Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
2 Octobre 2025 Parole du jour
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En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre. D’ailleurs, Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous lors du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non, jusqu’au séjour des morts tu descendras ! Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. » Luc 10, 13-16 Au Seigneur notre Dieu appartient la justice, mais à nous la honte sur le visage comme on le voit aujourd’hui : honte pour l’homme de Juda et les habitants de Jérusalem, pour nos rois et nos chefs, pour nos prêtres, nos prophètes et nos pères ; oui, nous avons péché contre le Seigneur, nous lui avons désobéi, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, qui nous disait de suivre les préceptes que le Seigneur nous avait mis sous les yeux. Depuis le jour où le Seigneur a fait sortir nos pères du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, nous n’avons pas cessé de désobéir au Seigneur notre Dieu ; dans notre légèreté, nous n’avons pas écouté sa voix. Aussi, comme on le voit aujourd’hui, le malheur s’est attaché à nous, avec la malédiction que le Seigneur avait fait prononcer par son serviteur Moïse, au jour où il a fait sortir nos pères du pays d’Égypte pour nous donner une terre ruisselant de lait et de miel. Nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, à travers toutes les paroles des prophètes qu’il nous envoyait. Chacun de nous, selon la pensée de son cœur mauvais, est allé servir d’autres dieux et faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur notre Dieu. Livre de Baruch 1, 15-22 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
Le chapitre dixième de l’Évangile de Luc commence par l’envoi en mission des disciples. En leur disant « celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé », Jésus indique explicitement que, par grâce, c’est l’Esprit Saint qui s’exprimera à travers eux, que c’est Lui qui sera l’agent effectif de la mission, de sorte que ceux qui n’écouteront pas leurs enseignements ou les écouteront sans les mettre en pratique, se déroberont à la Volonté de Dieu qui leur est expressément manifestée.
Wilfrid Stinissen dans son livre L’abandon dit au sujet de cet extrait de l’Évangile :
Dieu nous parle de l’extérieur et de l’intérieur. Il nous parle de l’extérieur par la Bible, qui est sa parole, et par l’Église, qui annonce sa parole. L’Église est le prolongement de l’Incarnation et a reçu de Jésus Lui-même l’assurance que, derrière ses paroles, c’est Lui qu’on trouve. « Qui vous écoute, M’écoute. Qui vous rejette, Me rejette. Qui Me rejette, rejette Celui qui M’a envoyé » (Lc 10, 16). Il faut toujours donner la préférence à cette volonté de Dieu qui vient de l’extérieur. S’il y a conflit entre ce que je ressens intérieurement comme étant la volonté de Dieu et ce que l’Église énonce comme étant la volonté de Dieu, c’est cette dernière que je dois choisir. Tout homme, il est vrai, doit vivre selon sa conscience, mais le propre de la conscience chrétienne est de se laisser former par la Bible et par l’Église. Pour un chrétien, l’Église est Mater et Magistra : il se laisse enseigner par elle.
Toute la Bible nous enseigne que nous avons besoin de guides extérieurs et objectifs pour nous indiquer les voies du Seigneur, car la recherche de notre intérêt personnel, consciente ou subconsciente, tend à altérer notre jugement et nous incline à nous détourner de la Volonté divine qui s’exprime dans le don désintéressé de nous-même par amour de Dieu et du prochain. C’est le constat que pose Baruch : « Nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, à travers toutes les paroles des prophètes qu’il nous envoyait. Chacun de nous, selon la pensée de son cœur mauvais, est allé servir d’autres dieux et faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur notre Dieu. » Comme Dieu veut notre bonheur et que ses préceptes ont été énoncés dans ce but, il n’est pas étonnant que le malheur plane au-dessus de la tête de ceux qui se dérobent à la Volonté divine : comme on le voit aujourd’hui, le malheur s’est attaché à nous, si ce n’est en cette vie, ce qui serait une grâce pour nous amener à nous détourner de notre conduite égoïste et ainsi aspirer à la vie éternelle, à tout le moins dans l’éternité.
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
J’écoute Dieu. Je ne me contente pas d’entendre la Parole de Dieu, je l’écoute, je m’efforce de la traduire en gestes concrets dans ma vie quotidienne, car « celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet » (Mt 7, 26-27). J’écoute Dieu à travers l’Église qu’Il a chargée d’annoncer sa Parole et d’en approfondir le sens afin d’éviter toute interprétation personnelle erronée. Enfin, je demande à l’Esprit Saint de me gratifier de ses dons pour discerner la Volonté de Dieu et me donner le courage et la force de la mettre en œuvre.