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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 02:59

 

 

Une histoire d’amour unique

 

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

 

Matthieu 9, 14-17

 

 

Unique est la relation d’amour que Dieu entretient avec chacun de nous. Unique également est la réponse de chacun, en vertu de ses talents et attraits et de la liberté absolue que Dieu nous laisse. Ne dit-on pas que les amoureux sont seuls au monde pour illustrer combien l’être aimé accapare toute leur attention ? « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Quand nous commençons à nous préoccuper de la relation des autres avec Dieu ou des moyens employés par eux pour se tenir en sa Présence, ne serait-ce pas parce que notre amour pour  Lui s’est refroidi ? Si Jésus a donné une explication aux pharisiens en raison de leur ignorance, il a par contre dit clairement à Pierre que la relation entre lui et Jean n’était pas de ses affaires : « Pierre dit à Jésus: "Seigneur, et lui?" Jésus lui dit: "Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi." » (Jn 21, 21-22).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je concentre toute mon attention sur ma relation personnelle avec Dieu. Si je constate que je me laisse distraire par ce que font ou ne font pas les autres, je demande à l’Esprit Saint de venir raviver la flamme de l’Amour en moi.

 

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 04:47

 

 

Heureux ceux qui croient sans avoir vu

 

L'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

 

Jean 20, 24-29

 

 

La foi est le moyen ordinaire de rencontrer Dieu, d’établir une relation d’amour avec Lui. La distance est tellement grande entre Lui et nous que si nous le voyions dans toute sa splendeur nous n’aurions d’autre choix que de nous incliner devant Lui, nous perdrions la liberté du don de nous qui constitue le critère premier de l’amour. C’est par ce qu’Il nous aime et qu’Il veut notre amour et non notre soumission servile que Dieu se fait discret.

 

L’avancement technologique stimule le besoin de voir de l’homme moderne qui s’est doté de microscopes pour explorer l’infiniment petit et de télescopes pour scruter les limites de l’univers. La science trouve aussi des explications à ce qui, hier encore, n’était que mystère. Cette facilité de « voir » combinée à l’orgueil résultant d’une plus grande maîtrise de la création explique en partie le défi particulier de croire en ces temps qui sont nôtres.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je demande à Dieu d’accroître le don de la foi en moi et qu’ainsi je puisse L’aimer davantage ainsi que mon prochain dans lequel Il est également présent.

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 01:44

 

 

Renoncement à soi-même par amour

 

En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. » Abraham se leva de bon matin…

 

Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »

 

Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »

 

Livre de la Genèse 22, 1-3.11-12.15-18

 

 

Abraham est prêt à tout par amour de Dieu, même à sacrifier son fils unique qu’il chérit comme la prunelle de ses yeux. Il n’agit pas à contrecœur  mais avec la promptitude de l’amour. Le Seigneur appelle et il répond toujours : Me voici ! « Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté » (He 10, 9, Ps 40, 8-9). Il ne tarde pas : Abraham se leva de bon matin… Au sacrifice auquel Abraham était prêt à consentir par amour de Dieu, Dieu répondra éventuellement par le sacrifice de son Fils, son Unique, sur la croix, par amour des hommes : « Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Dieu ne me demande rien d’aussi extrême que ce qu’Il a demandé à Abraham, mais de petits renoncements à moi-même par amour de Lui et du prochain. Est-ce que je Lui réponds avec la promptitude de l’amour : « Me voici ! » ? Je prête attention à ces péchés mignons, ces attachements en apparence inoffensifs, qui n’en entravent pas moins efficacement, que d’autres plus graves, ma « marche » vers l’Amour, vers mon Père des cieux, même si, et surtout parce que, je n’en ai pas conscience.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:21

 

 

Tout le monde est pour la vertu mais …

 

En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin. Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.

