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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 23:47

 

Les relations avec l’extérieur

L’un des rôles traditionnels du gestionnaire consistait à agir comme une fenêtre sur le monde pour son équipe alors que les contacts de cette dernière avec l’extérieur étaient limités, pour ne pas dire inexistants. Nous avons vu antérieurement que c’est de moins en moins le cas alors que les organisations reconnaissent les bénéfices pour elles et les employés qui la composent des contacts directs  avec l’externe et que le perfectionnement des moyens de communication le permet. La responsabilité du gestionnaire n’en diminue pas moins pour autant alors qu’il doit en assumer le leadership et s’assurer que de telles relations s’effectuent dans le respect des parties concernées et viseront à l’établissement de liens à long terme mutuellement bénéfiques aux deux parties.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 05:59

En ce temps-là, Jésus entra de nouveau dans la synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le  mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Marc 3, 1-6

 

Qu’est-ce que l’endurcissement du cœur ? Vocabulaire de théologie Biblique (Cerf, Paris, 1977, p. 347 en donne la définition suivante :

La sclérose progressive de l’homme séparé de Dieu, s’appelle endurcissement, aveuglement. Endurcir, c’est engraisser le cœur, boucher les oreilles, enduire les yeux, endormir, jeter un esprit de vertige, de torpeur ou de mensonge, si bien qu’on a la nuque raide et le cœur de pierre. Cet état peut affecter tous les hommes, les païens, les Israélites et même les disciples de Jésus.

Le péché, l’habitude de péché, sépare l’homme de Dieu avec conséquence de rendre son cœur imperméable à la présence divine qui l’invite à aimer. Nous lisons dans les Écritures que Dieu endurcit le cœur de l’homme, le cas le plus connu étant celui de Pharaon. On notera que le premier mouvement vient de ce que le cœur de Pharaon s’est endurci, appesanti (Ex 7, 13-14.22; 8,15) avant d’en arriver à Ex 9, 12 où Yahvé endurcit le cœur de Pharaon avant de repartir une nouvelle séquence Ex 9, 35 et Ex 10, 20. 27; 11, 10; 14, 8. Qu’y a-t-il à comprendre ? C’est l’habitude de pécher qui crée au début l’endurcissement, issu d’une libre décision de l’homme de se détourner de Dieu. Cependant, au-delà d’une certaine limite, Dieu respecte la liberté de sa créature de se rebeller contre Lui et livre l’homme à lui-même le laissant aller au bout de son iniquité et en expérimenter toutes les conséquences néfastes.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je combats en moi tout ce qui n’est pas amour, donc péché, car comme le dit Jean de la Croix : « Peu importe qu’un oiseau soit retenu par un fil mince ou épais : tant qu’il ne l’aura point brisé, il sera incapable de voler », s’élancer vers Dieu, et comme nous venons de le voir, s’y je n’y prends garde le fil grossira de lui-même, l’habitude de péché créant l’endurcissement du cœur. J’implore la miséricorde de Dieu sur ceux dont le cœur s’est endurci et qui ont atteint le point où il leur est difficilement possible de revenir à Dieu de leur propre initiative, confiant que « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20).

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Published by navyroc - dans Parole du jour
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 00:41

 

Le devoir de dire non

L’une des responsabilités et des tâches les plus ingrates de la personne en autorité est de dire non, particulièrement lorsque cela engagera l’organisation qui l’emploie, lui-même ou ses subordonnées dans des activités où les valeurs éthiques sont mises à mal. Nous entendons souvent des personnes impliquées dans des scandales de corruption dire qu’elles n’avaient pas le choix, qu’il n’y a rien de mal parce que c’est la manière de faire des affaires dans leur secteur d’activité ou autres excuses du genre. Rien ne justifie le gestionnaire de mal agir et si on cherche à le lui imposer, il a toujours l’opportunité de démissionner de son poste ou forcer son employeur à le mettre à pied. D’une part, « rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour »[1] et lorsque les manœuvres douteuses viennent à être connues, non seulement le gestionnaire voit-il sa réputation entachée mais l’organisation qui l’emploie risque-t-elle d’encourir des pertes bien plus grandes que les bénéfices à court terme obtenus et voir sa pérennité compromise. D’autre part, rien n’assure que de refuser de se prêter à de telles pratiques aura les conséquences néfastes prévisibles d’un tel refus. Dans le livre Beyond numbers, The History of Eckler Ltd., le narrateur rapporte que le président fondateur de l’entreprise s’est refusé à de telles pratiques sans que l’entreprise n’en subisse les contrecoups :

