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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:50

 

 

La conversion chrétienne

 

En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

 

Luc 5,27-32

 

Le Dieu qui est Amour nous invite à entrer dans le mouvement d’amour qui unit les trois Personnes de la Trinité, imparfaitement en cette vie et en plénitude pour l’éternité. Or, nous sommes pécheurs, enclins à l’amour de soi qui n’a d’amour que le nom, l’amour authentique étant don gratuit de sa personne. La sainteté, la transparence de l’Amour de Dieu, la capacité d’accueillir l’Amour pour le retransmettre intégralement, constitue la finalité poursuivie par le disciple du Christ. Entre l’égoïsme pécheur et la parfaite capacité d’aimer qui permettra de nous unir au Seigneur pour l’éternité, il y a une longue route où nous sommes constamment interpellés à changer pour le meilleur de l’Amour. Et encore, au final, devrons-nous néanmoins compter, peu importe le chemin déjà parcouru, sur la miséricorde de Dieu pour nous laisser entrer dans la parfaite communion avec Lui, nos efforts, aussi méritoires eussent-ils été au cours de notre séjour terrestre, demeurant bien à court de l’état permettant de jouir de la présence de Dieu pour l’éternité.

 

La vie du croyant est donc un perpétuel cheminement de conversion, de dépouillement graduel de soi en faveur de Dieu et du prochain. Ce chemin commence par la reconnaissance de l’existence d’un Dieu qui est Amour, qui nous aime le premier, inconditionnellement, et par se laisser aimer de Lui. Fort de cet Amour, communiqué notamment par les sacrements, le croyant est appelé à aimer inconditionnellement ceux qui croisent sa route, à rendre amour pour Amour, à défaut de quoi sa foi demeure stérile.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je profite des grâces particulières de la période du carême pour m’efforcer de changer pour le mieux de l’Amour. Je fréquente les sacrements de Réconciliation et de l’Eucharistie pour y puiser la force nécessaire pour parvenir au changement espéré.

11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 05:00

 

 

Le jeûne chrétien

 

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront.

 

Matthieu 9, 14-15

 

Le jeûne chrétien est un moyen et non une fin en soi. Un moyen de quoi ? Un moyen de se rendre présent à l’Amour, au Dieu qui est Amour. Les disciples n’ont pas eu à jeûner lorsque le Seigneur vivait à leur côté, leur jeûne n’aurait eu aucun sens. Il est par contre un outil privilégié pour nous remémorer la présence de Dieu à chaque instant où la faim qui résulte de la privation se fait sentir. Le jeûne chrétien étant à la base un geste d’amour, il se vit dans l’intimité de l’amour faute de quoi il rate son objectif qui devrait être de nous rapprocher de Dieu : « Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6, 17-18).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je jeûne pendant la période du carême pour me rapprocher du Dieu qui est Amour. Parallèlement et / ou conséquemment à cette rencontre de l’Amour, je manifeste l’Amour que j’ai rencontré par des œuvres de miséricorde en faveur du prochain sans quoi ma démarche demeurera stérile.

10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:04

 

 

Je mets devant toi la vie ou la mort

 

Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »

 

Deutéronome 30, 15-20

 

Choisis donc la vie. Quel grand mystère que celui d’un Dieu qui laisse à ses créatures la liberté de choix ! Même s’Il souhaite de tout cœur que nous fassions le bon choix, qu’Il fera tout pour nous y conduire, Il ne nous contraindra jamais car on ne peut forcer un cœur à aimer ! À nous donc d’effectuer le(s) bon(s) choix : de donner préséance à l’Amour, l’amour de Dieu et du prochain, au détriment de l’amour de soi. La période du carême constitue un temps propice pour faire un tel choix car Dieu offre en cette période des grâces particulières à ceux qui décident de s’engager dans le difficile chemin du don de soi, chemin de vie dès ici bas de par le réconfort qu’il apporte à ceux dans le besoin et dans l’éternité, la capacité à aimer développée au cours de notre existence donnant accès à la vie en Dieu pour l’éternité.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je choisis dès maintenant la vie et le bonheur. Je choisis de marcher dans les chemins du Seigneur mon Dieu, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Je choisis d’aimer, d’aimer en vérité par le don de ma personne pour le bénéfice des autres.

 

9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 06:35

 

 

Laissez-vous réconcilier avec Dieu

 

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

 

Deuxième lettre de Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2.

