » de vivre avec Dieu pour l’éternité et accueillent le salut offert comme un cadeau se « qualifient » alors que ceux qui pensent y avoir « droit » risquent de s’en trouver exclus.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je médite sur la gratuité de la vie éternelle. Si j’ai revendiqué jusqu’à présent y avoir droit, je m’efforce d’enlever cette idée de mon esprit, considérant, d’une part, que tout bien que j’accomplis n’est qu’une réponse à l’appel que Dieu a placé dans mon cœur et aux ressources qu’Il a mises à ma disposition pour ce faire et, d’autre part, l’imperfection de ma réponse à cet appel.

  

 

                                                                                                  

Un Dieu antisyndical ?

 

Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste. 'Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? ' Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés. ' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne. 'Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. ' Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! ' Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? 'Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

 

Matthieu 20, 1-16

 

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

 

Isaïe 55, 6-9

 

 

La parabole des ouvriers de la dernière heure va à l’encontre de notre perception de la justice selon laquelle le salaire doit être proportionnel à la prestation de travail. Notre première réaction, toute humaine voire syndicaliste, est d’éprouver de la sympathie pour ces ouvriers qui ont peiné toute la journée sans recevoir une considération qui prenne en compte les efforts additionnels qu’il leur en a coûtés. Dieu serait-il injuste, antisyndical même ?

 

Lorsque nous raisonnons de la sorte nous avons tout faux ! Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Quelle est donc la pensée du Seigneur alors ?

 

Si l’on s’en tient à la stricte lettre de la parabole nous pouvons y distinguer une justice d’un autre ordre que celle du droit. Si une pièce d’argent représente le nécessaire pour vivre dignement, n’est-ce pas justice que de donner à chacun suffisamment pour assurer sa subsistance ? Allons-nous regarder avec un œil mauvais celui qui dans sa bonté donne pareillement à tous sans égard au « mérite », les besoins essentiels de chacun étant les mêmes ?

 

Mais il y a ici beaucoup plus encore ! L’objectif de Jésus est de nous conduire à la vie éternelle et il y a ici un enseignement fondamental à ce sujet : l’accès au Royaume des cieux n’est pas une question de « mérite ». C’est la bonté de Dieu, plus spécifiquement le sacrifice de son Fils sur la croix, qui nous ouvre les portes du Royaume éternel et uniquement cela. Penser autrement, réclamer quelque privilège ou droit d’accès à la vie éternelle parce que nous nous sommes « dépensés » pour Dieu, c’est faire injure à la Bonté de ce dernier en refusant la gratuité du don qu’Il nous offre et, conséquemment, risquer de nous faire dire : Prends ce qui te revient (en l’occurrence l’autosatisfaction et la considération des hommes), et va-t'en!  C’est ainsi que les publicains et les prostituées arrivent avant les grands prêtres et les anciens du peuple au Royaume de Dieu (Mt 21, 31), que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers, que ceux qui reconnaissent ne pas « mériter » de vivre avec Dieu pour l’éternité et accueillent le salut offert comme un cadeau se « qualifient » alors que ceux qui pensent y avoir « droit » risquent de s’en trouver exclus.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je médite sur la gratuité de la vie éternelle. Si j’ai revendiqué jusqu’à présent y avoir droit, je m’efforce d’enlever cette idée de mon esprit, considérant, d’une part, que tout bien que j’accomplis n’est qu’une réponse à l’appel que Dieu a placé dans mon cœur et aux ressources qu’Il a mises à ma disposition pour ce faire et, d’autre part, l’imperfection de ma réponse à cet appel.

 

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 02:31

 

 

La résurrection, au cœur de la foi chrétienne

 

Frères, nous proclamons que le Christ est ressuscité d'entre les morts ; alors, comment certains d'entre vous peuvent-ils affirmer qu'il n'y a pas de résurrection des morts ? Mais, s'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ, lui non plus, n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet ; nous voilà reconnus comme de faux témoins de Dieu, pour avoir témoigné en contradiction avec Dieu en disant qu'il a ressuscité le Christ, alors qu'il ne l'a pas ressuscité s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien, vous n'êtes pas libérés de vos péchés ; et puis, ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité.

