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As-tu deux minutes ?

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Comment en sommes-nous arrivés là ?

 

Je vous propose ce matin une démarche différente. Alors que les méditations de ce blogue partent du divin, de la Parole de Dieu, pour aller à l’humain, ce matin nous emprunterons le chemin inverse, nos partirons d’une réflexion profane publiée dans la section débats du journal électronique La Presse du 1er avril 2020 et intitulée coronavarice que nous enrichirons de la perspective spirituelle chrétienne pour nourrir notre réflexion sur la crise actuelle qui nous affecte tous.


 

 

Coronavarice

 

Alors que l’on commence à peine à saisir l’ampleur de l’épidémie, mais surtout, des transformations profondes qui nous attendent au lendemain d’une éventuelle victoire, nous sommes forcés de constater que nous n’avons pas encore bien compris l’origine de cette épidémie.

Publié le 1 avril 2020 à 9h00

 

François AudetFRANÇOIS AUDET
DIRECTEUR, INSTITUT D’ÉTUDES INTERNATIONALES DE MONTRÉAL, UQAM

 

Au-delà de l’épidémiologie et des enjeux de santé publique à la source de ce nouveau virus, cette épidémie est essentiellement le fruit de notre aveuglement volontaire à toutes les conséquences de notre surconsommation et de notre incapacité à faire des compromis dans nos modes de vie. Parce qu’investir dans l’inutile finit par coûter cher. En somme, c’est le prix que nous payons pour cette mondialisation asymétrique, inconsciente et effrénée.

 

Sérieusement, pendant combien de temps pensions-nous vraiment que nous aurions pu maintenir ce rythme ? Quand on est rendu à faire la queue au sommet de l’Everest comme chez Ikea un jeudi, à construire des hôtels et des glissades d’eau sur les dernières plages vierges et les sites protégés de la planète, à couper les dernières forêts pour le « profit ». Sérieusement ?

 

Là, vous me dites, quel est le lien ? La corrélation est pourtant simple. Au lieu de penser à qui nous sommes, nous agissons pour ce que nous voulons. « Everything now », comme le chantent si bien mes amis d’Arcade Fire. Alors que nos ressources et notre génie auraient dû être investis dans la recherche, dans la santé, dans l’éducation, dans la coopération et l’aide internationale ainsi que dans la prévention, on a préféré le plastique cheap, le kérosène des avions et le clientélisme.

En effet, la propagation du virus est le produit d’une mondialisation aveugle et anthropocentrique. La vitesse à laquelle se répand actuellement le virus est simple : notre désir frénétique de voyager à tout prix.

Alors qu’un salon du livre en Belgique aurait dû être annulé, on l’a maintenu pour éviter des pertes financières, au prix de centaines de vies. Alors que des voyages personnels et des ententes commerciales devraient être remis, des milliers d’avions continuent de tracer au-dessus de nos têtes, au moment où vous lisez ces lignes, transportant avec eux les hôtes inconscients de la COVID-19.

 

Ainsi, l’avarice est le cancer de cette mondialisation et son principal vecteur de transmission. Vous en doutez ? Alors pourquoi attendons-nous tous, avec une impatience presque existentielle, de « reprendre une vie normale » en espérant oublier cette parenthèse ? Nous sommes tous assis devant notre ordinateur à attendre le moment où le bon docteur Arruda nous dira : « Voilà, c’est fini ! » Nous pourrons enfin délier nos doigts et appuyer sur « confirmer » tous ces paniers d’achats, tous ces voyages en attente, toute notre inconscience…

Quelles sont les solutions ? 

Il en existe plusieurs. Elles seront douloureuses et passent toutes par le même chemin : modifier complètement notre mode de vie, notre mode de consommation, nos voyages, et nos investissements sociaux.

 

Le salut passera par notre système d’éducation qui doit enseigner la pensée critique. En particulier nos universités qui doivent éviter d’encourager la perpétuation aveugle de ce système autodestructeur. Les dirigeants de demain devront être formés différemment.

 

Le salut passera par des entreprises qui valoriseront toute l’ingéniosité humaine au service de l’intérêt public, et non pas à l’unique petit profit des investisseurs pour des produits inutiles et suremballés. Le salut passera par nos politiciens qui cesseront de se faire influencer par le clientélisme et écouteront la science avec une administration publique forte, pour l’intérêt de la population.

