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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Essentielle contribution de l’homme au plan de Dieu

 

Essentielle contribution de l’homme au plan de Dieu

 

Jésus appela ses disciples et leur dit : « J'ai pitié de cette foule : depuis trois jours déjà, ils sont avec moi et n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun ; ils pourraient défaillir en route. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour qu'une telle foule mange à sa faim ? » Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons, il rendit grâce, les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent à leur faim ; et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines.

 

Matthieu 15, 32-37

 

 

Dieu requiert notre apport pour réaliser son plan de salut. Pour Lui, aucune contribution n’est insignifiante, bien au contraire ! Il pourvoit lui-même au manque de ressources de ses collaborateurs, « Ma grâce te suffit: car la puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co 12, 9), encore plus lorsque le peu auquel ces derniers renoncent généreusement représente tout ce qui est en leur possession. Ce qui rend possible la multiplication des pains, c’est que les apôtres mettent à la disposition de Jésus le peu de nourriture en leur possession : non seulement les pains demandés mais aussi quelques petits poissons. Les apôtres répètent ainsi le geste de la veuve de Sarepta qui a partagé avec le prophète Élie le peu qu’il lui restait pour survivre elle et son fils, à peine un repas, et qui a vu sa générosité récompensée par Dieu, « La jarre de farine ne s'épuisa pas et la cruche d'huile ne se vida pas, selon la parole de Yahvé » (1 R 17, 16). Jésus n’a pas créé de nourriture à partir du néant, il a multiplié le peu mis à sa disposition qui représentait le tout en possession des apôtres, idem pour Yahvé à l’égard de la veuve de Sarepta. Comme le disait mère Teresa nos actes ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais si nous n’agissons pas cette goutte d’eau manquera à l’océan, l’élément déclencheur de l’intervention providentielle de Dieu ferait défaut.

 

Cette générosité de Dieu qui se laisse émouvoir par l’insuffisance des ressources de ceux coopèrent à son œuvre de salut ne se limite pas aux biens matériels mais s’étend aux biens spirituels comme le démontre l’action de Pierre en faveur de l’impotent à la porte du Temple : « De l'argent et de l'or, je n'en ai pas, mais ce que j'ai, je te le donne: au nom de Jésus Christ le Nazôréen, marche! » (Ac 3, 6). De fait, les charismes, les dons de l’Esprit Saint, loin de se tarir, se multiplient lorsque mis au service du plus grand nombre. Dans un passé récent, les groupes charismatiques ont connu un grand essor dans les années 70 avant de décliner par la suite. Une des principales cause de ce déclin, à mon avis, réside dans le fait que les cadeaux reçus de Dieu, trop souvent n’étaient mis qu’à la disposition exclusive de ceux qui assistaient à leurs réunions et qui en sont venus à former des « clubs privés », pour ainsi dire. Le pape François affirme le caractère évangélisateur des charismes et la nécessité de les mettre au service du bien de tous au paragraphe 130 de son exhortation apostolique Evangilii Gaudium :

 

L’Esprit Saint enrichit toute l’Église qui évangélise aussi par divers charismes. Ce sont des dons pour renouveler et édifier l’Église. Ils ne sont pas un patrimoine fermé, livré à un groupe pour qu’il le garde ; il s’agit plutôt de cadeaux de l’Esprit intégrés au corps ecclésial, attirés vers le centre qui est le Christ, d’où ils partent en une impulsion évangélisatrice. Un signe clair de l’authenticité d’un charisme est son ecclésialité, sa capacité de s’intégrer harmonieusement dans la vie du peuple saint de Dieu, pour le bien de tous. Une véritable nouveauté suscitée par l’Esprit n’a pas besoin de porter ombrage aux autres spiritualités et dons pour s’affirmer elle-même. Plus un charisme tournera son regard vers le cœur de l’Évangile plus son exercice sera ecclésial. Même si cela coûte, c’est dans la communion qu’un charisme se révèle authentiquement et mystérieusement fécond. Si elle vit ce défi, l’Église peut être un modèle pour la paix dans le monde.

 

Les saints sont les êtres qui comprennent qu’ils sont les fiduciaires et non les destinataires finaux de la grâce de Dieu et qui se rendent disponibles à recevoir davantage de sa miséricorde en redonnant le peu en leur possession à tous, sans distinction, à l’image de notre Père qui est aux cieux  qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes (Mt 5, 45). Dieu a dit à Catherine de Sienne : « Fais-toi capacité, je me ferai torrent ». La façon de « se faire capacité » est de donner généreusement ce que l’on possède aux autres et, par eux, redonner à Dieu car comme l’a dit Jésus : « dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40). C’est exactement ce qu’exprimait Augustin d’Hippone : « Seigneur, donne-moi ce que Tu me demandes et demande-moi ce que Tu me donnes ». Ce que le Seigneur nous donne, c’est principalement par l’intermédiaire des plus défavorisés qu’Il nous le redemande.

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