Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
5 Septembre 2025 Parole du jour
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En ce temps-là, les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! » Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. » Il leur dit aussi en parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” » Luc 5, 33-39 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
Accueillir et intégrer dans nos existences la vie nouvelle d’amour que nous propose Jésus dans les Évangiles requiert un changement radical de tout notre être, de nous décentrer de nous-mêmes pour fixer prioritairement notre attention sur Dieu et le prochain. Jésus a exprimé, dans sa discussion avec Nicodème, la radicalité du changement requis : « à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu » (Jn 3, 1-21). Tout amour authentique, qui est don total et désintéressé de soi, prend sa source en Dieu, qui est Amour. Cet amour est contraire aux inclinaisons de notre nature charnelle qui, elle, cherche d’abord et avant tout la satisfaction de ses besoins propres, d’où la tension entre le vieil homme et la nouveauté de l’amour attendu de nous. Pour franchir le pas de l’amour, il nous faut être renouvelés par Dieu comme Jésus l’a laissé savoir à Nicodème, à savoir par le pardon des péchés dans le sacrement de Réconciliation, symbolisé par l’eau, ainsi que par l’action de l’Esprit qui à la fois nous instruit de l’amour qui est attendu de nous et nous donne les moyens de le traduire en gestes concrets par le secours de sa grâce. Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : « C’est le vieux qui est bon. » Il nous en coûte de faire le pas de l’amour parce qu’il est rassurant de faire passer notre intérêt personnel en premier. Et pourtant, quand nous acceptons de faire ce pas, nous constatons qu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir, parce que nous tendons alors vers la fin pour laquelle nous avons été créés : l’Amour.
Les pharisiens et les scribes sont encore loin de renaître dans l’eau et dans l’Esprit. Ils se comparent et comparent les uns aux autres. Chaque personne est unique. Unique également est le chemin par lequel Dieu conduit chacun à l’Amour. Comparer, c’est faire obstacle à l’intervention personnalisée de l’Amour.
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
Je consens à faire le pas de l’amour qui me fera passer de l’homme ancien à l’homme nouveau. Je serai alors en mesure d’accueillir le vin nouveau de l’Esprit. L’Esprit est vraiment le vin nouveau de la parabole. À l’événement de la Pentecôte, certains de ceux qui observent les apôtres disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! » (Ac 2, 13).