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As-tu deux minutes ?

Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Deux amours

                                                                                                            

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

 

Marc 18, 9-14

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

La parabole du pharisien et du publicain illustre qu’il y a en la personne humaine deux amours incompatibles qu’Augustin d’Hippone décrit ainsi : amour de Dieu jusqu’au mépris de soi-même et amour de soi jusqu’au mépris de Dieu et des autres. Multiples se révèlent les conséquences de la haute estime personnelle dont l’autosuffisance et le jugement des autres, mais elles résultent toutes en un moindre amour effectif de Dieu et des autres. Si nous nous pensons « bons », meilleurs que les autres, nous nous reposons sur nos « mérites » prétendus pour nous justifier et même pousser l’outrecuidance jusqu’à vouloir refuser la gratuité du salut offert par Dieu en héritage pour y accéder en nous élevant par nous-mêmes jusqu’à Lui. Quelle folie ! Celui qui est humble, au contraire, reconnaît avoir besoin de Dieu et des autres, tout devoir ce qu’il est et ce qu’il possède à la générosité de Dieu. Cet esprit de dépendance amène à une plus grande solidarité des autres, une plus grande générosité à leur égard et, éventuellement, à travers cette générosité à un plus grand amour. Lorsque le publicain redescendit dans sa maison il était devenu un homme plus juste, avec la conscience douloureuse de l’imperfection de son amour, le désir de faire mieux pour correspondre à la volonté d’Amour de Dieu sur lui et la conviction de la nécessité de l’aide de Dieu pour y parvenir, une aide que ce dernier, en bon Père, ne saurait refuser à ceux qui la demandent avec sincérité.

 

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)

 

Je reconnais mon néant, ne rien mériter, mais tout devoir, l’imperfection de mon amour, mon statut de pécheur. Je demande à Dieu de pallier à mes faiblesses, d’aimer en moi et à travers moi. Avec l’apôtre Paul, je mets ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ et son amour fassent en moi leur demeure pour que, comme celui-ci constate : « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 9-10).

 

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