 

Première lettre de Paul aux Corinthiens 15, 12-20.

 

 

L’apôtre Paul place, à juste titre, la résurrection du Christ au cœur de la foi chrétienne : si le Christ n'est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet.

 

Tout signe qui vient de Dieu est porteur d’une signification qui outrepasse largement le merveilleux ou l’extraordinaire de ce que l’on peut observer de l’événement. La résurrection du Christ, quant à elle, vient confirmer tout son enseignement, lui apposer un sceau de vérité, à commencer par prouver l’existence d’une vie après la vie, l’immortalité de l’âme de tout homme : le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Elle est aussi une preuve de sa nature divine, qu’il est l’Emmanuel, « Dieu avec nous » (Mt 1, 23), le Temple de Dieu, le signe indestructible de la présence de Dieu parmi les hommes ainsi qu’il l’avait lui-même prophétisé : « Détruisez ce temple et, en trois jours, je le relèverai » (Jn 2, 19). Si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien, vous n'êtes pas libérés de vos péchés : la résurrection constitue la preuve de l’acceptation par le Père du tribut versé par le Christ sur la croix pour le rachat de nos fautes, « Tu ne voulais sacrifice ni oblation, tu m'as ouvert l'oreille, tu n'exigeais holocauste ni victime, alors j'ai dit: Voici, je viens. » (Ps 40, 7-8), le signe tangible de l’accomplissement de sa mission « le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45) et est conséquemment pour nous le fondement de notre espérance de partager la vie de Dieu pour l’éternité : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures; sinon, je vous l'aurais dit; je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez » (Jn 14, 2-3).

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 04:31

 

 

Sauvés par pure grâce

 

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés ; vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts - ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi.

 

Première lettre de Paul aux Corinthiens 15, 1-11.

 

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. » Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? » Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. » Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »

 

Luc 7, 36-50

 

 

Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi. Quand Paul se pensait quelqu’un, quand il revendiquait un « droit » au salut en raison de son appartenance au peuple élu, quand il pensait faire quelque chose pour Dieu, quand il se croyait dépositaire du monopole de la vérité, il était aveuglé par l’orgueil au point d’agir à contre-courant de la nature du Dieu qu’il prétendait servir et qui est Amour, allant jusqu’à persécuter les autres au nom de Celui-ci. Sa rencontre avec l’Amour sur le chemin de Damas l’a transformé. D’orgueilleux, il est devenu humble : je ne suis pas digne… ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu… Auparavant, Paul montrait peu d’amour car il lui était peu pardonné non par défaut de la part de Dieu mais parce qu’il pensait, dans sa suffisance, ne pas avoir « besoin » de recourir à la divine miséricorde.

Si nous voulons être sauvés, il nous faut emprunter le chemin de la femme pécheresse non pas dans la partie de sa vie désordonnée mais, dans la conscience de notre indignité, pleurer nos fautes comme elle. Comme elle également, montrons un grand amour envers ce Dieu miséricordieux qui sait bien ce qu'il nous faut, avant que nous le lui demandions. Que demanderions-nous ? Nous ne savons que demander (Rm 8, 26) ! Voyons cette femme, il n’est fait nulle mention qu’elle ait prise la parole, pourtant il lui est octroyé la plus grande grâce qui soit et ce dont elle avait grand besoin : « ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés à cause de son grand amour». L’amour requiert par ailleurs de respecter la liberté de l’être aimé de donner selon son bon vouloir qui dépassera dans sa prodigalité tout ce que nous oserions demander. La mesure de l’amour c’est d’aimer (donner) sans mesure (Augustin d’Hippone).

Saurons-nous, aujourd’hui entrouvrir la porte de notre cœur à ce Dieu qui n’attend qu’un signe de notre part pour nous combler de son amour ? Ce signe, c’est de nous dépouiller de nous-mêmes, nous reconnaître indignes d’un si grand amour, nous faire capacité pour accueillir le Torrent (Catherine de Sienne) d’amour que Dieu désire y déverser maintenant et à jamais.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 05:54

 

 

Hymne à la charité

 

Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

 

La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité.

 

Première lettre de Paul aux Corinthiens 12,31.13,1-13.

