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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Défi éthique de la gouvernance - Créer un milieu de vie stimulant

Créer un milieu de vie stimulant

« Le travail humain possède aussi une dimension sociale intrinsèque. »[1]  L’une des principales tâches du gestionnaire consiste à œuvrer à la mise ne place d’un environnement de travail qui favorise des relations interpersonnelles non seulement harmonieuses mais fructueuses, où les uns et les autres s’enrichiront mutuellement par la mise en commun de leurs richesses respectives permettant au tout de dépasser la somme des contributions individuelles. 

Dans son encyclique Centesimus Annus, Jean-Paul II a reconnu l’importance grandissante du facteur social dans le travail :

En notre temps, le rôle du travail humain devient un facteur toujours plus important pour la production des richesses immatérielles et matérielles ; en outre, il paraît évident que le travail d'un homme s'imbrique naturellement dans celui d'autres hommes. Plus que jamais aujourd'hui, travailler, c'est travailler avec les autres et travailler pour les autres : c'est faire quelque chose pour quelqu'un. Le travail est d'autant plus fécond et productif que l'homme est plus capable de connaître les ressources productives de la terre et de percevoir quels sont les besoins profonds de l'autre pour qui le travail est fourni.[2]

De grands pas ont été effectués en quelques décennies pour reconnaître l’interdépendance des divers acteurs tant à l’extérieur de l’entreprise (clients, fournisseurs) qu’à l’intérieur de celle-ci, chaque intervenant dépendant du travail d’un autre pour accomplir le sien et, inversement quelqu’un d’autre dépendant de son travail à lui. Aussi la notion de qualité a-t-elle évoluée de l’inspection à la fin d’un processus à la responsabilisation des employés à chacune des étapes par un conscientisation des impacts d’une mauvaise qualité de ce que chacun fait aura sur les autres qui le suivront dans la chaîne. Alors que les relations avec les clients et les fournisseurs constituaient le fait de personnes spécialisées dans les achats et la vente, les contacts avec l’extérieur de l’entité administrative et/ou de l’entreprise sont de plus en plus généralisés. Cela est, à n’en pas douter une source de stimulation importante pour ceux qui ont l’opportunité de voir la finalité de leur contribution. Cela n’est pas sans rappeler la fable attribuée à l’écrivain Charles Peguy où trois tailleurs de pierre sont interrogés sur leur travail. Alors que le premier répond qu’il casse des pierres, le second dit subvenir aux besoins de sa famille, le dernier affirme fièrement bâtir une cathédrale. Eh bien ! Le gestionnaire qui favorise les contacts directs de ses subordonnés avec l’extérieur fait d’eux des bâtisseurs de cathédrales.

Le travail est un milieu social et la contribution des employés aux résultats ne se limite pas, comme le laisse croire une société hantée par la productivité, à un volume de biens produits ou de services rendus. Il arrive que certains employés apparemment moins productifs contribuent tout autant, sinon plus, au succès de l’équipe en raison d’habiletés sociales qui  rendent le milieu de travail plus agréable pour tous les intervenants tant à l’intérieur de groupe que dans les relations avec les entités qui lui sont externes, notamment les fournisseurs et les clients. Le gestionnaire chrétien sera particulièrement attentif et reconnaissant de l’apport de ces personnes, lui dont la foi le conduit à établir des relations fondées sur l’amour plutôt que sur le pouvoir. Le manque de reconnaissance de l’apport au plan humain de certains membres groupe peut mener si celui-ci conduit au départ ou au congédiement de ceux-ci, à la désintégration de l’équipe, ceux qui restent perdant le plaisir d’en faire partie.

L’honnêteté du chef  eu égard à la performance des employés sous sa gouverne constitue un facteur important de motivation pour les membres de l’équipe. Il est important de reconnaître tant les bons coups que les erreurs commises. Si la reconnaissance des premiers peut se faire publiquement, il est hautement préférable de suivre les consignes de Jésus sur la correction fraternelle pour les secondes : « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins… »[3]  Il importe que le personnel sous la charge du gestionnaire connaisse l’heure juste sur sa performance, recevoir des félicitations contribuant à maintenir l’estime de soi nécessaire au maintien de bonnes relations et une critique constructive et juste constituant le point de départ d’efforts d’amélioration continue.

 

[1] Conseil pontifical « Justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 273

[2] Jean-Paul II, Centesimus annus, 31

[3] Mt 18, 15-18

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