 

Matthieu 8, 28-34

 

 

Tout le monde est pour la vertu jusqu’à ce qu’il faille en payer le prix. La lecture de cet épisode de l’Évangile où toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire, me rend toujours triste car nous demandons encore aujourd’hui à Jésus de passer outre son chemin car nous ne sommes pas prêts à nous engager dans la voie du renoncement à nous-mêmes que requiert l’amour de Dieu et du prochain.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

J’implore avec insistance l’aide de l’Esprit d’Amour pour qu’il me donne la force et le courage de consentir aux sacrifices que requièrent l’amour et le bien commun, notamment la sauvegarde de la qualité de la vie dans notre maison commune (Laudato si, 1). Sans cette assistance surnaturelle de l’Esprit Saint, l’égoïsme, à coup sûr, finira toujours par prendre le dessus car il est plus facile de penser à soi qu’aux autres, davantage encore quand il s’agit de générations futures qui paieront la note quand nous ne serons plus là.

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 01:42

 

 

Liberté, égalité, fraternité revisitées

 

Frères, puisque vous avez tout en abondance, la foi, la Parole, la connaissance de Dieu, toute sorte d’empressement et l’amour qui vous vient de nous, qu’il y ait aussi abondance dans votre don généreux ! Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. Dans la circonstance présente, ce que vous avez en abondance comblera leurs besoins, afin que, réciproquement, ce qu’ils ont en abondance puisse combler vos besoins, et cela fera l’égalité, comme dit l’Écriture à propos de la manne : Celui qui en avait ramassé beaucoup n’eut rien de trop, celui qui en avait ramassé peu ne manqua de rien.  

 

Deuxième lettre de Paul Apôtre aux Corinthiens 8,7.9.13-15.

 

 

Qui ne connaît pas l’idéal et la devise de la Révolution puis de la République française ? Cependant, force est de constater, plus de deux siècles plus tard, l’incapacité des hommes livrés à eux-mêmes d’atteindre un idéal aussi élevé alors que les écarts entre riches et pauvres, dominants et dominés, ne cessent de s’accroître. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? L’idéal humain se fonde sur la loi, sur le droit. Si la Loi transmise par Dieu s’est révélée incapable du justifier l’homme, de le rendre juste, parce qu’extérieure à lui, à plus forte raison les lois humaines, des lois dont le texte est influencé par les puissants ou dont ces derniers tirent avantage en raison de l’habileté supérieure à les interpréter en leur faveur des avocats qui les représentent. Si nous ne sommes pas tous égaux devant la loi contrairement à la prétention de cette dernière, nous le sommes en revanche devant Dieu, un Dieu qui ne juge pas selon les apparences mais selon le cœur de chacun, selon la capacité à aimer de chacun, capacité qui n’a rien à voir avec les talents ou richesses de l’un ou de l’autre, bien au contraire, ceux possédant le moins étant davantage ouverts à l’Amour. Quant à la liberté, y a-t-il de liberté plus grande que celle dont Dieu nous laisse jouir, Lui qui peut tout laisse pousser ensemble l’ivraie et le bon grain (Mt 13, 24-30), qui comme le père du fils prodigue (Lc 15, 11-24) nous laisse faire maintes folies, toujours prêt à nous accueillir à bras ouverts, à nous pardonner ? « "Tout m'est permis"; mais tout n'est pas profitable. "Tout m'est permis"; mais je ne me laisserai, moi, dominer par rien » (1 Co 6, 12).  Enfin, il n’y a pas de fraternité véritable possible si nous ne nous reconnaissons pas issus d’un même Père de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom (Ép 3, 15).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je médite sur le paragraphe 193 de l’encyclique Laudato si du pape François :

 

Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. Benoît XVI affirmait qu’« il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation »

 

Je relis ce paragraphe à la lumière de la lettre de Paul aux Corinthiens :

 

Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. Dans la circonstance présente, ce que vous avez en abondance comblera leurs besoins, afin que, réciproquement, ce qu’ils ont en abondance puisse combler vos besoins, et cela fera l’égalité, comme dit l’Écriture à propos de la manne : Celui qui en avait ramassé beaucoup n’eut rien de trop, celui qui en avait ramassé peu ne manqua de rien.

 

J’utilise ma liberté de façon responsable envers les plus démunis, l’environnement et les générations futures en limitant ma consommation au nécessaire, "Tout m'est permis"; mais tout n'est pas profitable. Ma simplicité volontairement assumée contribuera du coup à une plus grande égalité entre les hommes, et également une plus grande fraternité, conséquence du partage qui en résulte, le tout entrepris, bien sûr, par amour de Dieu et du prochain, Amour qui donne toute sa signification aux gestes posés et la force d’aller toujours plus loin dans le nécessaire dépouillement de soi que requiert le partage, partage chaque jour plus vital pour la survie de la planète même.

