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As-tu deux minutes ?

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Rends-moi la joie d'être sauvé ! (Ps 51, 14)

 

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.

 

Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

 

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure. »

 

Jean 9, 1-41.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Ce quatrième dimanche du carême est appelé dimanche de la joie, « laetare » (réjouis-toi). En ce temps où s’allonge inexorablement la liste des personnes atteintes du coronavirus et de celle qui en décèdent, que nous devons vivre en confinement et que nous ne pouvons même plus prendre part aux exercices du culte, la question se pose : où pouvons-nous trouver matière à nous réjouir ?

 

Cette joie, nous la trouvons dans le Seigneur. Comme croyants, nous avons l’assurance d’être héritiers du Royaume éternel par Jésus Christ qui a fait de nous des fils adoptifs du Père en revêtant la chair, chair qu’il a laissée se faire crucifier pour pallier à nos manques d’amour. Pour conserver l’espérance et la joie, nos devons regarder au-delà des épreuves du temps présent à l’instar de l’apôtre Paul : « J'estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. » (Rm 8, 18). Les souffrances du temps présent constituent les inévitables douleurs de l’enfantement (Rm 8, 22) à une vie nouvelle au terme de notre course certes, mais également dans un avenir rapproché parce que nous vivons des moments historiques. Il y a eu un avant-virus et il y aura un après-virus. Le monde ne sera plus jamais le même et nous espérons, nous prions, pour que ce soit pour le mieux. Nous constatons un accroissement de la solidarité humaine face à une menace commune et immédiate. La solidarité est une manifestation d’amour, de cet amour que nous implorons quand nous disons dans la prière du Notre Père : « que ton règne vienne ». Il nous faut espérer, travailler à ce que cette solidarité et cet amour se prolongent lorsque la menace du coronavirus aura disparu. Avant la COVID-19, nos gouvernements se sont révélés incapables de mettre en œuvre des mesures visant à contrer le réchauffement planétaire qui met en péril la survie d’une part de l’humanité, car de telles mesures auraient eu pour effet de diminuer le niveau de vie de leurs citoyens. Maintenant que nous allons avoir expérimenté une baisse de train de vie en conséquence de la crise sanitaire, il faut voir dans la réduction de l’activité économique une opportunité de mieux préserver notre environnement et adopter les mesures qui, hier encore, nous paraissaient trop onéreuses pour protéger l’œuvre du Créateur. Il y a aussi dans cette crise des milliards de petits gestes posés de façon anonyme donnant préséance au bien commun au détriment de l’intérêt personnel qui permettent à l’amour, qui s’était refroidi chez un grand nombre, de se réchauffer, nous permettant d’espérer que survienne la civilisation de l’amour pour le troisième millénaire.

 

Oui, il y a de quoi se réjouir, même en temps d’épreuve, car comme le dit la sagesse populaire : après la pluie survient le beau temps. Encore faut-il, pour éprouver cette joie, accepter de voir bousculer nos habitudes et notre façon de voir les choses. Dans le texte de l’Évangile du jour, tous auraient dû se réjouir que l’aveugle de naissance ait recouvré la vue. Cependant, les pharisiens ne le voient pas du même œil, notamment parce que cette guérison était survenue un jour de sabbat, et prennent plutôt ombrage de cet acte de pure charité et cherchent à discréditer Jésus manquant à la charité qui aurait dû les animer en tant que représentants du Dieu qui est Amour.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)

 

J’observe les effets positifs de la pandémie, je m’en réjouis. Je prie pour que la solidarité et l’amour qui en découlent se prolongent au-delà de la menace et que cela devienne une opportunité pour que nous nous rapprochions du règne de Dieu sur terre, le règne de l’Amour, après avoir connu, particulièrement au vingtième siècle, celui de l’Argent.

 

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