Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
19 Août 2025 Parole du jour
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En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » Matthieu 20, 1-16 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
Il convient de préciser tout d’abord que le maître dont il s’agit dans la parabole est le Père céleste, Matthieu venant de rapporter au chapitre précédent les paroles de Jésus : « Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! » (Mt 19, 17). Quant au salaire dont il est question, il représente la vie éternelle. Pour toucher l’héritage de la vie éternelle, la seule chose qui importe c’est que, le soir venu, au moment de rendre notre dernier souffle, nous soyons trouvés en train de travailler à la vigne du Seigneur, en état d’aimer Dieu et notre prochain de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit (Mt 22, 37). Le Bon Larron, s’est vu promettre par Jésus, aux côtés duquel il était lui aussi crucifié, d’accéder au Royaume pour le seul motif qu’il s’est tourné vers Dieu avec amour avant de rendre son dernier souffle : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23, 43). Pour ce qui est de ceux qui voudraient « mériter » le Royaume, qui pensent s’acheter un coin de Paradis par leurs bonnes œuvres, ils devraient méditer sur ce que nul ici-bas ne peut atteindre la perfection de l’amour et, par conséquent, ne peut espérer se tenir en présence de Dieu par ses propres forces, si Dieu ne complète¸ en vertu de son infinie Miséricorde, ce qui lui reste à accomplir pour parvenir à ladite perfection. Ceux-là, donc qui pensent mériter, risquent de se faire dire comme aux ouvriers récriminateurs de la première heure : « Prends ce qui te revient, c’est-à-dire pas grand-chose et surtout pas l’accès au Royaume, et va-t’en (dans la géhenne).
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
En aucun temps, je ne considère mériter d’accéder au Royaume éternel ou le mériter plus qu’un autre. Comme Thérèse de Lisieux, je n’espère parvenir à la félicité éternelle qu’en vertu de l’infinie Miséricorde de Dieu : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé ! » Enfin, je me réjouirai avec le Seigneur que certains parviennent à accéder au Royaume, ne serait-ce que parce qu’ils se sont repentis et ont accepté à la toute dernière minute l’offre qui leur était faite d’œuvrer à sa vigne.