Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Esprit de Sagesse

 

 

Esprit de Sagesse

 

J'ai prié, et l'intelligence m'a été donnée. J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l'ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d'elle, j'ai tenu pour rien la richesse ; je ne l'ai pas mise en comparaison avec les pierres précieuses ; tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable, et, en face d'elle, l'argent sera regardé comme de la boue. Je l'ai aimée plus que la santé et que la beauté ; je l'ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s'éteint pas. Tous les biens me sont venus avec elle, et par ses mains une richesse incalculable.

 

Livre de la Sagesse 7, 7-11

 

 

 Qu’est-ce que la Sagesse dont il est question, ce bien si précieux que tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable ? N’est-ce pas l’Esprit Saint, troisième personne de la divinité, don suprême de Dieu (Veni Creator) ? Dieu est Amour (1 Jn 4, 8). L’amour est don. L’Esprit Saint personnifie ce don au sein de la Trinité, don du Père au Fils et du Fils au Père. Lorsqu’Il vient en nous, il nous rend « capables » de Dieu, Il dilate notre cœur pour accueillir l’amour de Dieu à la mesure où nous-mêmes retransmettons cet amour aux autres. Développant sans cesse notre capacité à aimer, l’Esprit nous rend « éligibles » à accéder au Royaume, à partager la vie de Dieu, son amour, pour l’éternité. Comme le dit Jean de la croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » (dichos 64).

 

Augustin d’Hipponeau chapitre 18 du livre XV de son traité La Trinité démontre que la charité, qui est l’Esprit Saint, est le plus grand des dons de Dieu :

 

Ce don est le plus grand des dons de Dieu. Lui seul sépare les fils du royaume éternel des enfants de l’éternelle perdition. D’autres dons sont distribués par l’Esprit-Saint niais ils sont inutiles sans la charité. Par conséquent personne ne peut passer de gauche à droite, si l’Esprit-Saint ne lui inspire l’amour de Dieu et du prochain. Ce n’est qu’à ce point de vue de la charité que l’Esprit est proprement appelé le Don. Celui qui ne l’a pas, parlât-il les langues des hommes et des anges, est comme un airain sonnant et une cymbale retentissante; et quand il aurait le don de prophétie, qu’il connaîtrait tous les mystères et toute la science; quand il aurait toute la foi, au point de transporter les montagnes, il n’est rien, et quand il distribuerait tout son bien et qu’il livrerait son corps pour être brûlé cela ne lui servirait de rien (I Co XIII, 1-3). Qu’il est donc grand ce bien, sans lequel de si grands biens ne sauraient conduire personne à la vie éternelle!

 

Or, cet amour ou cette charité — deux expressions pour la même chose — même quand celui qui le possède ne parle pas les langues, n’a pas le don de prophétie, ne connaît pas tous les mystères et toute la science, ne distribue pas tout son bien aux pauvres — soit parce qu’il n’en a point à distribuer, soit parce que ses propres besoins s’y opposent — ne livre pas son corps pour être brûlé, faute d’occasion de subir ce supplice ; cet amour, dis-je, le conduit au royaume éternel, et donne à la foi même tout son prix. Car, sans la charité, la foi peut exister, mais non être utile. Ce qui fait dire à l’apôtre Paul: « Dans le Christ Jésus ni la circoncision ni l’incirconcision ne servent de rien ; mais la foi qui agit par la charité (Ga V, 6) » : distinguant ainsi cette foi de celle des démons qui croient et tremblent (Jc II, 19). Donc l’amour qui est de Dieu et Dieu, est proprement l’Esprit-Saint par qui est répandue en nos cœurs la charité de Dieu, en vertu de laquelle la Trinité tout entière habite en nous. Voilà pourquoi le Saint-Esprit, quoique Dieu, est à très-juste titre appelé aussi Don de Dieu. Et ce don, quel peut-il être au fond, sinon la charité qui conduit à Dieu, et sans laquelle aucun autre don de Dieu ne conduit à Dieu?

 

Que faut-il faire pour obtenir un bien si précieux ? D’abord, prier : J'ai prié, et l'intelligence m'a été donnée. Prier avec insistance : J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi. Cependant, notre part ne se limite pas à la prière et à la supplication, il nous faut également faire un choix irréversible, préférer l’Esprit de Dieu à toute autre chose, l’Esprit de Dieu et l’esprit du monde s’opposant (1 Co 2, 12) : Je l'ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d'elle, j'ai tenu pour rien la richesse… Je l'ai aimée plus que la santé et que la beauté ; je l'ai choisie de préférence à la lumière. C’est à ce choix que s’est refusé le jeune homme riche des Évangiles : Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. (Mc 10, 21-22). Ce choix, le roi Salomon l’a fait : À Gabaôn, Yahvé apparut la nuit en songe à Salomon. Dieu dit: "Demande ce que je dois te donner." Salomon répondit: "Tu as témoigné une grande bienveillance à ton serviteur David, mon père, et celui-ci a marché devant toi dans la fidélité, la justice et la droiture du cœur; tu lui as gardé cette grande bienveillance et tu as permis qu'un de ses fils soit aujourd'hui assis sur son trône. Maintenant, Yahvé mon Dieu, tu as établi roi ton serviteur à la place de mon père David, et moi, je suis un tout jeune homme, je ne sais pas agir en chef. Ton serviteur est au milieu du peuple que tu as élu, un peuple nombreux, si nombreux qu'on ne peut le compter ni le recenser. Donne à ton serviteur un cœur plein de jugement pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal, car qui pourrait gouverner ton peuple, qui est si grand?" (1 R 3, 5-9). Voyons dans la suite comment Dieu ne laisse pas sans effet la décision de celui qui le préfère à toutes choses : Il plut au regard du Seigneur que Salomon ait fait cette demande; et Dieu lui dit: "Parce que tu as demandé cela, que tu n'as pas demandé pour toi de longs jours, ni la richesse, ni la vie de tes ennemis, mais que tu as demandé pour toi le discernement du jugement, Et même ce que tu n'as pas demandé, je te le donne aussi: une richesse et une gloire comme à personne parmi les rois. Et si tu suis mes voies, gardant mes lois et mes commandements comme a fait ton père David, je t'accorderai une longue vie." (1 R 3, 10-14).

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article