 

Le salut passera surtout par la refonte d’une gouvernance mondiale. Celle-ci est nécessaire pour que des institutions solides, comme l’Organisation mondiale de la santé, assurent un dialogue entre les nations, réfléchissent, anticipent et trouvent des solutions de rechange à notre mondialisation anarchique et aux enjeux démographiques, vers une meilleure coopération internationale.

Or, la refonte d’une mondialisation nécessite un leadership politique positif tout aussi fort qui fait malheureusement actuellement défaut.

On ne peut compter sur la puissance américaine, elle-même malmené par la « coronavarice » et une présidence bipolaire. Le G20 est paralysé et les Nations unies sont toujours en quête d’une légitimité. Qui plus est, la plupart des chefs d’État occidentaux sont eux-mêmes le produit d’un clientélisme travaillant très fort pour le maintien de ce système devenu une inertie cimentée. N’oublions pas que nous les avons élus. On est bien loin de l’idéalisme de Wilson, et on n’a qu’à voir la quasi-absence de générosité des grandes fortunes mondiales, incluant les nôtres, dans la crise de la COVID-19 actuellement.

 

En fait, le vrai salut passe par l’humanité de cette prochaine génération post-épidémie, qui reprendra les rênes d’une planète bien mal en point. Mais les biologistes disent souvent que la vie finit toujours par trouver une solution. Et du côté de l’humanitaire, on dit souvent de ne jamais sous-estimer une population en situation de survie. Dans ce cas, souhaitons que la claque au visage que le néolibéralisme aveugle, générée par notre avarice, soit suffisamment forte pour nous éveiller individuellement et collectivement. Sinon, la prochaine épidémie pourrait être la dernière.

 

 

Pour comprendre cette crise d’un point de vue spirituel, il nous faut partir de l’acte créateur que le livre de la Genèse décrit poétiquement en disant que « l’Esprit de Dieu planait à la surface des eaux » (Gn 1,2). L’Esprit de Dieu, c’est sa Sagesse qui a créé l’univers en y inscrivant des lois universelles qui gouvernent tant l’infiniment grand que l’infiniment petit. Cette Sagesse se manifeste, entre autres choses, par la présence de mécanismes régulateurs qui permettent à la nature de rétablir les équilibres lorsque ceux-ci sont rompus.

 

Dans une entrevue intitulée Un virus ça sert à quoi ? l’ancien professeur de biologie devenu humoriste Boucar Diouf fait mention du scientifique norvégien Tron Frede Thingstad et de sa théorie Kill the winner en vertu de laquelle certains virus en milieu marin jouent le rôle d’agents d’équilibre en s’attaquant préférentiellement à l’espèce dominante qui s’approprie toutes les ressources afin de donner une chance aux plus faibles. (Référence additionnelle: Population cycles and species diversity in dynamic Kill-the-Winner model of microbial ecosystems).

 

Il serait pertinent de nous questionner à savoir si le coronavirus qui nous menace ne constitue pas un mécanisme régulateur prévu par le Créateur pour protéger son œuvre menacée par une espèce dominante. Nous avons pillé, vampirisé, l’œuvre du Créateur au nom du dieu Argent, d’une supposément essentielle croissance économique dont le ralentissement, lorsqu’il survenait, était perçu comme une catastrophe. La liste des espèces éteintes ou en voie d’extinction n’a cessé de s’allonger au fil des ans, conséquence de l’activité humaine. La planète a commencé à s’échauffer, mettant en péril la survie d’une partie de l’humanité si ce n’est la totalité, sans que nous parvenions à prendre des mesures efficaces et concertées à l’échelle du globe puisque cela aurait demandé aux habitants des pays les plus nantis d’accepter une baisse de niveau de vie à laquelle la majorité d’entre eux n’était pas prêts à consentir. Les signaux nous avertissant que nous nous dirigions vers une catastrophe n’ont pas manqué et nous les avons ignorés, aveuglés par notre désir de posséder toujours davantage. Et voilà qu’un infiniment petit grain de sable est venu enrayer l’engrenage pourtant bien huilé du néolibéralisme et de la mondialisation dont il se faisait le promoteur. En tant que croyant, je me demande si la situation actuelle ne représente pas la réalisation concrète d’une parole de l’apôtre Paul dans sa première lettre aux Corinthiens : « Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est » (1 Co 1, 27-28).