On one occasion, a firm offered to contribute several thousand dollars to B.C.’s political leaders in return for the province’s actuarial consulting business. Sam Eckler refused to make a similar gesture. The government renewed Eckler’s assignment anyway. « They wanted us to do the work because of its quality », Eckler said.[2]

 

[1] Lc 8, 17

[2] Bruce McDougall, Beyond Numbers, The History of Eckler Ltd, p. 39

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 03:18

Contribution du gestionnaire au besoin d’accomplissement de soi des subordonnés

Quand les besoins des quatre premiers niveaux de la pyramide d’Abraham Maslow[1] ont été satisfaits à savoir les besoins physiologiques (par des conditions de travail adéquates notamment une juste rémunération, les besoins de sécurité (environnement sécuritaire et stabilité de l’emploi), les besoins d’appartenance et d’amour et le besoins d’estime (par la reconnaissance donnée par le supérieur), il reste le niveau ultime du besoin d’accomplissement de soi à combler (de passer du stade que l’on sait avoir de la valeur à celui de prendre de la valeur). Cette dernière étape se révèle particulièrement  difficile à franchir pour le gestionnaire puisqu’elle l’engage dans le cheminement du renoncement à soi-même par amour de Dieu (s’il est croyant) et/ou du prochain (ce qui est à la portée de tous). L’abnégation requise pour entreprendre une telle démarche du don de soi n’est pas une option  mais s’impose comme une obligation à celui qui professe croire au Christ : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même. »[2]  Jésus s’est lui-même posé comme modèle pour indiquer qu’il s’agit de la voie à suivre : « celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais; et il en fera même de plus grandes »[3] , Lui qui, « de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave »[4] « pour nous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin de nous enrichir par sa pauvreté. »[5] Les gestionnaires trouvent un autre exemple de cet idéal à poursuivre dans les écrits évangéliques en la personne du Précurseur, Jean le Baptiste : « Il faut qu’il croisse et que moi, je diminue. »[6]  

Le gestionnaire qui amorce une telle démarche ressent une grande insécurité puisque la connaissance et l’expertise qui constituent les fondements naturels sur lesquels se fonde traditionnellement l’autorité tendront à disparaître alors que progresseront les subordonnés dans leur quête d’accomplissement de soi. La perception de son rôle devra évoluer de celui qui domine vers celui qui rassemble autour de lui et montre la voie. La gestion est un art et une science en soi. La maîtrise de cet art et de cette science, et non l’expertise technique, fait les bons gestionnaires.

Le premier moyen à la disposition du gestionnaire pour faire progresser ceux qui sont sous sa gouverne consiste à veiller à ce qu’ils puissent jouir d’une formation continue. Il s’assurera que cette formation soit orientée en fonction des besoins du groupe et des besoins de l’individu lui-même. À cette dernière fin, il instaurera un processus d’évaluation annuel qui identifiera les points à améliorer chez le subordonné et les moyens d’y pallier, entre autres choses la formation requise pour y parvenir.

La formation à elle seule ne suffit pas cependant à faire progresser la personne. Encore faut-il qu’elle se voit offrir la possibilité de mettre concrètement en œuvre les nouvelles connaissances acquises afin de les maîtriser plus parfaitement. Cela pose le défi au gestionnaire d’assigner les subordonnés à des tâches qui correspondront à leur nouveau niveau d’expertise, quitte même à déléguer certaines des tâches qui étaient jusqu’à ce jour siennes. La délégation, pour être efficace, doit s’accompagner au droit à la différence et à l’erreur. Le dirigeant qui délègue une tâche doit accepter qu’elle ne sera faite différemment que s’il l’avait accomplie lui-même et se garder d’intervenir dans le processus de réalisation à moins que les résultats attendus ne soient significativement compromis. Cela peut se révéler torturant, mais le gestionnaire découvrira à la longue que les subalternes ont des idées aussi bonnes sinon meilleures que les siennes et que, même dans les cas où celles-ci se révéleraient techniquement moins appropriées, la motivation additionnelle à voir réaliser leurs idées compensera lors de la réalisation les lacunes techniques de celles-ci si bien que les résultats n’en seront point affectés de manière notable.