 

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 05:17

 

 

Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela

 

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

 

Matthieu 16, 13-19

 

 

Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Si Dieu se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres (Rm 1, 20), il s’agit là cependant d’une connaissance limitée. Il s’est révélé et continue de le faire à travers sa Parole et, en plénitude, par son Fils. « nul ne sait qui est le Fils si ce n'est le Père, ni qui est le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Lc 10, 22). Mais tous ne comprennent pas ce langage, mais ceux-là à qui c'est donné (Mt 19, 11). Mais alors qui peut comprendre, qui peut connaître Dieu ? Celui dont la raison, mais surtout le cœur, est éclairée par l’Esprit du Fils, l’Esprit Saint. Nous aurons beau lire la Parole, fréquenter le Seigneur à travers les exercices du culte, si l’Esprit Saint n’ouvre pas notre cœur à la Révélation de Dieu et de son plan d’amour sur nous et l’humanité, notre connaissance de Lui demeurera très limitée et nous pourrions nous voir dire comme à Philippe : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas encore ? » (Jn 14,9). Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ». L’Esprit Saint n’a possiblement pas chuchoté la réponse exclusivement aux oreilles de Pierre. Cependant, une chose est sûre, il a été le plus prompt à répondre aux motions de l’Esprit Saint, celui qui a démontré le plus de courage pour le faire. C’est pourquoi Jésus l’a mis à la tête de son Église naissante, ce qui nous démontre l’importance capitale d’être docile aux motions de l’Esprit Saint.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je demande à l’Esprit Saint d’ouvrir mon cœur et d’éclairer ma raison afin de me donner l’aide essentielle dont j’ai besoin pour mieux connaître Dieu et sa volonté. Je Lui demande aussi de me donner la force pour entreprendre les actions, pour aimer d’un amour plus parfait, qu’une telle connaissance implique.

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 06:28

Humilité et foi : bases de notre relation à Dieu

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.

Matthieu 8, 5-13

Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. En une toute petite phrase, le centurion exprime l’essentiel de la foi chrétienne. Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri nous ramène au début du livre de la Genèse : « Dieu dit… et cela fut » (Gn 1, 3.6.9,14-15.20.24.26-27). Par ces paroles, le centurion reconnaît implicitement la Seigneurie de Jésus, qu’Il est Fils de Dieu, le Verbe incarné. Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. L’humilité est la seule attitude convenable pour qui sait se tenir en présence de Dieu, le seul Bon (Lc 18, 19). C’est aussi la réaction de Pierre après que Jésus eut manifesté sa Seigneurie dans l’épisode de la pêche miraculeuse : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur! » (Lc 5, 8). Constater notre faiblesse, nos imperfections, reconnaître l’existence de Dieu et la puissance de sa Parole qui a pris chair en la personne de Jésus, n’est-ce pas là toute l’essence de la foi chrétienne? Nous ne somme pas loin ici du Magnificat (Lc 1, 46-55):

Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.

Il s'est penché sur son humble servante ;

désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais.

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

Quand j’assiste à la messe, je prête davantage attention aux paroles que je prononce avant de communier qui sont celles du centurion : Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri, une guérison qui peut certes être celle du corps mais bien plus encore celle du cœur, un cœur qui a de la difficulté à aimer comme il le pourrait et le devrait parce que blessé par le péché, notamment le péché d’orgueil. Je récite et je médite le Magnificat.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 03:29

 

 

Se soumettre à la Volonté de Dieu

 

Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. »

 

Matthieu 8, 1-4

 

 

