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As-tu deux minutes ?

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Le serpent de bronze dressé au sommet du mât

 

En ces jours là, les Hébreux quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

 

Livre des Nombres 21,4-9.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Hier comme aujourd’hui, les humains sont confrontés à leurs limites : autrefois les serpents à la morsure brûlante, maintenant un ennemi microscopique, mais non moins mortel, la COVID-19. À l’origine de l’épreuve, la tentation de se détourner de Dieu, de se passer de Lui. Là, cependant, où notre connaissance de Dieu, qui est Amour, qui s’est affinée par la Révélation plus approfondie de sa nature qu’il a faite subséquemment de Lui et qui a culminée dans le Christ, nous amène à diverger d’opinion avec l’auteur du livre des Nombres quant à la cause lorsque ce dernier affirme que le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à morsure brûlante. Il nous apparaît aujourd’hui plus probable que Dieu n’a pas « envoyé » l’épreuve, mais qu’Il aurait retiré à son peuple la protection spéciale contre ce fléau dont il jouissait à son insu en raison de sa fidélité. Cela a été magnifiquement exprimé par la fille de Billy Graham qui donnait ( il y a plusieurs années) une entrevue au programme The early show et Jane Clayson lui a demandé : « Comment Dieu a-t-il pu laisser quelque chose de ce genre arriver ? » Et Ann Graham lui a répondu de façon profonde et perspicace : « Je crois que Dieu est profondément attristé par tout cela, tout comme nous…, mais cela fait des années que nous Lui demandons de sortir de nos écoles, de sortir de notre gouvernement et de sortir de nos vies. Et comme Dieu est un gentleman, je crois qu’il n’a fait que ce que nous Lui demandions. Comment pouvons-nous espérer sa bénédiction et sa protection, si nous Lui demandons de nous laisser tranquilles ? »

 

Que fait Dieu quand le peuple demande à Moïse d’intercéder en sa faveur et que ce dernier implore sa miséricorde ? Il demande aux gens du peuple de contempler leur propre faiblesse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Dieu n’a pas fait disparaître la cause du mal, pas plus que le fait que ce dernier continue de s’attaquer aux Hébreux, mais Il leur offre la possibilité d’échapper à ses effets mortels, pour peu qu’ils reconnaissent humblement leurs faiblesses et lèvent le regard vers Lui pour obtenir le salut. Ce serpent dressé au sommet du mat de même que le Christ crucifié et les représentations qui en ont été faites sont un rappel que nous ne pouvons pas nous sauver seuls, par nous-mêmes. Le monde matériel étant une image, une parabole, du monde spirituel, nous constatons, face à cette pandémie, que personne ne va se sauver tout seul, que nous avons besoin les uns des autres, que nous devons être solidaires les uns des autres pour passer à travers la menace invisible qui nous guette que ce soit par la distanciation sociale ou par des mesures d’hygiène essentielles dont le lavage fréquent et en profondeur des mains.

                                                                 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)

 

Au plan matériel, je me reconnais dépendant des autres et que les autres dépendent de moi. Je me fais solidaire de mes frères et sœurs humains en respectant scrupuleusement les directives des autorités sanitaires. Mieux, j’offre les sacrifices que cela me demande dans l’offrande de Jésus crucifié pour ceux qui combattent le virus, ceux qui en sont atteints et ceux qui, malheureusement, en sont décédés. J’offre également ces sacrifices pour que le Seigneur tire un bien plus grand que le mal causé par la calamité qui nous affecte et qu’émerge de tout cela un monde meilleur, plus solidaire, plus respectueux de la création du Seigneur…

 

Au plan individuel et spirituel, je me reconnais pécheur, donc incapable d’accéder au Royaume éternel à moins que Dieu par son infinie miséricorde ne m’y fasse entrer. Je reconnais humblement mon état de pécheur comme le Seigneur l’a indiqué à son peuple non pour une guérison physique, mais spirituelle. À défaut de pouvoir fréquenter le sacrement de Réconciliation maintenant, je suis les recommandations du pape François sur la confession en période de confinement (tiré du site zenit.org):

 

Se confesser, en période de confinement? Réponse du pape

Avec le Catéchisme de l’Eglise catholique

MARS 20, 2020 11:54PAPE FRANÇOIS

A tous les malades du Coronavirus, à tous les confinés qui ne peuvent pas vivre le sacrement de la réconciliation en cette période de Carême, le pape François rappelle ce que prévoit le Catéchisme pour demander pardon à Dieu.

« Je sais qu’à l’occasion de Pâques, beaucoup d’entre vous allez vous confesser pour retrouver Dieu », a dit le pape lors de la messe qu’il célébrait ce 20 mars 2020 en direct streaming de Sainte-Marthe. « Mais nombreux me diront aujourd’hui : “Mais, père, où puis-je trouver un prêtre, un confesseur, puisque je ne peux pas sortir de chez moi ? Et je veux faire la paix avec le Seigneur, je veux qu’il m’embrasse, que mon papa m’embrasse… Comment faire sans prêtre ?” »

« Fais ce que dit le Catéchisme », a-t-il répondu : « C’est très clair : si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : “Seigneur, j’ai manigancé ceci, cela, cela…. pardon”, et demande-lui pardon de tout ton cœur, avec l’Acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu. »

Ainsi, a ajouté le pape, « tu peux t’approcher toi-même du pardon de Dieu, comme l’enseigne le Catéchisme, sans avoir de prêtre sous la main… Trouve le moment juste, le bon moment. Un Acte de contrition bien fait, et ainsi notre âme deviendra blanche comme la neige ».

Le pape François citait les articles 1451 et 1452 du Catéchisme de l’Église catholique, qui stipulent que la « contrition « parfaite » remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle ».

« La contrition dite  » imparfaite  » (ou  » attrition « ), poursuit le texte, est, elle aussi, un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint. Elle naît de la considération de la laideur du péché ou de la crainte de la damnation éternelle et des autres peines dont est menacé le pécheur (contrition par crainte). Un tel ébranlement de la conscience peut amorcer une évolution intérieure qui sera parachevée sous l’action de la grâce, par l’absolution sacramentelle. Par elle-même, cependant, la contrition imparfaite n’obtient pas le pardon des péchés graves, mais elle dispose à l’obtenir dans le sacrement de la Pénitence. »

MARS 20, 2020 11:54PAPE FRANÇOIS

 

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