Une dernière étape est franchie avec la participation effective des subordonnés au processus de prise de décision. Partager le pouvoir, cela représente tout un défi ! Les bénéfices potentiels pour l’équipe sont cependant trop attrayants pour ne pas tenter l’expérience comme le démontrera l’exemple d’un processus d’embauche où malgré tous les efforts des gestionnaires, entrevues, vérification des références externes, recours à un expert externe, ne donnaient les résultats espérés qu’une fois sur deux, soit la probabilité de  tirer une pièce de monnaie et de deviner de quel côté elle retombera. Cependant, lorsque deux personnes qui allaient travailler sous les ordres du futur employé ou ses plus proches collègues éventuels ont été impliqués dans le processus, ont mené leur propre entrevue et que la décision d’embauche a été prise par consensus entre tous ceux qui avaient participé, le succès de l’opération a grimpé à près de 100%. Certes, l’entrevue des candidats par les futurs pairs ou employés de ceux-ci a renforcé le processus d’embauche mais c’est principalement lorsque le nouvel employé rentre en poste que la différence est marquante. Les collègues de travail sachant exactement pourquoi la personne a été embauchée, connaissant par avance ses forces et faiblesses, ne se sont plus sentis menacés et plutôt que de « tester » le nouveau ou lui mettre de pelures de bananes sous les pieds, ils ont fait de plus grands efforts pour l’intégrer notamment en gardant pour eux les tâches pour lesquelles il avait des habiletés moindres et en lui confiant celles pour lesquelles il était plus susceptible de connaître du succès. Quand les subalternes participent à la prise de décision, non seulement se sentent-ils davantage considérés et valorisés mais encore donnent-ils le petit extra qui fait toute la différence lors de l’exécution et qui paie de retour le gestionnaire qui leur a démontré une grande confiance en partageant le pouvoir qui est sa prérogative.

 

[1] Abraham Maslow, A theory of Human Motivation (1943)

[2] Mt 16, 24

[3] Jn 14, 12

[4] Ph 2, 6-7

[5] 2 Co 8, 9

[6] Jn 3, 30

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 06:18

Créer un milieu de vie stimulant

« Le travail humain possède aussi une dimension sociale intrinsèque. »[1]  L’une des principales tâches du gestionnaire consiste à œuvrer à la mise ne place d’un environnement de travail qui favorise des relations interpersonnelles non seulement harmonieuses mais fructueuses, où les uns et les autres s’enrichiront mutuellement par la mise en commun de leurs richesses respectives permettant au tout de dépasser la somme des contributions individuelles. 

Dans son encyclique Centesimus Annus, Jean-Paul II a reconnu l’importance grandissante du facteur social dans le travail :

En notre temps, le rôle du travail humain devient un facteur toujours plus important pour la production des richesses immatérielles et matérielles ; en outre, il paraît évident que le travail d'un homme s'imbrique naturellement dans celui d'autres hommes. Plus que jamais aujourd'hui, travailler, c'est travailler avec les autres et travailler pour les autres : c'est faire quelque chose pour quelqu'un. Le travail est d'autant plus fécond et productif que l'homme est plus capable de connaître les ressources productives de la terre et de percevoir quels sont les besoins profonds de l'autre pour qui le travail est fourni.[2]