 

Paul ne dit pas « Réconciliez-vous avec Dieu » mais « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Conséquemment, nous n’avons pas, dans le chemin qui mène à Dieu et à la vie éternelle, à prendre l’initiative mais plutôt, à accueillir l’Amour, qui toujours fait les premiers pas, et nous laisser conduire par son Esprit qui nous suggère les moyens de répondre à l’invitation qui nous est adressée de nous laisser aimer et de rendre amour pour amour.

 

Si les actions de Dieu pour rapprocher les hommes de Lui se sont multipliées au cours de l’histoire, nulle ne surpasse en importance le fait qu’Il ait assumé la chair en la personne de Jésus qui a accepté de donner sa vie pour nous sur la croix afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. Notre coopération est toutefois requise si nous ne voulons pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. L’étape essentielle consiste à nous reconnaître pécheurs, incapables d’accéder au salut par nos propres moyens. La période du Carême qui s’amorce constitue un temps privilégié dans l’année liturgique pour nous laisser réconcilier avec Dieu à travers le sacrement du Pardon. Le voici maintenant le moment favorable, ne laissons pas filer cette opportunité !

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je me laisse réconcilier avec Dieu pendant la période du carême en me présentant au sacrement du Pardon. Également, j’identifie un attachement particulier qui me lie au tangible et j’essaie de m’en libérer avec la grâce Dieu notamment, si cela est possible, en en faisant bénéficier les autres en partageant l’objet de cet attachement, ce qui contribuera du coup à me rapprocher du Seigneur.

7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:16

 

 

Ceux qui touchèrent la frange de son manteau étaient sauvés

 

En ce temps-là,  après la traversée, abordant à Génésareth, ils accostèrent. Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus : ils parcoururent toute la région, et se mirent à apporter les malades sur des brancards là où l’on apprenait que Jésus se trouvait. Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.    

 

Marc 6, 53-56

 

La vénération des reliques, parties du corps ou objets ayant appartenu à une personne en qui la grâce de Dieu s’est manifestée de façon particulière, tire son origine des récits évangéliques qui rapportent que ceux qui touchaient Jésus ou ses vêtements étaient guéris ou sauvés. Il ne faut pas mépriser ce culte ni autres manifestations de religiosité populaire par lesquelles le Dieu invisible se rend tangiblement présent pour venir au secours de notre faiblesse. Cependant, il faut se rappeler qu’il ne s’agit que de moyens de se remémorer la présence divine et non une fin en soi auquel cas ils risqueraient de détourner plus de Dieu que de l’en rapprocher et s’apparenteraient plus aux amulettes et à la magie. À une autre époque, il y eut un commerce florissant des reliques et certains, flairant la bonne affaire, n’hésitèrent pas à tirer partie de la crédulité populaire pour s’enrichir, présentant des faux comme des originaux. Le problème en ce cas était double :  non seulement avait-on fait un fin de ce qui n’était qu’un moyen mais encore acceptait-on de débourser pour obtenir une grâce de Dieu ce qui est totalement contraire à l’esprit évangélique, « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). La table était mise pour ouvrir la voie aux dérives, ce qui se produisit effectivement comme l’ont noté avec ironie certains constatant, par exemple, que si l’on eut assemblé tous les morceaux provenant prétendument de la couronne d’épine du Christ, il y en eut suffisamment pour faire une haie entière !

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je m’efforce de m’attacher à Dieu seul. Je ne méprise pas et j’utilise même les moyens de religiosité populaire qu’Il daigne mettre à ma disposition pour me permettre de Le rencontrer en me remémorant toutefois qu’il ne s’agit là que de moyens d’aller vers Lui et non de procédés magiques quelconques me procurant une protection ou autre avantage par un pouvoir propre qu’ils renfermeraient en eux-mêmes.

6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 07:24

 

 

Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu

 

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon, c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –, ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez.   

 

Première lettre de Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-11.

 

Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu. Ce constat nous pouvons tous le faire, mieux, nous avons tous à le faire. Toute bonne pensée, tout bon geste, tire sa source du Dieu qui est Amour.  « Nul n'est bon que Dieu seul » (Mc 10, 18). L’unique chemin qui mène vers le Seigneur commence par le constat de la faiblesse de notre nature pécheresse et de la reconnaissance que nous sommes redevables à la grâce de Dieu pour ce que nous disons ou faisons de bon. Tous les messagers authentiques de l’Amour ont reconnu n’être que « des serviteurs quelconques » (Lc 17, 10) tel Isaïe : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures » (Is 6, 5), ou Pierre : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur »  (Lc 5, 8) ou encore ici Paul : ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi.

