Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
26 Août 2025 Parole du jour
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Frères, vous le savez bien vous-mêmes, notre venue chez vous n’a pas été inutile. Nous venions de souffrir et d’être outragés à Philippes, comme vous le savez ; nous avons cependant trouvé en notre Dieu pleine assurance pour vous annoncer, au prix de grandes luttes, l’Évangile de Dieu. Et quand nous vous exhortions, ce n’était pas avec des doctrines fausses, ni des motifs impurs, ni par ruse. En effet, pour nous confier l’Évangile, Dieu a éprouvé notre valeur, de sorte que nous parlons, non pas pour plaire aux hommes, mais à Dieu, lui qui met nos cœurs à l’épreuve. Jamais, nous n’avons eu un mot de flatterie, vous le savez, jamais de motifs intéressés, Dieu en est témoin ; jamais nous n’avons recherché la gloire qui vient des hommes, ni auprès de vous ni auprès d’autres personnes. Alors que nous aurions pu nous imposer en qualité d’apôtres du Christ, au contraire, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies, car vous nous étiez devenus très chers. Première lettre de Paul aux Thessaloniciens 2, 1-8 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
Les médias sociaux offrent des applications et du contenu apparemment gratuit. De fait, à part l’Amour et ce qui est inspiré par Lui, il n’y a rien de gratuit. Une citation du court-métrage Television Delivers People de Richard Serra et Carlota Fey Schoolman disait déjà en 1973 : « if something is free, you’re the product » (Si quelque chose est gratuit, vous êtes le produit). Le monde numérique, tout comme la télévision non payante avant lui, se finance en livrant ses utilisateurs aux plus offrants pour offrir à ces derniers la possibilité de nous pousser à consommer leurs produits. Ce qu’il y a de pernicieux et de particulièrement efficace dans le monde numérique est que celui-ci collecte des données personnelles sur ses utilisateurs, données qu’il revend ou dont il se sert pour envoyer des messages personnalisés nous incitant à adopter des comportements allant dans le sens souhaité par ceux qui paient ultimement la note. Pour parvenir à ses fins, le monde numérique valorise et flatte l’ego des personnes qui n’en viennent qu’à se voir elles-mêmes au détriment du bien commun et de l’amour prôné par les chrétiens authentiques, eux qui sont au service du Dieu qui est Amour. Si l’on prête attention au passage de la première lettre aux Thessaloniciens ci-dessus, on constate que la proposition chrétienne est à l’opposé de celle du monde numérique.
Nous parlons, non pas pour plaire aux hommes, mais à Dieu. Le numérique, pour sa part, ne cherche qu’à flatter notre ego et à rechercher notre satisfaction personnelle. Jamais, nous n’avons eu un mot de flatterie, vous le savez, jamais de motifs intéressés. Le numérique est tout sauf désintéressé : sa finalité ultime étant d’enrichir ceux qui le contrôlent et, collatéralement, ceux qui acceptent de lui payer tribut. Jamais nous n’avons recherché la gloire qui vient des hommes. Les médias sociaux sont fondés sur la recherche de gloire personnelle, la valeur ou l’attrait d’une personne se mesurant au nombre reçu de « likes » (mentions « j’aime »). Quand nous vous exhortions, ce n’était pas avec des doctrines fausses, ni des motifs impurs, ni par ruse. Dans le monde numérique, la fin justifie les moyens, les algorithmes utilisés n’ayant pour but que d’asservir ceux qui en font usage. Nous pourrions encore continuer sur l’opposition entre les valeurs chrétiennes et celles véhiculées par le monde numérique et à la racine même de celui-ci. Certains diront qu’il y a du contenu positif publié sur Internet. À ceux-là, j’opposerai la citation du livre Understanding Media: The Extensions of Man de Marshall McLuhan publié en 1964 : « The medium is the message » (Le medium est le message). Les médias sociaux, en ce qu’ils se fondent sur le moi, se nourrissent du moi, incitent à ne se soucier que du moi… entrent en contradiction avec les valeurs évangéliques découlant de l’Amour, un Amour qui requiert de sortir du moi pour aller vers les autres et Dieu et qui, seul, est à même de satisfaire la quête de bonheur de l’homme.
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
Je prends garde de me laisser influencer par les médias sociaux et de leur vendre mon âme en me concentrant sur ma propre personne plutôt que d’être tout entier tourné vers Dieu et le prochain à la suite de l’apôtre Paul : « Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies. »