De grands pas ont été effectués en quelques décennies pour reconnaître l’interdépendance des divers acteurs tant à l’extérieur de l’entreprise (clients, fournisseurs) qu’à l’intérieur de celle-ci, chaque intervenant dépendant du travail d’un autre pour accomplir le sien et, inversement quelqu’un d’autre dépendant de son travail à lui. Aussi la notion de qualité a-t-elle évoluée de l’inspection à la fin d’un processus à la responsabilisation des employés à chacune des étapes par un conscientisation des impacts d’une mauvaise qualité de ce que chacun fait aura sur les autres qui le suivront dans la chaîne. Alors que les relations avec les clients et les fournisseurs constituaient le fait de personnes spécialisées dans les achats et la vente, les contacts avec l’extérieur de l’entité administrative et/ou de l’entreprise sont de plus en plus généralisés. Cela est, à n’en pas douter une source de stimulation importante pour ceux qui ont l’opportunité de voir la finalité de leur contribution. Cela n’est pas sans rappeler la fable attribuée à l’écrivain Charles Peguy où trois tailleurs de pierre sont interrogés sur leur travail. Alors que le premier répond qu’il casse des pierres, le second dit subvenir aux besoins de sa famille, le dernier affirme fièrement bâtir une cathédrale. Eh bien ! Le gestionnaire qui favorise les contacts directs de ses subordonnés avec l’extérieur fait d’eux des bâtisseurs de cathédrales.

Le travail est un milieu social et la contribution des employés aux résultats ne se limite pas, comme le laisse croire une société hantée par la productivité, à un volume de biens produits ou de services rendus. Il arrive que certains employés apparemment moins productifs contribuent tout autant, sinon plus, au succès de l’équipe en raison d’habiletés sociales qui  rendent le milieu de travail plus agréable pour tous les intervenants tant à l’intérieur de groupe que dans les relations avec les entités qui lui sont externes, notamment les fournisseurs et les clients. Le gestionnaire chrétien sera particulièrement attentif et reconnaissant de l’apport de ces personnes, lui dont la foi le conduit à établir des relations fondées sur l’amour plutôt que sur le pouvoir. Le manque de reconnaissance de l’apport au plan humain de certains membres groupe peut mener si celui-ci conduit au départ ou au congédiement de ceux-ci, à la désintégration de l’équipe, ceux qui restent perdant le plaisir d’en faire partie.

L’honnêteté du chef  eu égard à la performance des employés sous sa gouverne constitue un facteur important de motivation pour les membres de l’équipe. Il est important de reconnaître tant les bons coups que les erreurs commises. Si la reconnaissance des premiers peut se faire publiquement, il est hautement préférable de suivre les consignes de Jésus sur la correction fraternelle pour les secondes : « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins… »[3]  Il importe que le personnel sous la charge du gestionnaire connaisse l’heure juste sur sa performance, recevoir des félicitations contribuant à maintenir l’estime de soi nécessaire au maintien de bonnes relations et une critique constructive et juste constituant le point de départ d’efforts d’amélioration continue.

 

[1] Conseil pontifical « Justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 273

[2] Jean-Paul II, Centesimus annus, 31

[3] Mt 18, 15-18

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 02:17

La rémunération

Put your money where your mouth is disent les anglophones pour exprimer qu’il faut exprimer par nos actes ce en quoi nous croyons. L’acte le plus significatif dans la relation supérieur-subordonné dans une société capitaliste est celui de la fixation de la rémunération, c’est celui sur lequel repose la crédibilité de tout l’ensemble.

Qu’est-ce qu’un juste salaire ? Le Catéchisme de l’Église Catholique donne les indications suivantes :

Le juste salaire est le fruit légitime du travail. Le refuser ou le retenir, peut constituer une grave injustice (cf. Lv 19, 13 ; Dt 24, 14-15 ; Jc 5, 4). Pour apprécier la rémunération équitable, il faut tenir compte à la fois des besoins et des contributions de chacun. " Compte tenu des fonctions et de la productivité, de la situation de l’entreprise et du bien commun, la rémunération du travail doit assurer à l’homme et aux siens les  ressources nécessaires à une vie digne sur le plan matériel, social, culturel et spirituel " (GS 67, § 2). L’accord des parties n’est pas suffisant pour justifier moralement le montant du salaire.[1]

Comment cela se traduit-il dans la réalité quotidienne ? D’abord, il faut noter que ce sont des fonctions qui sont rémunérées. Aussi, par souci d’équité, tous ceux et celles qui occupent des fonctions comportant des exigences similaires (de responsabilité, d’effort physique, de formation professionnelle…) devraient jouir de la même rémunération. Si l’expérience joue un rôle déterminant dans la productivité, on prévoira une progression avec les années d’ancienneté jusqu’à la pleine maîtrise de la fonction occupée.