 

Cette grâce de Dieu est disponible à tous. Le Seigneur nous demande cependant notre collaboration, en dépit des faiblesses de notre nature, afin que, venant en nous, elle ne soit pas stérile. Pourquoi Dieu privilégie-t-il ou se manifeste-t-il de façon particulière à travers ce qu’il y a de plus humble ? Pour que ce soit manifeste, qu’il n’y ait pas de doute possible, que c’est Lui qui agit par l’entremise de ces petits et interpeller ceux qui mettent leur orgueil et leur foi dans les choses de ce monde afin de leur faire réaliser que, par delà le visible, il y a une Force, une Sagesse, un Amour qui domine et a « vaincu le monde » (Jn 16, 33). « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre de l'angle » (1 P 2, 7). « Ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je me reconnais faible, impuissant, pécheur. Je sollicite et j’accueille la grâce de Dieu à laquelle je reconnais tout devoir. Je m’efforce de pas laisser cette grâce sans effet et j’y coopère pleinement. À la suite de Paul, je me donne de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi.

5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 06:20

 

Que demander à Dieu ?

 

Le roi Salomon se rendit à Gabaon, qui était alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice ; il immola sur l’autel un millier de bêtes en holocauste. À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. » Salomon répondit : « Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec une grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as gardé cette grande fidélité, tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône. Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? » Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. De plus, je te donne même ce que tu n’as pas demandé, la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n’auras pas d’égal parmi les rois.  

 

Livre de l'Ecclésiastique 47,2-13.

 

Que demander à Dieu ? La question n’est pas sans intérêt car à nous aussi Dieu dit : «Demande ce que je dois te donner ». C’est Jésus qui l’affirme : « Demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète » (Jn 16, 24). Malheureusement, il nous semble que, trop souvent, nos prières paraissent demeurer lettre morte auprès de Dieu. C’est que, comme l’indique l’apôtre Paul, « nous ne savons que demander pour prier comme il faut » (Rm 8, 26) et nous propose une aide appropriée : « l'Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » (Rm 8, 26-27). Pour être exaucée, notre prière doit correspondre aux vues de Dieu !

 

Cette demande de Salomon plut au Seigneur. Salomon, sous la mouvance de l’Esprit, a su quoi demander à Dieu : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? » Il n’a pas demandé quelque chose qui allait lui être personnellement profitable, il a intercédé pour son peuple. De même, sa demande de discerner le bien du mal, si elle évoque Adam et Ève, constitue de fait son antithèse car Salomon souhaite se faire instruire par Dieu sur ce qui est bien ou mal alors que nos premiers parents voulaient le déterminer eux-mêmes sans référence à Dieu.

 

Le Seigneur est touché par cette demande de Salomon : « Puisque c’est cela que tu as demandé… je fais ce que tu as demandé :… De plus, je te donne même ce que tu n’as pas demandé, la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n’auras pas d’égal parmi les rois ». Dieu donne en surabondance à qui marche selon ses voies. C’est aussi ce qu’affirme Jésus : « à tout homme qui a, l'on donnera et il aura du surplus » (Mt 25, 29).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je demande l’aide du Saint Esprit pour savoir quoi demander à Dieu dans la prière. Je sais que je suis dans la bonne voie, que je me laisse effectivement guider par l’Esprit si, comme Salomon, je ne demande pas pour moi-même et mon bénéfice personnel mais qu’au contraire j’intercède pour les autres. Mieux encore, j’intercède pour le plus grand nombre possible. Le Seigneur qui, dans l’ordre matériel, a multiplié les pains saura bien multiplier le peu de « mérite » de mes prières et même y rajouter avant de l’appliquer tout entier à chacune des personnes  visées par ma demande d’intercession.