 

 

Quand bien même nous réaliserions les œuvres les plus dignes d’admiration, nous nous dépensons en pure perte si elles ne sont pas inspirées par l’amour et ne portent pas son sceau. Quand Jésus nous dit « Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5, 13), c’est à cet amour qui insuffle les actions du croyant et qui leur donne une portée d’infini faisant advenir le Royaume dès le temps présent auquel il fait allusion. Nous ne pouvons que louer les efforts des États qui, inspirées par la civilisation judéo-chrétienne, se sont impliqués au cours des dernières décennies dans les œuvres caritatives  y remplaçant ceux qui s’y investissaient autrefois en raison de leur foi.  Cependant, il est dommage de constater de façon générale que si la qualité technique de l’aide apportée est supérieure à celle d’antan, l’amour qui rassérénait les bénéficiaires se soit refroidi. Aussi, est-ce un scandale d’autant plus important que des personnes consacrées, qui auraient dû agir par amour en raison de la foi qu’elles professaient, aient pu maltraiter ou abuser des personnes dans le besoin qu’on leur avait confiées. Tout aussi dommage est-il de constater que l’on soupçonne de maltraitance tous ceux qui se dépensent ou se sont dépensées pour autrui par amour de Dieu et du prochain en raison d’une minorité qui a manqué à ses engagements. Même si nous devenons suspects parce que nous sommes incités à manifester l’Amour, cela ne doit pas nous empêcher d’agir car cela fait partie de l’ADN de notre vie de croyants.

 

À quoi reconnaît-on la charité, l’amour véritable venant de Dieu et inspiré par Lui ?  Paul mentionne d’abord la longanimité, « la patience à supporter ce qu’on aurait le pouvoir de réprimer, de punir » (Dictionnaire le petit Robert), cette caractéristique du Maître de la Moisson qui laisse croître ensemble l’ivraie et le bon grain de peur d’arracher le blé en même temps qu’en ramassant l’ivraie (Mt 13, 29-30). Le service tel que manifesté par la vie de Jésus, « le Fils de l'homme lui-même n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Mc 10, 45), vient tout juste après.

 

Paul énonce ensuite une série de caractéristiques qui manifestent un manque de charité causées par une trop grande considération ou estime de soi-même ou un souci insuffisant du bien et de la justice : elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice.

 

La charité met sa joie dans la vérité et la justice qui découle de cette vérité. Il n’y a pas d’amour possible dans le mensonge ou dans les situations d’iniquité. La charité excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité est prédisposition favorable envers autrui. Le premier mouvement de la charité n’est pas de juger l’autre mais de l’excuser, marchant ainsi dans les pas de Jésus : « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 17). La charité croit tout, espère tout, elle croit particulièrement que le sort de personne n’est jamais joué jusqu’à son dernier souffle, même celui des plus grands pécheurs et, en conséquence s’efforce inlassablement de leur manifester quelque chose de la bonté de Dieu, espérant toujours en une éventuelle conversion fut-ce au tout dernier moment comme pour le larron crucifié au côté de Jésus. La charité supporte tout, elle endure spécialement, par amour de Jésus et selon son enseignement : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament » (Lc 6, 27-28), les personnes qui lui sont antipathiques sans manifestation extérieure qui puisse laisser transparaître son agacement ainsi que suggéré par Thérèse de Lisieux et sa petite voie.

 

La charité ne passe jamais. C’est la seule chose qui demeurera de nous pour l’éternité. La miséricorde de Dieu et notre « capacité » à accueillir et manifester l’amour développée en cette vie par nos actes de charité constituent les deux clés qui nous donneront accès à partager l’existence de Dieu pour l’éternité, la première important considérablement plus que la seconde.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 04:49

 

 

Le corps du Christ

 

Frères, prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit. Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d'un seul. Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps. Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l'Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d'assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses. Tout le monde évidemment n'est pas apôtre, tout le monde n'est pas prophète, ni chargé d'enseigner ; tout le monde n'a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Et je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes.

 

Première lettre de Paul aux Corinthiens 12,12-14.27-31.

