Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
6 Octobre 2026 Parole du jour
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Frères, vous avez entendu parler du comportement que j’avais autrefois dans le judaïsme : je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu, et je cherchais à la détruire. J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge, et, plus que les autres, je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères. Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes. Aussitôt, sans prendre l’avis de personne, sans même monter à Jérusalem pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie et, de là, je suis retourné à Damas. Puis, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours auprès de lui. Je n’ai vu aucun des autres Apôtres sauf Jacques, le frère du Seigneur. En vous écrivant cela, – je le déclare devant Dieu – je ne mens pas. Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais pour les Églises de Judée qui sont dans le Christ, mon visage restait inconnu ; elles avaient simplement entendu dire : « Celui qui nous persécutait naguère annonce aujourd’hui la foi qu’il cherchait alors à détruire. » Et l’on rendait gloire à Dieu à mon sujet. Lettre de Paul apôtre aux Galates 1, 13-24 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
« Dieu, dans sa grâce, m’a appelé ; et Il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce » au plus grand nombre. Nous sommes ici au cœur de l’expérience chrétienne, l’expérience que Paul a faite de la Présence de Dieu sur le chemin de Damas. Alors que le neuvième chapitre du livre des Actes des Apôtres versets 3 à 8 porte à penser que Dieu se manifeste extérieurement à nous, Paul, le protagoniste de la scène, nous confie, dans le premier chapitre de la lettre aux Galates, que cette prise de conscience de la présence divine est tout intérieure : Dieu a trouvé bon de révéler en moi son Fils. Trois siècles plus tard, Augustin d’Hippone (354-430) écrira dans le dixième livre des Confessions avoir fait la même rencontre intérieure de Dieu dans la dernière partie de sa vie : J’ai tardé à t’aimer ! Tu étais dedans, moi dehors, et je te cherchais (en vain) dehors où je me ruais… Tu étais avec moi sans que je fusse avec toi… Tu as appelé, crié, et tu as rompu ma surdité. Tu as brillé par éclairs et par vives lueurs et tu as balayé ma cécité. Tu as exhalé ta bonne odeur, je l’ai respirée, et je m’essouffle après toi. Je t’ai gouté : j’ai faim et soif. Tu m’as touché : j’ai pris feu pour la paix que tu donnes. Une fois soudé à toi de tout mon être, il n’y aura plus pour moi douleur et labeur et ma vie sera, toute pleine de toi, la vie. Quand quelqu’un est plein de toi, tu l’enlèves. Plein de toi, je ne le suis pas : aussi mon être me pèse. Entre mes joies — j’ai à les pleurer ! — et mes peines, dont il faudrait me réjouir, il y a conflit, sans que je sache de quel côté penche la victoire. Augustin décrit plus en détail que Paul le ressenti de la Présence de Dieu par des analogies, car les mots demeurent impuissants à exprimer une telle expérience. Tu m’as touché, j’ai pris feu. Le propre d’une telle expérience est la sensation d’embrasement du cœur par le feu de l’Amour dont Jésus dit : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12, 49). Si Dieu ne mettait quelque limite d’intensité et de durée à ce contact, le cœur se romprait conformément aux paroles adressées par le Seigneur à Moïse et rapportées par le livre de l’Exode : « Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. » Le Seigneur dit enfin : « Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ; quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir » (Ex 33, 20-23).
Cette expérience de la Présence divine transforme tout l’être. Les joies temporelles perdent dès lors de l’attrait, puisqu’elles ne peuvent se comparer à la joie de respirer la bonne odeur de l’Amour. Inversement, les peines temporelles revêtent davantage d’attrait, puisqu’elles rappellent la douleur ressentie après le contact avec le feu de l’Amour divin. Cela a conduit Augustin à conclure : mon être me pèse. Entre mes joies — j’ai à les pleurer ! — et mes peines, dont il faudrait me réjouir, il y a conflit, sans que je sache de quel côté penche la victoire, notre sort n’étant pas scellé avant que nous rendions notre dernier souffle (Éz 33, 11-20).
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
Je demande au Seigneur de prendre conscience de sa Présence en moi et d’expérimenter le feu de son Amour, de libérer mon cœur de ce qui l’encombre et qui m’empêche d’entendre l’appel divin et de goûter la sensation de félicité qui accompagne la découverte de cette Présence et de ce feu en moi. Si certains vivent une telle expérience tôt dans leur vie, pour la plupart cela arrive plutôt alors qu’ils sont avancés en âge. Pour libérer mon cœur de ce qui m’empêche de sentir la bonne odeur de l’Amour en moi, je fréquente régulièrement le sacrement de Réconciliation. De même, je me nourris du Corps et du Sang du Christ pour que croisse en moi l’Amour.