Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

As-tu deux minutes ?

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Qu'est-ce que la vérité ?

Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. » Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit.

Jean 18, 28-40

 

« Qu’est-ce que la vérité ? » La question de Pilate résonne à travers les siècles. Si nous pouvions nous-mêmes interroger Dieu, y aurait-il question plus pertinente que celle-là ? De manière simple, nous pouvons définir la vérité comme la conformité au réel, à l’essence des choses. La vérité est donc immuable, la perception que chacun s’en fait est quant à elle variable, évoluant dans le temps notamment en raison des développements de la connaissance. Dieu est Vérité, Principe de la création, le même hier, aujourd’hui et à jamais (He 13, 8). Vérité également est que ce Principe est Amour ainsi que Jésus nous l’a fait connaître : « celui qui m'a envoyé est véridique et je dis au monde ce que j'ai entendu de lui… Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m'a enseigné » (Jn 8, 26-28) et dans la prière à son Père : « Sanctifie-les dans la vérité: ta parole est vérité…Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité… Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux. » (Jn 17, 17.19.26).

 

Quand nous observons le monde contemporain, nous remarquons que la soif de vérité est absente chez une part importante de la population, particulièrement dans les pays les plus développés. D’une part, cela résulte des progrès scientifiques rapides qui ont rendu désuet ce qui récemment était considéré comme vrai et de la confusion dans l’esprit populaire entre la vérité et la perception de celle-ci. D’autre part, ce monde niant l’existence d’un Être créateur à son origine, il perd la pierre d’angle sur lequel se fonde tout l’édifice de la vérité, si l’on exclut Dieu d’emblée, tout le reste devient relatif.

 

Dans le domaine de la recherche de la vérité, nous pouvons louer les efforts du pape Jean XXIII qui a convoqué le concile Vatican II, l’événement spirituel majeur du XXe siècle et au-delà et qui a amené l’Église à réfléchir sur la Vérité (donc immuable) et ce qui n’est que perception de celle-ci (et peut conséquemment évoluer dans le temps) : « En effet, autre est le dépôt lui-même de la foi, c'est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et autre est la forme sous laquelle ces vérités sont énoncées, en leur conservant toutefois le même sens et la même portée. Il faudra attacher beaucoup d'importance à cette forme et travailler patiemment, s'il le faut, à son élaboration; et on devra recourir à une façon de présenter qui correspond mieux à un enseignement de caractère surtout pastoral » (Gaudet Mater Ecclesia, Allocution inaugurale du concile, 11 octobre 1962, ch. 3).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

En ce Vendredi saint je médite sur la Vérité. Dans ma vie quotidienne, je recherche sincèrement la Vérité et, ce que j’en découvre, je le partage généreusement aux autres afin de devenir « lumière du monde » ainsi que nous y incite Jésus : « Vous êtes la lumière du monde… Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5, 14-16). Et Jésus de rajouter immédiatement après, dans le sens où la Vérité est immuable mais la perception de celle-ci évolutive : « N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17).

 

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article