 

 

La famille des croyants forme le corps du Christ. Chaque membre est dépositaire de caractéristiques ou dons uniques qui le prédestinent à jouer un rôle précis dans le plan d’amour de Dieu sur l’humanité qui est le salut du plus grand nombre. Chacun, cependant, peu importe la fonction qui lui a été dévolue dans ce corps, est animé par l’unique Esprit d’amour qui veille à la cohésion de l’ensemble.

 

Certains se voient destinés à occuper des fonctions plus visibles : apôtres, prophètes, enseigner, accomplir des miracles, guérir, assister ou guider les frères, dire des paroles mystérieuses ou les interpréter. Ces rôles plus prestigieux parce que plus visibles ne sont pas accessibles à tous : Tout le monde évidemment n'est pas apôtre, tout le monde n'est pas prophète, ni chargé d'enseigner ; tout le monde n'a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. Il n’y a pas à les envier car plus grands sont les dons, plus grande se révèle la responsabilité de celui qui se les ai vu octroyer de les mettre au service du bien et du salut du plus grand nombre, plus grande également est la tentation de s’en attribuer le « mérite » ou d’en détourner une partie des « bénéfices » à son propre avantage. À la fin, lors du jugement, chacun aura à rendre compte de la manière dont il se sera acquitté de la fonction qui lui avait été dévolue dans ce Corps et ceux qui avaient les rôles les plus dignes d’admiration ne seront pas exempts de la damnation : « Beaucoup me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé? En ton nom que nous avons chassé les démons? En ton nom que nous avons fait bien des miracles? Alors je leur dirai en face: Jamais je ne vous ai connus; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité » (Mt 7, 22-23).

 

Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Mais ce n’est pas là ce qui devrait nous préoccuper ! Et je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes.

C’est cette voie qui devrait constituer notre unique souci. Quelle est-elle ? La charité, accueillir et manifester l’amour de Dieu pour l’humanité ou encore, si nous sommes démunis de tout, solliciter l’amour des autres au nom de Dieu. Le chapitre 13 de la lettre aux Corinthiens qui suit immédiatement ce verset porte par ailleurs le nom d’hymne à la charité ou d’hymne à l’amour. Beaucoup le choisissent avec raison dans les lectures de la célébration du mariage. Les parents se voient assigner un rôle unique d’ « incarner » l’amour et de voir à sa transmission au sein de leur famille que le concile Vatican II a désigné sous le nom d’ « Église domestique » (Lumen Gentium 11).

 

Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour (Jean de la Croix, dichos 64), pas sur le prestige du rôle qui nous a été dévolu au sein du Corps du Christ, mais sur la manière dont nous nous serons acquittés de celui-ci, de l’amour que nous aurons imprégné nos actions. Cet amour requiert également que nous nous préoccupions de l’unité du corps du Christ non seulement en ne jalousant pas les rôles plus enviables mais encore en aidant ceux pour qui ils ont été prévus à mettre en valeur leur « patrimoine » pour le bénéfice du Corps tout entier et même de ceux à l’extérieur de celui-ci qui  sont en « attente » de s’y greffer.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 07:04

 

 

Notre Dame des douleurs

 

Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

 

Jean 19, 25-27

 

Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

 

Hébreux 5, 7-9

 

 

La douleur est associée à la maternité : « dans la peine tu enfanteras des fils » (Gn 3, 16). Le monde visible illustrant l’invisible comme en parabole, il est conséquent de voir la maternité spirituelle de Marie débuter dans la douleur, douleur qui avait par ailleurs été prophétisée par Syméon : « un glaive te transpercera l’âme » (Lc 2, 35). Alors que se termine la maternité de Marie dans l’ordre de la chair avec la mort de Jésus, débute sa maternité spirituelle alors qu’elle devient à travers Jean la mère de tous les hommes au plan spirituel : « Femme, voici ton fils.» Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. »

 

Jésus est-il lui-même devenu « l'aîné d'une multitude de frères » (Rm 8, 29) adoptifs en nous ouvrant les portes du salut éternel par les souffrances de sa Passion. Ici, encore, naissance et douleur sont-elles intimement liées.