Plus délicate se veut l’opération de reconnaître l’apport spécifique particulier de certains employés qui ont contribué de manière exceptionnelle à la productivité de l’entreprise. La règle principale veut que cette contribution soit reconnue par un bonus qui soit déboursé en un ou plusieurs versements mais jamais incluse dans la rémunération de base en raison du fardeau que cela viendrait à faire peser sur les épaules de celui qui en est le récipiendaire de devoir répéter année après année un rendement supérieur qu’il ne sera peut-être pas toujours en mesure de répéter.  Toujours en ce qui concerne les bonis, on cherchera autant que possible à accorder des bonis de groupe de préférence à des bonis individuels, de façon à préserver les relations entre subordonnés et à reconnaître la contribution de chacun à une performance qui dépasse les normes. Ainsi un employé peut avoir une bonne idée pour améliorer les opérations de son secteur mais il ne faut pas oublier l’apport des collègues dont cela affecte le travail et qui se révèle tout aussi important, sinon plus, ce qui serait par conséquent injuste et qui, en plus, risque de compromettre le succès du projet par manque d’enthousiasme de ceux à qui il reviendra de l’implanter.

Quand on parle de juste rémunération, on est incliné à penser en termes de minimum acceptable. Or, une rémunération trop élevée eu égard à la prestation des services rendus peut se révéler tout aussi dommageable tant pour l’entreprise dont cela compromet la compétitivité que pour le récipiendaire lui-même, le principal effet pervers d’une rémunération trop généreuse étant de priver le bénéficiaire de sa liberté, une liberté inaliénable au cœur de la dignité humaine et que Dieu lui-même respecte, dans ce cas précis la liberté d’aller travailler ailleurs qui ne pourrait se faire sans baisse appréciable du salaire et rend pour certains le pas à faire hors de portée. Toujours, dans le cas de rémunération qui excède largement les normes, il existe des entreprises qui vont jusqu’à payer deux à trois fois le salaire normal pour certains postes mais qui attendent en retour une disponibilité totale 24 heures sur 24 et sept jours sur sept de ceux qui en sont les bénéficiaires. Aussi alléchant que cela puisse paraître, ce genre d’offre est contraire à la dignité de la personne et à une éthique chrétienne du travail pour qui les moments de repos, notamment celui du dimanche, sont sacrés : « Au septième jour, Dieu chôma après tout l'ouvrage qu'il avait fait »[2] : les hommes aussi, créés à son image, doivent jouir d'un repos et d'un temps libre suffisants qui leur permettent de s'occuper de leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse. »[3] Aussi, afin de préserver la liberté et la dignité des personnes, la rémunération ne devrait-elle pas excéder le 65e percentile de ce qui est payé pour des fonctions similaires dans le secteur géographique où se situe l’entreprise.

Enfin, on notera qu’il existe plusieurs pièges à la rémunération et qu’il faut veiller à ce que celle-ci incite ceux qui en sont bénéficiaires à adopter des comportements conformes aux valeurs et objectifs de l’entreprise et qu’il arrive souvent qu’un incitatif ait des effets pervers. À titre d’exemple, toute rémunération se fondant sur le volume produit doit-elle être accompagnée de normes de qualité à atteindre sans quoi il y a risque de mettre sur le marché des produits et services non conformes et causer un tort irréparable à l’entreprise. De nos jours, la rémunération des dirigeants est elle-même orientée vers l’atteinte d’objectifs immédiats et il faut un grand sens de l’éthique à ces derniers pour ne pas sacrifier le succès à long terme de l’organisation au détriment d’une alléchante rémunération à court terme.