3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 03:43

 

 

Ainsi tu réussiras dans tout ce que tu entreprendras

 

Comme les jours de David approchaient de leur fin, il exprima ses volontés à son fils Salomon : « Je m’en vais par le chemin de tout le monde. Sois fort, sois un homme courageux ! Tu garderas les observances du Seigneur ton Dieu, en marchant dans ses chemins. Tu observeras ses décrets, ses commandements, ses ordonnances et ses édits, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse. Ainsi tu réussiras dans tout ce que tu feras et entreprendras, et le Seigneur réalisera cette parole qu’il m’a dite : “Si tes fils veillent à suivre leur chemin en marchant devant moi avec loyauté, de tout leur cœur et de toute leur âme, jamais tes descendants ne seront écartés du trône d’Israël.” David mourut, il reposa avec ses pères, et il fut enseveli dans la Cité de David. Le règne de David sur Israël avait duré quarante ans : il avait régné sept ans à Hébron, et trente-trois ans à Jérusalem. Salomon prit possession du trône de David son père, et sa royauté fut solidement établie.  

 

Premier livre des Rois 2,1-4.10-12.

 

Comment réussir sa vie et dans la vie, la réussite consistant à contribuer au bien commun dans toute la mesure des talents mis à notre disposition par le Créateur ? Écoutons David alors qu’il donne ses dernières recommandations à son fils Salomon alors qu’approche pour lui l’heure de vérité : « Tu garderas les observances du Seigneur ton Dieu, en marchant dans ses chemins. Tu observeras ses décrets, ses commandements, ses ordonnances et ses édits, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse. Ainsi tu réussiras dans tout ce que tu feras et entreprendras ». Les préceptes du Seigneur n’ont d’autre but que notre bonheur et le bien commun. Qui s’y soumet trouve l’Amour qui seul peut satisfaire le cœur de l’homme et, par conséquent, le rendre heureux. Mais les effets de cette obéissance ne s’arrêtent pas là. Puisque l’amour est don désintéressé de soi, il fait également le bonheur de ceux qui croisent le chemin de qui aime en vérité selon la divine Volonté. Si cela va mal dans nos vies et dans le monde, plus souvent qu’autrement c’est parce que nous donnons préséance à nos désirs sur la recherche de l’Amour dont les exigences sont consignées dans les préceptes divins.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je m’efforce de mettre en application le sage conseil de David. Je prie pour les politiciens afin qu’eux aussi mettent en œuvre ce sage conseil toujours brûlant d’actualité comme nous le rappellent malheureusement par la négative les nombreux scandales de corruption. Je prie donc pour que ces derniers donnent préséance à la recherche du bien commun sur leurs propres intérêts et que leurs lois soient conformes aux préceptes divins, l’un n’allant pas sans l’autre.

2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 03:45

 

 

C’est un grand péché que j’ai commis !

 

Le roi dit à Joab, le chef de l’armée, qui était près de lui : « Parcourez toutes les tribus d’Israël, de Dane à Bershéba, et faites le recensement du peuple, afin que je connaisse le chiffre de la population. » Joab donna au roi les chiffres du recensement : Israël comptait huit cent mille hommes capables de combattre, et Juda cinq cent mille hommes. Mais après cela, le cœur de David lui battit d’avoir recensé le peuple, et il dit au Seigneur : « C’est un grand péché que j’ai commis ! Maintenant, Seigneur, daigne passer sur la faute de ton serviteur, car je me suis vraiment conduit comme un insensé ! » Le lendemain matin, David se leva. Or la parole du Seigneur avait été adressée au prophète Gad, le voyant attaché à David : « Va dire à David : Ainsi parle le Seigneur : Je vais te présenter trois châtiments ; choisis l’un d’entre eux, et je te l’infligerai. » Gad se rendit alors chez David et lui transmit ce message : « Préfères-tu qu’il y ait la famine dans ton pays pendant sept ans ? Ou bien fuir devant tes adversaires lancés à ta poursuite, pendant trois mois ? Ou bien la peste dans ton pays pendant trois jours ? Réfléchis donc, et vois ce que je dois répondre à celui qui m’a envoyé. » David répondit au prophète Gad : « Je suis dans une grande angoisse… Eh bien ! tombons plutôt entre les mains du Seigneur, car sa compassion est grande, mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! » Le Seigneur envoya donc la peste en Israël dès le lendemain jusqu’à la fin des trois jours. Depuis Dane jusqu’à Bershéba, il mourut soixante-dix mille hommes. Mais lorsque l’ange du Seigneur étendit la main vers Jérusalem pour l’exterminer, le Seigneur renonça à ce mal, et il dit à l’ange exterminateur : « Assez ! Maintenant, retire ta main. » L’ange du Seigneur se trouvait alors près de l’aire à grain d’Arauna le Jébuséen. David, en voyant l’ange frapper le peuple, avait dit au Seigneur : « C’est moi qui ai péché, c’est moi qui suis coupable ; mais ceux-là, le troupeau, qu’ont-ils fait ? Que ta main s’appesantisse donc sur moi et sur la maison de mon père ! »   