 

Jésus nous enseigne à travers Nicodème qu’il nous passer par une seconde naissance pour aspirer à partager l’existence de Dieu pour l’éternité : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3, 3.5). Cette naissance ne se fait pas non plus sans douleur, celle du détachement du matériel étant l’étape incontournable pour s’attacher à Dieu seul. Pour nous aider dans ce cheminement, pour alléger notre souffrance, Jésus nous propose de prendre Marie comme mère. N’hésitons pas à la prendre avec nous Marie à la suite du disciple que Jésus aimait, comme il aime chacun d’entre nous d’ailleurs, raison pour laquelle il partage sa mère. Ayant connue elle-même la douleur, Marie est une mère compatissante, sensible à nos propres peines qu’elle s’efforcera d’alléger par de discrètes interventions. Par contre, qui cherche à avancer sans Mère dans la vie spirituelle s’expose à des souffrances inutiles et même à s’égarer en cours de route.

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 03:42

 

 

La Croix Glorieuse

 

Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage, récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël. Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !   

 

Livre des Nombres 21, 4-9.

 

Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.

 

Lettre de Paul aux Philippiens 2, 6-11

 

Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

 

Jean 3, 13-17

 

 

L’Église fête en ce dimanche la Croix Glorieuse. La croix, qui était un instrument de mort abjecte avant que Jésus ne meure sur elle, est devenue l’instrument et le symbole de notre salut. Cette croix était annoncée en énigme (1 Co 13, 12) dès les débuts de l’histoire sainte par le mat au sommet duquel était dressé un serpent de bronze. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie ! De même, qui regarde humblement vers la croix du Christ et y voit l’instrument de son salut, le prix de l’unique rançon (Mc 10, 45) exigée pour nous donner non pas une vie périssable comme aux temps anciens mais une vie en plénitude en compagnie de Dieu pour l’éternité, celui-là n'est pas loin du Royaume de Dieu (Mc 12, 34) car l’une des conditions premières pour y accéder consiste à accepter sa gratuité absolue, qu’il nous y est donné d’y accéder uniquement en vertu de l’infinie miséricorde de Dieu.

 

Regarder vers la croix nous rappelle également que l’amour est don sans réserve de soi et qu’il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jn 15, 13). L’amour est dans le service des autres et de Dieu. En cela nous avons comme modèle le Christ qui de condition divine, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Non seulement cela mais encore s'est-il abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. Pour aspirer à la vie éternelle, nous devons accroître notre capacité à aimer, en nous mettant au service du bien commun, particulièrement de notre prochain, les personnes qui sont les plus près de nous et qui ont besoin de notre amour. La croix nous rappelle les paroles de Jésus « quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé » (Lc 14, 11). L’abaissement dont il est question ici ne réside pas dans une fausse modestie qui nie les talents indéniables que Dieu a mis à notre disposition mais plutôt à reconnaître que nous avons été constitués fiduciaires de ceux-ci par Dieu avec la responsabilité de les mettre au service du plus grand nombre. Renoncer à la tentation d’utiliser à notre propre avantage ce qui nous a été donné pour manifester aux autres l’infinie Bonté de Dieu peut se révéler « crucifiant », surtout lorsque ces autres nous sont antipathiques, se montrent ingrats ou encore prennent pour de la naïveté à exploiter les bons sentiments à leur égard inspirés par Dieu et la croix de son Fils.

 

Que nul ne s’y trompe, la croix du Christ et notre propre croix constituent le passage obligé pour parvenir à la vie éternelle : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu'il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile, la sauvera » (Mc 8, 34-35).

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 11:34

 

 

Le cœur de l’homme

 

Jésus disait à ses disciples : " Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits. Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur.

 

Luc 6, 43-45.