 

 

 

[1] Catéchisme de l’Église catholique, 2434

[2] Gn 2, 2

[3] Conseil pontifical « Justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 284

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 01:11

Les incidences pour le gestionnaire

Le travail occupant une haute importance dans le plan de Dieu pour le cheminement de l’homme et son salut, le rôle du gestionnaire consistera à créer un environnement propice pour que ceux qui sont sous sa charge développent et utilisent pleinement les capacités qui sont leurs et en fassent profiter le plus grand nombre.

Le patron doit toujours avoir en mémoire que la finalité de l’activité humaine, du travail et même des périodes de repos, est l’homme lui-même : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat »[1] (Il ne lui faut jamais perdre de vue que celui qui exécute le travail n’est pas un facteur de production parmi d’autres, telles les machines, mais un être humain doué de raison et de sentiments : « Il n'y a en effet aucun doute que le travail humain a une valeur éthique qui, sans moyen terme, reste directement liée au fait que celui qui l'exécute est une personne, un sujet conscient et libre, c'est-à-dire un sujet qui décide de lui-même. »[2] La direction d’une organisation devra, entre autres choses, prévoir des mécanismes par lesquels les travailleurs pourront participer à la prise de décision ainsi que l’y incite la constitution apostolique Gaudium et Spes :

Dans les entreprises économiques, ce sont des personnes qui sont associées entre elles: c'est-à-dire des êtres libres et autonomes, créés à l'image de Dieu. Aussi, en prenant en considération les fonctions des uns et des autres, propriétaires, employeurs, cadres, et en sauvegardant la nécessaire unité de direction, il faut promouvoir, selon des modalités à déterminer au mieux, la participation active de tous à la gestion des entreprises. Et, comme bien souvent ce n'est déjà plus au niveau de l'entreprise, mais à des instances supérieures, que se prennent les décisions économiques et sociales dont dépend l'avenir des travailleurs et de leurs enfants, ceux-ci doivent également participer à ces décisions, soit par eux-mêmes, soit par leurs représentants librement choisis.[3]

À cet effet, « Le Magistère reconnaît le rôle fondamental joué par les syndicats de travailleurs »[4] « auxquelles reviennent en plus de leurs fonctions défensives et revendicatives, à la fois une représentation tendant à « la bonne organisation de la vie économique » et à l'éducation de la conscience sociale des travailleurs ».[5] Ainsi, les syndicats doivent-ils être perçus comme des partenaires qui donnent voix à ceux qui autrement risqueraient d’en être privés assurant leur dignité.

Dans la même veine, les décideurs doivent concevoir une organisation du travail qui évite de restreindre ceux qui le réalisent à des tâches qui portent atteinte à la leur dignité parce qu’elles sont si limitées et répétitives qu’elles pourraient se faire mécaniquement sans intervention humaine. Les gestionnaires doivent également constamment réexaminer les processus de l’organisation pour y détecter et éliminer les opérations sans valeur ajoutée qui non seulement plombent les résultats de l’entreprise mais encore ne contribuent pas à la mise en valeur de ceux qui les exécutent.

 

[1] Mc 2, 27

[2] Jean-Paul II, Lettre encyclique Laborem exercens, 6

[3] Concile Vatican II, Constitution apostolique Gaudium et spes, 68.1

[4] Conseil pontifical « Justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 305

[5] Ibid. 307

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 01:45

Le travail dans la perspective chrétienne

« Le travail est l'une des caractéristiques qui distinguent l'homme du reste des créatures »[1] Plus qu’un moyen de gagner son pain pour assurer sa survie, le Magistère de l’Église présente cette activité comme moyen de réalisation personnelle : « par le travail, non seulement l'homme transforme la nature en l'adaptant à ses propres besoins, mais encore il se réalise lui-même comme homme et même, en un certain sens, «il devient plus homme»[2]. Mieux encore, le compendium de la doctrine sociale de l’Église ajoute : « Le travail représente une dimension fondamentale de l'existence humaine comme participation à l'œuvre non seulement de la création, mais aussi de la rédemption. » [3]