Le lépreux souffre dans son corps mais aussi d’exclusion. Cependant, si grande que soit sa souffrance, il se soumet à la volonté de Dieu et est prêt à continuer à endurer si l’heure de Dieu n’est pas encore arrivée : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Ce n’est pas un hasard si Matthieu rapporte cet épisode, tout juste après celui où Jésus déclare « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux » (Mt 7, 21). Cette demande du lépreux en est l’application pratique. Aussi difficile qu’il lui soit de supporter son épreuve, il lui importe encore plus de se soumettre à la volonté divine. Cette volonté ne peut être de nous voir souffrir, mais Dieu permet la souffrance pour qu’elle porte des grâces plus grandes encore. Ainsi, la souffrance du lépreux et sa guérison subséquentes sont-elles devenues pour lui une opportunité de témoignage : « ce sera pour les gens un témoignage ». Un témoignage qui dure depuis deux millénaires… Notons enfin que la volonté de Dieu c’est notre salut et que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous (Rm 8, 18). Il n’est pas déraisonnable de penser que ce lépreux était prêt à continuer sa route de souffrance pour son salut et, mieux encore,  le salut de ceux pour lesquels il avait la possibilité d’offrir le fruit de sa peine, le tout en conformité avec cette autre parole de Jésus : « mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel » (Mt 18, 8).

 

Tu peux me purifier. Cette prière est aussi un acte de foi. Le lépreux n’a aucun doute sur la capacité de Jésus de le guérir tout comme Marie n’a pas douté un instant que Jésus puisse faire quelque chose aux noces de Cana : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5), événement où il était justement question de l’heure de Dieu : « Mon heure n'est pas encore arrivée » (Jn 2, 4).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je prie Dieu avec foi : « Tu peux » mais tout en me soumettant à sa volonté : « si tu le veux ». Laisser à l’Autre la liberté d’agir ou non, en dépit de la certitude que nous ayons qu’Il puisse le faire, n’est-ce pas là un signe d’amour ?

 

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 02:05

 

 

Construire sur le roc de la Parole de Dieu

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.

 

Matthieu 7, 21-29

 

 

« Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux » Cette volonté du Père, c’est l’amour. Vain est tout ce que nous pouvons accomplir, prières, exercices du culte, même accomplir des prodiges au nom de Dieu… si notre existence n’est pas entièrement imprégnée par l’amour, un amour qui requiert notamment que nous pardonnions à tous, sans exception, que nous ne retenions rien contre qui que ce soit : « lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5, 23-24).

 

Les exigences de l’amour qui est attendu de nous sont consignées dans la Parole de Dieu. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. Encore faut-il s’y soumettre par amour et non de façons servile comme s’il s’agissait d’une Loi externe qui nous est imposée ! Nous ne pouvons non plus choisir ce qui fait notre affaire dans cette Parole et ignorer le reste : celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux (Mt 5, 19)

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je m’efforce de faire la volonté de Dieu en aimant mon prochain comme moi-même (Lc 10, 27). Je découvre les exigences de l’amour que Dieu attend de moi en fréquentant assidûment sa Parole et en la mettant en pratique par amour de Lui.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 03:50

 

 

Porte étroite du salut

 

« Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. « Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

 

Matthieu 7, 12-14

 

 

La porte étroite c’est d’abord le Christ, le Verbe fait chair (Jn 1, 14), Révélation la plus parfaite que Dieu a faite de Lui-même et de sa Volonté, « Le Chemin, la Vérité et la Vie sans lequel nul ne peut venir au Père » (Jn 14, 6). La porte étroite c’est également la foi, une voie que peu trouvent ou empruntent car il demande de cheminer dans l’obscurité, de croire sans voir (Jn 20, 29). Le monde et ses attraits son bien visibles alors que Celui qui l’a créé se fait bien discret afin de préserver notre liberté d’adhérer à Lui par pur amour. La porte étroite c’est enfin la Volonté du Père qui est Amour, volonté qui est l’amour, un amour qui est don gratuit de soi-même pour le bénéfice des autres, pour le bien commun : Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.

 

Récemment les médias rapportaient qu’un jeune homme avait trouvé la mort par noyade, se sacrifiant pour son amie en lui laissant la dernière veste de secours, à bord de l'embarcation dans laquelle ils se trouvaient, et qui avait chaviré. J’ai la certitude de la foi que celui qui a dit : « Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13) et qui a Lui-même donné sa vie sur la croix pour nous, l’a accueilli dans son Royaume de la même manière qu’Il l’a fait pour le bon larron : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 42). Ce jeune homme a eu la grâce d’emprunter le chemin étroit du don total et gratuit de lui-même, de poser un geste de pur amour.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

J’emprunte la porte étroite de l’amour, du renoncement à moi-même pour le bénéfice des autres.

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