 

Deuxième livre de Samuel 24, 2.9-17

 

Quelle grande faute David a-t-il commise ? Faire le recensement du peuple, n’est-il pas une activité commune de tout gouvernement ayant encore cours de nos jours ? Mais voilà, le peuple de Dieu n’est pas comme les autres peuples ! Petite graine de moutarde issue d’Abraham, il a élu domicile pour un temps en Égypte après que Joseph l’y eût providentiellement précédé, s’y étant multiplié et étant tombé sous la servitude, il a suivi Moïse que Dieu a envoyé pour le conduire à la Terre Promise… Dieu a choisi le plus petit de tous les peuples pour en faire son peuple afin que ce dernier ne compte pas sur lui-même pour prospérer mais uniquement dans le Dieu qui l’a choisi dans la libéralité de son amour. Et voici que David ordonne un recensement dont l’objectif est de toute évidence d’évaluer les forces sous ses ordres, le narrateur rapportant uniquement le nombre d’hommes capables de combattre. David pèche par orgueil ! Il met davantage sa confiance dans son armée que dans le Dieu qui lui a pourtant permis de vaincre Goliath. Ce peuple nombreux en qui David a mis sa confiance, le Seigneur va lui faire expérimenter sa faiblesse en permettant qu’il soit frappé par la peste qui le décimera.

 

Tout pécheur qu’il était nous devons reconnaître à David le mérite de reconnaître ses torts envers le Seigneur, « C’est un grand péché que j’ai commis ! Maintenant, Seigneur, daigne passer sur la faute de ton serviteur, car je me suis vraiment conduit comme un insensé ! », de même que sa foi en l’infinie miséricorde de son Dieu : « Je suis dans une grande angoisse… Eh bien ! tombons plutôt entre les mains du Seigneur, car sa compassion est grande ». Enfin, David démontre une belle qualité faisant cruellement défaut à nombre de nos dirigeants contemporains : il fait passer le bien commun avant ses intérêts propres et demande que ce soit sur lui que retombe le poids de sa faute plutôt que sur le peuple : « C’est moi qui ai péché, c’est moi qui suis coupable ; mais ceux-là, le troupeau, qu’ont-ils fait ? Que ta main s’appesantisse donc sur moi et sur la maison de mon père ! »

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Comme David, je reconnais humblement mes fautes et mets toute ma confiance en l’infinie miséricorde de Dieu. J’imite ce grand roi et je donne préséance à la recherche du bien commun fût-ce au détriment de mes intérêts propres.

1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 06:40

 

 

Rencontrer Dieu dans sa vie à la suite d’Anne et Syméon

 

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. » Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes. » Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.  

 

Luc 2, 22-40

 

Dieu est passé physiquement dans le Temple en la personne de Jésus. Seuls Syméon et Anne ont reconnu sa présence. Pourquoi eux ? Syméon était un homme juste et religieux qui était attentif et docile à l’action de l’Esprit (Saint). Quant à Anne, fille de Phanuel, elle servait Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Aujourd’hui encore Dieu est présent en ce monde, cependant il n’est pas donné à tous de reconnaître sa main agissante dans les autres et les événements. Si nous voulons découvrir cette Présence, nous devons imiter Anne et nous y rendre attentifs par la prière et le jeûne et comme Syméon nous laisser guider par les motions de l’Esprit Saint.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je cherche constamment à discerner la présence de Dieu dans ce monde qui le rejette. Je me tiens en sa Présence par la prière et l’oraison qui fixent mon attention sur Lui plutôt que sur moi et mes besoins. Le jeûne spirituel, quant à lui, élève mon esprit vers Dieu à chaque moment où je ressens la faim. Enfin, je m’efforce d’être docile aux motions de l’Esprit Saint qui s’adresse à moi de façon ordinaire par la voix de ma conscience, à travers les paroles de témoins et par les événements. Parfois aussi, me sentirai-je incliné à poser un geste ou dire une parole qui ne relèvent pas du domaine de la conscience mais que je ressens être nécessaires voire essentiels pour être agréable au Seigneur au moment où leur idée s’impose à moi.