Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
15 Juin 2026 Parole du jour
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En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » Évangile de Matthieu 5, 38-42 Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris |
Le site lepoint.fr dit ceci à propos de la loi du talion :
Apparue en 1750 avant J.-C. dans le Code d’Hammourabi, texte de loi babylonien qui doit son nom au roi de Babylone d’alors, la loi du talion acte un progrès dans la notion de justice, puisqu’elle restreint la victime à une stricte réciprocité. « Le talion a d’abord contre lui de conserver, tout en les atténuant, les inconvénients essentiels de la vengeance : il l’autorise en effet en même temps qu’il la limite », observera, en 1936, le philosophe français Émile Baudin.
On la retrouve également mentionnée dans le livre de l’Exode : « Mais s’il arrive malheur, tu paieras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure » (Ex 21, 23-25).
Ce principe de justice réparatrice, si bien intentionné soit-il par l’imposition de limites à l’exercice de la vengeance des victimes, ne conduit malheureusement, la plupart du temps à l’escalade, l’agression initiale venant du sentiment, fondé ou non, de celui qui la commet d’avoir été lésé ou offensé de quelque manière et toute contre-attaque sera perçue comme un nouveau geste demandant une réparation additionnelle de l’autre partie. Si imparfaite que soit la loi du talion, nous observons des individus et des états qui, de nos jours encore, ne respectent même pas ce principe élémentaire de justice et cherchent à rendre au centuple le mal, réel ou prétendu, dont ils se disent victimes.
En la personne de Jésus Christ, Dieu vient instaurer un nouveau principe de justice : Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant. En cela, le Seigneur ne nous demande rien d’autre que ce qu’Il fait Lui-même : Amour, Il est miséricordieux. Si ce n’était de sa miséricorde, s’Il nous rendait selon nos actes, nul d’entre nous ne pourrait aspirer au Royaume éternel. Dans la réciprocité du bien, opposée à la réciprocité du mal, nous nous disposons à devenir bénéficiaires de la Miséricorde divine : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7).
Enfin, une méditation du père Jean-Marie Peticlerc sur le site rcf.fr donne une autre perspective à cet extrait de l’Évangile de Matthieu :
« Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. » Cette réponse de Jésus a fait couler beaucoup d’encre et reste sujette à bien des moqueries. Un père de famille me disait récemment, à propos de son fils qui venait de rentrer au collège : « Je ne vais quand même pas lui donner ce genre de conseil, car s’il agit ainsi, il risque de s’en prendre une deuxième. » Il m’a fallu du temps pour comprendre la signification d’un tel verset, et c’est un ami juif qui m’en a fait saisir la portée. Dans la culture rabbinique en effet, la joue droite est celle que l’on frappe du revers de la main, alors que la joue gauche est celle que l’on caresse avec la paume de la main.
Tendre l’autre joue, dans cette perspective, c’est de répondre à la violence par la douceur. « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt 5, 5).
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)
Je ne cherche pas à me faire justice moi-même. Je laisse la justice entre les mains de Dieu. À la suite de Jésus, j’intercède même en faveur de ceux qui me persécutent : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34), car ils ne sont pas conscients d’être des marionnettes entre les mains de l’Ennemi de Dieu et des hommes.