 

 

Qu’est-ce que le cœur de l’homme ? Comme je n’ai pas la prétention de pouvoir l’expliquer voyons ce qu’en dit le livre Vocabulaire de théologie biblique (Éditions du Cerf 1970) :

 

Les résonnances qu’éveille le mot « cœur » ne sont pas identiques en hébreu et en français. Certes le sens physiologique est le  même (2 S 18, 14; Os 13, 8), mais les autres usages du mot diffèrent sensiblement. Dans notre façon actuelle de parler, « cœur » n’évoque guère que la vie affective. L’hébreu conçoit le cœur comme le « dedans » de l’homme en un sens beaucoup plus large. En plus des sentiments (2 S 15, 13; Ps 21, 3; Is 65, 14), le cœur contient aussi les souvenirs et les idées, les projets et les décisions. Dieu a donné aux hommes « un cœur pour penser » (Si 17, 6); le psalmiste évoque « les pensées du cœur » de Dieu lui-même, c’est-à-dire son plan de salut qui subsiste d’âge en âge (Ps 33, 11). « Largeur de cœur » (1 R 5, 9) évoque l’étendue du savoir, « donne-moi ton cœur » peut signifier « prête-moi ton attention » (Pr 23, 26) et « cœur endurci » comporte le sens d’esprit bouché. Suivant le contexte, le sens peut se restreindre à l’aspect intellectuel (Mc 8, 17) ou au contraire s’étendre (Ac 7, 51). Il faut souvent remonter par-delà les distinctions psychologiques jusqu’au centre de l’être, là où l’homme dialogue avec lui-même (Gn 17, 17; Dt 7, 17), assume ses responsabilités, s’ouvre ou se ferme à Dieu. Dans l’anthropologie concrète et globale de la Bible, le cœur de l’homme est la source même de sa personnalité consciente, intelligente et libre, le lieu de ses choix décisifs, celui de la Loi non écrite (Rm 2, 15) et de l’action mystérieuse de Dieu. Dans l’AT comme dans le NT, le cœur est le lieu où l’homme rencontre Dieu, rencontre qui devient pleinement effective dans le cœur humain du Fils de Dieu.

 

Lorsque nous associons le cœur à l’amour, nous sommes dans la vérité car là est le lieu de rencontre avec Dieu qui est Amour (1 Jn 4, 8). Le cœur est également le lieu de la connaissance car nous ne pouvons pas aimer qui ou ce que nous ne connaissons pas ou connaissons mal. A-t-on déjà entendu dire de quelqu’un qu’il « aimait » les maths alors qu’il n’y comprend rien ? Ainsi en va-t-il pour Dieu.

 

Mais voilà qu’il existe deux « amours » qui se disputent ce cœur : amour de soi jusqu’au mépris de Dieu (et de l’autre), amour de Dieu (et de l’autre) jusqu’au mépris de soi (Augustin d’Hippone), le premier constituant une contrefaçon du second et même son antithèse car l’amour véritable est don alors que le premier cherche à acquérir pour lui. Ainsi donc, le cœur est-il le lieu d’un choix décisif celui de s’ouvrir ou de se fermer à Dieu duquel découle celui de s’ouvrir ou de se fermer aux autres. Il s’agit ici de choix mutuellement exclusifs : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent » (Lc 16, 13).

 

Tout part de l’inclinaison du cœur, paroles et actes : L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur.

 

Que faut-il faire pour que notre cœur penche « du bon côté » ? Chercher à connaître Dieu, le moyen privilégié résidant dans la lecture fréquente des saintes Écritures où Il s’est révélé à nous. Nous pouvons aussi faire la demande au Père céleste qu’Il se révèle de quelque manière à nous par l’intercession de son Fils, ce qui ne demeurera pas sans réponse ainsi que ce dernier nous l’a promis « ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom » (Jn 16, 23). Que personne ne s’y trompe ! Nous ne verrons pas Dieu face à face (1 Co 13, 12) car cette vision est réservée pour l’éternité. Cependant, nous pouvons être assurés que le Dieu qui a fait sentir sa présence à Élie dans le bruit d’une brise légère (1 R 19, 12), touchera notre cœur par une délicate onction de son Esprit d’Amour. Enfin, la fréquentation régulière des sacrements, particulièrement celui de l’Eucharistie, constitue un moyen de choix pour « garder le contact » avec ce Dieu qui se cache. Le sacrement de réconciliation représente, quant à lui, le moyen voulu par Dieu pour restaurer la capacité du cœur à aimer, ce cœur blessé par les choix contraires à l’amour véritable. Enfin, l’oraison « habitue » le cœur à se rendre disponible à la présence de Dieu en lui si bien que les effets de cette dernière dépassent largement le temps consacré à cette activité.

 

 

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