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As-tu deux minutes ?

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Parabole du Père et des ses deux fils : le prodigue et l’aîné

                                                                                                            

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

 

Luc 15,1-3.11-32

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Nous reconnaissons tous en ce père miséricordieux l’image de notre Père céleste. Les interprétations sont beaucoup plus variées en ce qui concerne les deux frères. S’il peut s’avérer commode et déculpabilisant de les associer à des groupes précis de personnes, il nous est plus avantageux de considérer notre propre conduite et de voir comment nous pouvons ressembler tantôt à l’un tantôt à l’autre des deux frères.

 

Ce qui est en cause dans cette parabole c’est la Justice de Dieu, une justice qui n’est pas « rétributive » (qui donne à chacun selon ce qu’il mérite » comme celle des hommes, mais donne abondamment, infiniment, en raison de la bonté du Donateur, de sa Miséricorde. Cette Justice, qui est Amour, est également pardon, car il ne saurait y avoir d’amour où il n’y a pas pardon, où l’on comptabilise ce qui est donné et reçu, les mérites et les démérites…

 

Les deux frères illustrent deux façons dont nous pouvons nous dérober à la Volonté d’Amour de Dieu sur nous. La première, personnifiée par le plus jeune fils, consiste à vivre comme si Dieu n’existait pas et/ou à jouir égoïstement de la vie, de la création qu’il a mise à notre disposition. Cependant, les plaisirs terrestres sont passagers et créent une dépendance, un asservissement, contraire à la liberté inscrite par Dieu dans l’ADN de notre nature. Aussi, en venons-nous comme ce fils à constater que nous ne trouvons pas notre bonheur loin de notre Père et sommes-nous interpellés à retourner vers Lui. La seconde façon de nous distancer de ce Père est plus subtile, car bien que nous vivions en apparence près de Lui en nous conformant à la lettre de ses préceptes, nous pouvons en oublier de mettre en œuvre son esprit d’amour. La relation du frère aîné envers son père en est une d’intérêt et non d’amour, car il souhaite jouir de privilèges du fait de vivre physiquement près de lui et il veut refuser à ce père de donner à son jeune frère sous prétexte que ce dernier « mériterait » moins que lui. Il y a là bien peu d’amour.

 

Une clé de lecture de cette parabole nous est par ailleurs donnée par Jésus lui-même : « Un homme avait deux fils. S'avançant vers le premier, il lui dit: "Mon enfant, va donc aujourd'hui travailler à la vigne. " " Celui-ci lui répondit: "Je ne veux pas "; un peu plus tard, pris de remords, il y alla. "  " S'avançant vers le second, il lui dit la même chose. Celui-ci lui répondit: "J'y vais, Seigneur "; mais il n'y alla pas. "  Lequel des deux a fait la volonté de son père ? " » (Mt 21, 28-31).  Profitons du temps de grâce qui nous  est accordé, le temps qu’il nous reste à vivre, pour retourner vers notre Père céleste, reconnaître nos manquements à l’amour et nous efforcer de produire les fruits d’amour attendus de nous, de partager avec les autres, de pardonner, le pardon constituant la plus haute manifestation de l’amour. Par ailleurs, Jésus nous met spécifiquement en garde contre la tentation du deuxième fils d’oublier la clé de la science de l’amour en maintenant une vision trop légaliste de la vie, à plus forte raison de la vie spirituelle qui devrait être toute d’amour : « Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés! »  (Lc 11, 52).

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je reconnais ce qui m’associe tantôt à l’un tantôt à l’autre des deux fils. Comme le plus jeune, je me tourne vers mon Père miséricordieux pour quémander son pardon. Je m’efforce d’avancer dans la vie en vivant plus pour les autres et moins pour moi-même, d’aimer chaque jour davantage et mieux.

 

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