 

Entendons-nous bien cependant. Il ne s’agirait pas d’une punition divine incompatible avec la Révélation que Dieu a faite de Lui-même au fil des siècles de sa nature et qui est Amour. Nous parlons ici plutôt des conséquences prévisibles et négatives d’une exploitation abusive de l’œuvre du Créateur. L’exemple que je donne souvent pour illustrer mon propos remonte au temps où je travaillais pour un fabricant d’outils manuels. Il arrivait que des gens se blessent et même nous poursuivent légalement pour s’être blessés en utilisant les outils que nous fabriquions pour d’autres usages que ceux prévus pour le type d’instrument utilisé. Nous ne les punissions point ni n’étions responsables de quelque manière des maux subis qui constituaient les conséquences prévisibles d’un usage inapproprié. Nous nous exposons d’une manière similaire lorsque nous ne respectons pas les lois naturelles, les lois que le Créateur a inscrites dans son œuvre. La maladie de la vache folle, conséquence de ce que nous ayons nourri des animaux végétariens avec des farines animales, en constitue un exemple récent fort éloquent.

 

Voilà pour le constat du comment nous en sommes arrivés là où nous en sommes ! Maintenant se pose la question des contemporains des apôtres après avoir injustement mis à mort le Fils de Dieu : « Frères, que devons-nous faire? » (Ac 2, 37). La réponse adéquate est celle de l’apôtre Pierre : « Repentez-vous » (Ac 2, 38), reconnaissons nos erreurs, convertissons-nous, changeons les modèles sur lesquels nous avons  érigé nos sociétés et qui nous ont conduits à la catastrophe humanitaire à laquelle nous sommes confrontés. Nous devons penser un monde nouveau qui mette davantage l’emphase sur l’être que sur l’avoir, un monde davantage solidaire où l’amour occupera une place plus grande, un monde où nous nous préoccuperons davantage de partager équitablement la richesse que de l’accroître et, pire encore, de l’accroître au profit d’un petit nombre. Notre monde doit changer. Il en va de sa survie !

 

Aussi, quand je vois des croyants intercéder auprès de Dieu pour demander que prenne fin la pandémie afin que nous retournions le plus rapidement possible à la vie « normale », que nous puissions continuer de vampiriser et de piller sans vergogne l’œuvre du Créateur, une vie où la solidarité et l’amour font cruellement défaut, un mode de vie qui nous conduisait directement dans un mur, là je me pose de sérieuses questions. Nous sommes bien loin des paroles de Jésus à Gethsémani : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse!» (Lc 22, 42). Une question que nous devons nous poser face à cette pandémie consiste à s’interroger à savoir si nous ne retrouvons pas face à un virus de type « kill the winner », dont nous avons parlé précédemment et faisant partie des lois de la nature donc de la pensée du Créateur afin de protéger son œuvre, auquel cas nous serions possiblement bien avisés de faire appel à l’Esprit Saint ainsi que le recommande l’apôtre Paul pour orienter nos prières : « Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. » (Rm 8, 26-27). Un exemple de prière qui a été agréée par le Seigneur face à une menace imminente est celle des Ninivites qui, doit-on le souligner a été accompagnée par un changement radical de vie de tous les habitants en commençant par son dirigeant, le roi : « Les gens de Ninive crurent en Dieu; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. La nouvelle parvint au roi de Ninive; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. Puis l'on cria dans Ninive, et l'on fit, par décret du roi et des grands, cette proclamation: "Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront pas et ne boiront pas d'eau. On se couvrira de sacs, on criera vers Dieu avec force, et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l'iniquité que commettent ses mains. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point?" Dieu vit ce qu'ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas. » (Jonas 3, 5-10). Force est de constater lorsque nous entendons le discours ambiant et constatons l’impatience de retourner à la vie d’avant que nous nous trouvons bien loin de là !

 

Est-ce que cela veut dire que nous devons demeurer passifs face à la menace ? Certes pas ! Dieu a donné l’intelligence et le pouvoir à l’homme de combattre le mal, tout mal. Nous devons continuer et même accroître les efforts de la recherche pour trouver un vaccin ou un médicament contre ce coronavirus, une recherche qui n’avait pas la cote auprès des grandes compagnies pharmaceutiques qui ont préféré concentrer leurs efforts sur des pilules « rentables » comme celles visant à combattre la dysfonction érectile plutôt que sur celles, moins rentables, mais visant à faire échec à des menaces contre la vie humaine. Dans l’attente de vaccin ou de médicament, nous devons faire chacun ce qui est en notre pouvoir pour éviter la propagation de ce virus potentiellement mortel pour les populations à risque, à savoir la distanciation sociale. Par-dessus tout, j’admire les personnes mises par leur occupation professionnelle sur la ligne de front et qui risquent leur vie pour prêter assistance aux personnes malades : médecins, infirmiers, aide-infirmiers, personnel de soutien des hôpitaux et des centres de personnes âgées). Pour ceux-là, particulièrement ceux qui sont tombés au combat, je prie particulièrement le Seigneur de récompenser le grand amour dont ils font preuve en leur accordant le salut éternel, lui qui a dit : « Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13), à plus forte raison pour des gens que l’on connaît peu ou pas !

