Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
20 Mai 2026 Parole du jour
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En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. » Évangile de Jean 17, 11-19 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
Le Dictionnaire critique de théologie de Jean-Yves Lacoste (PUF, Paris, 1998) commence comme suit son commentaire sur le terme sainteté :
La sainteté appartient à Dieu seul. Elle désigne l’éclat de sa puissance, la perfection de son être. Lui seul a le pouvoir de faire participer à sa sainteté ceux qu’il appelle à vivre en sa présence.
a) Le vocabulaire du sacré et de la sainteté. — La racine qâdash qui relève du registre religieux, recouvre à la fois les notions de sacré et de sainteté. Dans les religions anciennes, elle exprime la majesté et la puissance agissante de la divinité. Employée dans les langues sémitiques avec le sens de « consécration-purification », elle a d’abord la valeur positive de consécration, d’appartenance et secondairement celle de séparation.
Le verbe d’état qâdash se traduit : « être saint, être consacré, être mis à part ». À l’intensif (76 x), il a le sens de « consacrer, mettre à part, considérer comme saint », et au causatif (45 x), celui de « consacrer, déclarer saint ». D’autres formes du verbe indiquent que Dieu « manifeste sa sainteté », et « est reconnu pour saint » ou bien que les hommes « se sanctifient » pour une action rituelle. L’adjectif quâdôsh (116 x) désigne Dieu lui-même (És 6, 3) et qualifie les personnes et les choses en rapport avec lui. L’abstrait quodèsh, de loin le plus fréquent (469 x), évoque la sainteté et ce qui y touche. Il peut avoir le sens de sanctuaire et se rapproche alors d’un autre dérivé, miqdash.
Si on rajoute à cela que le nom au sens biblique dépasse le sens usuel d’identification de l’objet désigné pour incarner l’essence et l’identité profonde de la personne, nous avons tous les éléments pour mieux comprendre les propos de Jésus rapportés par Jean au chapitre 17 de son Évangile.
Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. Être gardé dans le nom du Père, c’est communier à son essence divine, à l’Amour, c’est participer à la sainteté divine. En Jésus-Christ, Dieu s’est fait connaître comme Père et Amour, un Amour qui est UN dans la diversité des Personnes, un Amour trinitaire dans lequel nous sommes invités à entrer.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Comme le dit le Dictionnaire critique de théologie, être saint, c’est être mis à part. Le moyen par lequel nous pouvons être tirés du monde pour entrer dans l’Amour, c’est la Parole de Dieu, une parole qui, parce qu’elle vient de Dieu, a la capacité de réaliser ce qu’elle signifie. L’avancement dans la sainteté, vers la perfection de l’Amour, se réalise par la fréquentation assidue de la Parole de Dieu et son intégration concrète dans notre quotidien en imitation de Jésus-Christ, le Verbe de Dieu, Parole du Père incarnée dans la chair pour nous faire connaître de Père et nous montrer le chemin pour retourner vers Lui.
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. J’aspire parvenir à la sainteté, à la perfection de l’amour, par la grâce divine, une grâce que Dieu communique de façon usuelle par sa Parole lue, entendue, méditée, priée et intégrée de manière concrète à notre vie quotidienne.