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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Paraboles du Royaume

 

 

Paraboles du Royaume

 

Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches.

 

Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé.

 

Marc 6, 2-6

 

 

Elles sont bien énigmatiques ces paraboles qui parlent du Royaume comme quelque chose de bien petit, insignifiant même, qui prend de l’expansion entraînant le reste avec lui (le levain qui fait lever la pâte). Plutôt que de les considérer sous l’aspect théorique, nous les aborderons du point de vue de deux de ses serviteurs émérites qui ont été nos contemporains : Mère Teresa et Thérèse de Lisieux. La parabole de la graine de moutarde s’applique particulièrement bien à la première alors que l’action de la seconde, bien qu’enfouie dans le carmel de Lisieux, a eu un retentissement dans le monde entier et largement après sa mort.

 

Le point de départ de la vocation de mère Teresa, outre son grand amour de Dieu, se trouve dans sa sensibilité, à l’image du bon Samaritain (Lc 10, 25-37), aux besoins des plus démunis : Elle arrive à Calcutta en 1929 ; elle y est très vite choquée par l'extrême pauvreté, elle écrit ses impressions à un journal catholique de son village : « Si les gens de nos pays voyaient ces spectacles, ils cesseraient de se plaindre de leurs petits ennuis » (wikipedia.org). Elle écrira plus tard : « L'extrême pauvreté vide progressivement l'homme de son humanité ». Ce souci des pauvres deviendra une vocation lorsqu’elle ressent un appel particulier de Dieu à s’occuper d’eux : Le 10 septembre 1946, au cours d'un voyage en train de Calcutta à Darjeeling où a lieu la retraite annuelle de sa communauté, elle reçoit ce qu'elle appelle « l'appel dans l'appel ». Pendant qu'elle essaye de dormir : « Soudain, j'entendis avec certitude la voix de Dieu. Le message était clair : je devais sortir du couvent et aider les pauvres en vivant avec eux. C'était un ordre, un devoir, une certitude. Je savais ce que je devais faire mais je ne savais comment ». Mère Teresa ajoute que cette expérience est celle de l'amour de Dieu, qui veut aimer mais aussi être aimé. Elle exprime cette expérience beaucoup plus tard dans une lettre en 1993 revenant sur cette expérience du 10 septembre, en affirmant que Dieu a soif de nous: « Si vous devez retenir quelque chose de la lettre de Mère, retenez ceci : “J'ai Soif” est bien plus profond que Jésus vous disant “Je vous aime”. Tant que vous ne savez pas au plus profond de vous que Jésus a soif de vous, vous ne pouvez pas savoir qui il veut être pour vous. Ou qui il veut que vous soyez pour lui » (wikipedia.org). Avec des moyens dérisoires mais une profonde foi en Dieu, elle s’attaque à la misère humaine. Le manque de moyens face à l’ampleur de la tâche ne devrait jamais nous arrêter selon ses propres paroles : « Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais si nous n’existions pas cette goutte d’eau manquerait à l’océan ».

 

Mère Teresa est la graine de moutarde que Dieu a semée dans le champ de l’humanité. Plus petite de toutes les semences, humble religieuse sans ressources, son œuvre a poussé et est devenu un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. Au moment de la mort de mère Teresa en 1997, l’œuvre qu’elle avait débutée seule en 1949 comptait environ 4000 sœurs établies dans 610 fondations réparties dans 123 pays du monde. Mère Teresa n’était pas seule et ne le demeure pas. Nous sommes tous appelés à manifester quelque chose de l’amour de Dieu dans le monde, à œuvrer à ce que survienne dès cette vie, même si ce n’est que de façon imparfaite, ce Royaume que nous espérons pour l’éternité, et beaucoup y répondent généreusement dans l’anonymat. Mais leurs efforts ne sont pas perdus pour autant : « ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6, 4.6.18).

 

D’autres sont appelés à contribuer à l’avènement du Royaume, non par leurs actions ou leurs œuvres, mais plutôt par leurs prières et l’offrande de leur personne (les personnes malades ou souffrant d’un handicap appartenant notamment à cette dernière catégorie). Leur apport n’est pas moins essentiel que celui des premiers et n’en reçoit pas moins de considération de Dieu, Jésus en parlant comme étant la « meilleure part » dans sa discussion avec Marthe et Marie : « Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses; pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée » (Lc 10, 41-42). Ces personnes, par l’offrande d’elles-mêmes et leurs prières, constituent le levain inséré en toute discrétion dans la farine du monde dont l’action (l’inaction apparente) fait lever la pâte de l’humanité, lui permet de tendre vers son Dieu en en soutenant les efforts de façon discrète mais non moins concrète. Thérèse de Lisieux appartient à cette deuxième catégorie, elle dont l’Église a reconnu l’apport en en faisant la patronne des missions en dépit du fait qu’elle n’ait jamais quitté son Carmel. Elle aussi est convaincue de l’insignifiance de sa contribution mais affirme avec foi que cela ne constitue pas une excuse valable pour ne pas faire ce qui est à notre portée, cela se révélerait-il futile, Dieu se laissant vaincre par notre bonne volonté : « Vous me faites penser au tout petit enfant qui commence à se tenir debout, mais ne sait pas encore marcher. Voulant rejoindre sa mère au haut d'un escalier, il lève son petit pied pour monter la première marche. Peine inutile! Il retombe toujours sans pouvoir avancer. Eh bien, consentez à être ce petit enfant. Par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l'escalier de la Sainteté. Vous n'arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté. Bientôt, vaincu par vos efforts inutiles, il descendra lui-même, et, vous prenant dans ses bras, vous emportera pour toujours dans son royaume ».

 

Il n’y a pas de contribution insignifiante à l’avènement du Royaume de Dieu, ne serait-ce que supporter avec patience ses propres limites ou celles des autres et offrir le tout à Dieu par amour pour Lui ne demeurant pas sans récompense. Nous sommes tous appelés à être graine de moutarde ou levain, ou même les deux, à différentes époques de nos vies. À nous d’y répondre généreusement à l’image de Mère Teresa et de Thérèse de Lisieux.

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