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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Coopération - Réciprocité - Pardon

 

 

Coopération – Réciprocité - Pardon

 

Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

 

Matthieu 6, 9-15

 

 

En cherchant des références sur la réciprocité du pardon, le moteur de recherche m’a aiguillé sur un article de Wikipédia dont j’ai reproduit le titre pour intituler mon mot du jour. Je vous en partage le contenu :

 

La stratégie Coopération-réciprocité-pardon, plus connue sous le sigle CRP (traduite de Tit-for-Tat (TFT) en américain) ou « Win-Win » qui se résume mieux par « donnant-donnant » que la traduction littérale « gagnant-gagnant », a d’abord été formalisée par le biomathématicien, psychologue et philosophe Anatol Rapoport.

 

En 1974, Anatol Rapaport grâce à des études théoriques et empiriques (en partie avec A.M. Chammah), et deux tournois gagnés en 1979, déduit l'idée que la manière la plus « efficace » de se comporter vis-à-vis d'autrui était :

            1. La coopération.

            2. La réciprocité.

3. Le pardon.

 

C'est-à-dire que lorsqu'un individu ou un groupe rencontre un autre individu ou groupe, il a tout intérêt à proposer dans un premier temps l'alliance.

 

Ensuite il importe, selon la règle de réciprocité, de donner à l'autre en fonction de ce que l'on en reçoit. Si l'autre aide, on l'aide ; si l'autre agresse, il faut l'agresser en retour, au coup suivant, de la même manière et avec la même intensité.

 

Enfin il faut pardonner et offrir de nouveau la coopération.

 

En 1979, Robert Axelrod, professeur de sciences politiques, organisa un tournoi entre logiciels autonomes capables de se comporter comme des êtres vivants. Une seule contrainte : chaque programme devait être équipé d'un sous programme de communication lui permettant de discuter et d'interagir avec ses voisins.

 

Robert Axelrod reçut 14 disquettes de programmes envoyés par des collègues universitaires également intéressés par ce tournoi. Chaque programme édictait des lois différentes de comportement (pour les plus simplistes, deux lignes de code de conduite, pour les plus complexes, une centaine), le but étant d'accumuler le maximum de points. Certains programmes avaient pour règle d'exploiter au plus vite leurs voisins, de s'emparer par la force ou la ruse de leurs points, puis de changer rapidement de partenaires pour poursuivre cette accumulation de points. D'autres essayaient de se débrouiller seuls, gardant précieusement leurs points et fuyant tout contact avec ceux susceptibles de les voler. Des règles stipulaient : « Si l'autre est hostile, l'avertir qu'il doit modifier son comportement puis procéder à une punition. » Ou encore : « Coopérer puis obtenir des défections-surprise provoquées par un système aléatoire. » Chaque programme fut opposé 200 fois à chacun des autres concurrents. Celui d'Anatole Rapaport, équipé du comportement CRP (Coopération-Réciprocité-Pardon), battit tous les autres.

 

Encore plus fort, le programme CRP, placé cette fois au milieu des autres en vrac, s'avéra au début perdant devant les programmes voleurs agressifs, mais finit par être victorieux puis même « contagieux », au fur et à mesure qu'on lui laissait du temps. Les programmes voisins, constatant qu'il était le plus efficace pour accumuler des points, alignèrent en effet leur attitude sur la sienne.

 

Quel rapport y a-t-il avec la prière du Notre Père ?

 

Cette prière nous invite à la coopération, à être solidaires. Il n’est jamais question du « je » mais du « nous » à commencer par les premiers mots : Notre Père. Nous sommes sous enfants d’un même Père. Toutes les demandes sont faites à titre collectif et non individuel : donne-nous… remets-nous… ne nous soumets pas…

 

La réciprocité y est aussi évoquée mais est portée à un niveau supérieur : nous devons réciprocité à l’autre non en fonction de son attitude à notre égard mais en fonction de ce que nous avons reçu de Dieu ou espérons de Lui : Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.

 

Cette réciprocité, c’est d’abord et avant tout dans le pardon, le geste d’amour par excellence, qu’elle se manifeste : Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

 

Si Coopération – Réciprocité – Pardon s’avère une stratégie gagnante sur le simple plan humain, à plus forte raison le sera-t-elle au plan spirituel. Pouvons-nous espérer, de plus, la même contagion à long terme que le programme de Rapoport et voir les autres aligner leur attitude sur la nôtre et « en gagner le plus grand nombre » (1 Co 9, 19) pour que survienne la civilisation de l’amour.

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