Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
2 Août 2016 Parole du jour
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Recueillir les grâces qui se perdent
En ce temps-là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.
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Ce texte nous donne à contempler l’acuité spirituelle d’une Cananéenne. D’abord, son humilité et sa persévérance : elle poursuit Jésus de ses cris : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! », « Seigneur, viens à mon secours ! ». Elle reconnaît son impuissance et demande sans relâche le secours du Seigneur. Nous remarquons ensuite sa foi, elle ne se laisse pas démonter par le refus apparent du Seigneur de la secourir : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens », foi que Jésus ne manque pas de dénoter : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! ». Remarquable est la réponse qu’elle adresse à Jésus : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Jésus appelle enfants ceux qui sont de la maison d’Israël, la Cananéenne les appelle, en toute humilité, maîtres, ce qui est exact car ils nous ont précédés dans la foi. Plus encore, elle perçoit qu’ils font peu de cas des grâces mises à leur disposition et se propose pour les recueillir, encore une fois en toute humilité, se comptant au rang de petit chien, donc indigne de telles grâces. Grande est l’humilité de cette dame, grande également sa foi, les deux allant de pair : celui qui reconnaît l’existence d’un Dieu qui le dépasse infiniment, ne peut se sentir qu’infiniment petit face à Lui. Quant à la nécessité de recueillir les grâces qui se perdent, à la suite de la Cananéenne, André Daigneault, dans son livre Le torrent de Feu, l’Amour au cœur de notre pauvreté p.55 cite P. T. Philippe à ce sujet :
« Il nous faut demander à Dieu de recevoir les grâces qui se perdent. Le pardon et le salut des pécheurs dépendent des âmes contemplatives. Si nous sommes là, pour l’appeler dans une douce invocation, comme l’ami dont l’amour se fait suppliant, dans la même mesure Notre Seigneur pardonnera aux pécheurs. Il faut des âmes d’oraison, il faut supplier le Seigneur pour Lui demander de nous donner ces grâces que le monde refuse. Quand Dieu est le plus parcimonieux de biens naturels, c’est qu’il veut nous donner plus de biens surnaturels. Ces grâces refusées, ces grâces qui se perdent, demandons à Dieu de les déverser sur nous. Restons par la prière près de Notre Seigneur, c’est ainsi que nous attirerons la miséricorde sur le monde. » (Triduum marial, Monastère de la Croix, 1950)
Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? (Lc 10, 25)
À la suite de la Cananéenne, je demande ardemment au Seigneur qu’Il me laisse recueillir les grâces qui se perdent par insouciance ou, pire, refus, afin de les récupérer pour les mettre au service du salut de ceux dont la conduite pécheresse les disqualifierait de recevoir ces cadeaux de prix inestimable. Je compte ainsi attirer la miséricorde sur le monde, particulièrement en cette année qui lui est dédiée.