 

Parallèlement aux efforts consentis pour combattre les effets du coronavirus, nous devons dès à présent commencer à penser à demain, à ce que nous devons faire pour rendre notre monde meilleur, plus conforme à la pensée du Créateur sur son œuvre, un monde où la solidarité humaine se prolongera au-delà du temps qu’aura duré la menace, faute de quoi nous nous exposerons à ce que survienne une épidémie plus meurtrière encore, peut-être la dernière comme l’évoque l’auteur du billet « Coronavarice ». Ce serait vraiment dommage que nous continuions notre route comme si cette pandémie n’eût été qu’un accident de parcours. Vains auraient alors été les sacrifices en vies humaines et en souffrances de toutes sortes endurées en raison de la crise du coronavirus. Pour ma part, je prie pour que les souffrances du temps présent constituent, comme le dit l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains, les douleurs de l’enfantement à une vie nouvelle, meilleure, plus juste, plus respectueuse de l’œuvre du Créateur qui gémit sous le joug que nous lui avons imposé, plus conforme à la volonté d’amour de notre Père céleste :

 

J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu: si elle fut assujettie à la vanité, -- non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise, -- c'est avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement. Et non pas elle seule: nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l'attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est objet d'espérance; et voir ce qu'on espère, ce n'est plus l'espérer: ce qu'on voit, comment pourrait-on l'espérer encore? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec constance. Pareillement l'Esprit vient au secours de notre faiblesse; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu. Et nous savons qu'avec ceux qui l'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'il a appelés selon son dessein. Car ceux que d'avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l'image de son Fils, afin qu'il soit l'aîné d'une multitude de frères; et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. Que dire après cela? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur? Qui se fera l'accusateur de ceux que Dieu a élus? C'est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera? Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je? Ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous? Qui nous séparera de l'amour du Christ? La tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? Selon le mot de l'Écriture: À cause de toi, l'on nous met à mort tout le long du jour; nous avons passé pour des brebis d'abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. (Rm 8, 18-39).

 

Nous sommes devant un monde à réinventer, un monde dans lequel nous devrons inclure des mécanismes de contrôle qui préviennent l’enrichissement individuel au détriment du bien commun, un monde où les grandes sociétés paieront leur juste part des charges sociales, un monde qui fera une lutte sans merci au fléau de l’évasion fiscale, un monde où il pourrait exister un système de péréquation similaire à celui en place au Canada où les provinces les plus riches contribuent financièrement au budget des plus pauvres, mais à une échelle internationale, où il pourrait y avoir un système de partage allant des pays les plus riches vers les plus défavorisés, un monde où les plus favorisés accepteront une baisse de leur niveau de vie non seulement pour aider les plus pauvres, mais également pour contribuer à la survie de la planète, un monde où la lutte aux changements climatiques ne demeurera pas au stade des vœux pieux, mais deviendra réalité, un monde où toutes les espèces animales et végétales puissent bénéficier d’une chance adéquate de survie, un monde où le statut de l’Argent passera de maître à serviteur … 

 

Pour terminer cet article commencé par le billet intitulé « Coronavarice », j’ai pensé joindre l’extrait de l’évangile de Matthieu où Jésus expose l’incompatibilité entre Dieu, le Dieu qui est Amour, qui est Père et qui veut notre bonheur, et l’Argent.

 

"Nul ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. "Voilà pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit! Ne valez-vous pas plus qu'eux? Qui d'entre vous d'ailleurs peut, en s'en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter? Observez les lis des champs, comme ils poussent: ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Que si Dieu habille de la sorte l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi! Ne vous inquiétez donc pas en disant: Qu'allons-nous manger? Qu'allons-nous boire? De quoi allons-nous nous vêtir? Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain: demain s'inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. (Mt 6, 24-34)

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