Le travail possède une dimension qui va bien au-delà de ce que nous pouvons en observer, de l’activité en elle-même et du fruit tangible, le salaire, que nous pouvons en tirer. Le travail, de par la valorisation humaine et la participation à l’œuvre divine qu’il permet, contribue grandement à la dignité de la personne humaine. Conséquemment, « le travail est un droit fondamental et c'est un bien pour l'homme: un bien utile, digne de lui car apte précisément à exprimer et à accroître la dignité humaine. L'Église enseigne la valeur du travail non seulement parce qu'il est toujours personnel, mais aussi en raison de son caractère de nécessité. »[4] Inversement, « le travail est également une obligation, c'est-à-dire un devoir de l'homme. »[5]  Cette obligation est manifeste dans la parabole des talents[6] où chacun se voit reconnaître la responsabilité de faire fructifier ce qui lui a été confié, d’où l’obligation pour chacun de développer les potentialités qui sont siennes, le travail se révélant le moyen privilégié pour y parvenir.

 

[1] Jean-Paul II, Lettre encyclique Laborem exercens, préambule

[2] Ibid. 9

[3] Conseil pontifical « Justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 263

[4] Ibid. 287

[5] Ibid 274

[6] Mt 25, 14-30

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 01:36

Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. » Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Marc 2, 1-12

 

Quelle merveilleuse invention de Dieu et de sa Miséricorde que le pardon des péchés ! Appelés à vivre en compagnie de Dieu pour l’éternité, nous ne pourrions jamais parvenir à la sainteté requise pour le faire sans le pardon des péchés. Quelle belle preuve de l’amour d’un Dieu Père que le pardon des offenses de ses enfants ! Non seulement le pardon des fautes constitue-t-il le passage obligé pour espérer nous tenir en compagnie de Dieu au terme de notre course mais encore nous rend-il plus aptes à résister au péché qui cherche à nous détourner de notre vocation d’enfants de Dieu. Aussi devons-nous fréquenter régulièrement le sacrement de Réconciliation afin de restaurer notre capacité à aimer handicapée par le péché et puiser la force dans le sacrement reçu d’offrir une meilleure résistance à la tentation. L’un des effets pervers de la faute  est de fragiliser davantage notre nature faible et encline au péché, et de nous éloigner graduellement de Dieu en créant en nous une habitude de péché. Qui recourt à la Miséricorde brise la spirale qui l’entraîne à pécher toujours plus et prend un nouveau départ.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je me reconnais faillible donc pécheur. Je fais l’expérience de l’amour de Dieu dans le sacrement de Réconciliation où Il me manifeste son infinie Miséricorde en vertu de laquelle seule je puis prétendre éventuellement au salut éternel. Je médite sur le lien de cause à effet entre l’iniquité croissante et le phénomène de la désertion des confessionnaux.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 04:26

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Marc 1, 40-45

 

Voulons-nous savoir ce qu’est le plus de l’amour ? Regardons Jésus. D’abord, il est saisi de compassion, il ressent en Lui la souffrance physique et psychologique (en raison de l’exclusion à laquelle conduisait la lèpre) du lépreux. C’est cette deuxième souffrance, possiblement pire que la première, qui amène Jésus non seulement à lui tendre la main mais encore à le toucher. Verbe fait chair, Parole efficace du Père, Jésus n’aurait eu qu’à dire « Je le veux, sois purifié. » pour que le lépreux soit délivré de la terrible maladie qui l’affligeait. Mais Il a fait plus, il a fait le plus de l’amour en osant toucher son corps et par le fait même son cœur et son âme. C’est ce plus que les chrétiens authentiques sont appelés à imiter et qui fait d’eux le sel de la terre et la lumière du monde (Mt 5, 13-14), lumière car ils redonnent espérance à ceux que leur malheur avait plongé dans l’isolement et la perte de confiance en la bonté de Dieu et de ses créatures, les hommes.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Quand je rencontre la souffrance, je prends le temps de me laisser toucher par elle, de compatir, souffrir avec, d’écouter, celui qui en est affligé.

                                                             

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Published by navyroc - dans Parole du jour
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