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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Pourquoi Vatican II - De Vatican I à Vatican II

Évolution de l’Église et du monde de Vatican I à Vatican II

 

Le premier concile du Vatican a été suspendu par Pie IX « jusqu’à des temps plus propices »[1], le 20 novembre 1870, suite à l’entrée des troupes de Victor Emmanuel II dans Rome un mois plus tôt le 20 octobre 1870. Limité à une courte session de huit mois, le concile n’avait eu le temps que d’approuver deux constitutions dogmatiques : Dei Filius (sur l’acte de foi) et Pastor Aeternus (sur l’infaillibilité du pape), laissant en plan 12 autres schemata complets qui avaient été distribués aux pères conciliaires dont trois avaient fait l’objet de discussions : : il s'agit des projets relatifs aux «devoirs des évêques», à la vacance des sièges épiscopaux et au projet d'un «petit catéchisme universel».[2] Vatican I appelait nécessairement à une suite, d’autant plus que la déclaration de l’infaillibilité papale a clairement initié un déséquilibre dans l’exercice du pouvoir au sein de l’Église en faveur de Rome.

 

Gabelle laisse entendre que telle n’était pas l’intention des pères de Vatican I : « Certes, il importe de rappeler que le premier projet de constitution sur l'Église consacrait tout son chapitre IX à l'infaillibilité de celle-ci et que, au chapitre XI, il n'était question que de la primauté du pape. Lorsqu'il fut décidé de traiter en priorité ce chapitre XI et de le remanier pour y introduire l'infaillibilité pontificale, ce fut à condition de préparer parallèlement un second schéma De Ecclesia, dont on a vu qu'il devait consacrer 2 chapitres entiers à la juridiction des évêques unis au pape »,[3] ce qui ne fut pas le cas compte tenu de l’ajournement du concile. Il devenait incontournable pour un concile subséquent de s’adresse à la collégialité et à l’exercice du pouvoir dans l’Église, une question délicate, étant déjà une des causes du schisme d’orient en 1054.

 

Entre les deux conciles du Vatican, l’attention de l’Église et des papes a été en partie monopolisée par la lutte contre le modernisme. « Le terme de « modernisme » apparaît pour la première fois officiellement dans l'encyclique Pascendi de saint Pie X pour ramener à un mouvement éponyme tout un ensemble d'erreurs dans tous les domaines de la doctrine catholique (Saintes Écritures, théologie, philosophie, culte). Les racines et les raisons de ce mouvement résident dans la tentative d'instaurer un “dialogue” entre l'Église et le processus de sécularisation qui a fait suite à la Révolution française. »[4] Ce combat, le refus qui lui est inhérent de considérer l’impact des avancée scientifiques sur la compréhension du dogme divin et les condamnations que l’on ne s’est pas privé d’émettre à l’encontre de ceux mêmes chez qui on ne pouvait qu’émettre un soupçon de modernisme, s’il s’est révélé un facteur d’unification de l’Église derrière le pape, a eu de nombreuses conséquences négatives dont le désintérêt graduel du monde eu égard aux propos de l’Église. Un tel type de « guerre », faut-il le souligner, n’est pas propre au catholicisme, il fait partie de la culture de l’époque, la Russie stalinienne envoyant dans les goulags ceux soupçonnés de dissidence, les États-Unis du début des années 1950 faisant la chasse aux communistes « supposés » à la suite du sénateur McCarthy.

 

Il y a eu surtout entre les deux conciles beaucoup de souffrances, celles des deux guerres mondiales mais également celles liées à l’expansion du communisme, une idéologie qui n’hésitait pas à utiliser la répression pour soumettre les peuples sous son emprise. Ce monde s’apprêtait, à l’ouverture du concile, à vivre la crise des missiles de Cuba, du 16 au 28 octobre 1962, au cours de laquelle il réalisait sa vulnérabilité et la peur qui lui est inhérente. Le monde de l’époque se cherchait des raisons d’espérer et, l’Église, pour peu qu’elle fasse un pas en sa direction, était en mesure de lui en procurer. C’était là une des intentions de Jean XXIII en convoquant un concile œcuménique.

 

[1] J. GADILLE dans  Le deuxième concile du Vatican (1959-1965), Collection de l’école française de Rome, Palais Farnèse,  1989, p. 33.

[2] J. GADILLE, Op. cit., p. 34.

[3] J. GADILLE dans  Le deuxième concile du Vatican (1959-1965), Collection de l’école française de Rome, Palais Farnèse,  1989, p. 39-40.

[4] R. DE MATTEI, Vatican II, Une histoire à écrire, Muller Éditions, 2013, p. 25.

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