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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Martyre

 

 

Martyre

 

La mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. »

 

Matthieu 20, 20-23

 

 

Mourir pour Dieu en raison de sa foi est rarement un geste héroïque ou insensé posé sur l’impulsion du moment. C’est l’aboutissement d’un long processus de renoncement à soi-même, à sa volonté propre pour laisser agir l’Esprit de Dieu en soi. Grégoire le Granddistingue d’ailleurs deux sortes de martyre : le martyre en esprit et le martyre en acte, le premier précédant normalement le second et n’étant pas moins méritoire que ce dernier, « Notre Père qui voit dans le secret nous le rendra » (Mt 6, 4.6.18) assurément, d’autant plus que cela est caché aux yeux des hommes et vu de Lui seul. Le siècle dernier a vu des millions de martyres donner leur vie en raison de leur foi en Dieu sous le joug des régimes totalitaires. Nous pouvons être assurés qu’il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg, la partie visible de tous ceux ayant sacrifié leur vie pour Dieu, un nombre plus grand encore ayant dû subir les persécutions, les moqueries et les outrages en raison de leur foi et ce, même (surtout ?) dans des pays dits « libres ».

 

Pour votre bénéfice, j’ai joint ci-après le texte de Grégoire le Grand, tel que publié sur le site http://www.levangileauquotidien.org/ :

 

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église

Homélies sur l'Évangile, n°35 (trad. Le Barroux)

 

      Puisque nous célébrons aujourd'hui la fête d'un martyr, mes frères, nous devons nous sentir concernés par la forme de patience qu'il a pratiquée. Car si nous nous efforçons avec l'aide du Seigneur de garder cette vertu, nous ne manquerons pas d'obtenir la palme du martyre, bien que nous vivions dans la paix de l'Église. C'est qu'il y a deux sortes de martyres : l'un consistant en une disposition de l'esprit, l'autre joignant à cette disposition de l'esprit les actes extérieurs. C'est pourquoi nous pouvons être martyrs même si nous ne mourons pas exécutés par le glaive du bourreau. Mourir de la main des persécuteurs, c'est le martyre en acte, dans sa forme visible ; supporter les injures en aimant celui qui nous hait, c'est le martyre en esprit, dans sa forme cachée.

 

      Qu'il y ait deux sortes de martyres, l'un caché, l'autre public, la Vérité l'atteste en demandant aux fils de Zébédée : « Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ? » Ceux-ci ayant répliqué : « Nous le pouvons », le Seigneur répond aussitôt : « Mon calice, vous le boirez en effet ». Que devons-nous comprendre par ce calice, sinon les souffrances de la Passion, dont il dit ailleurs : « Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi»? (Mt 26,39) Les fils de Zébédée, à savoir Jacques et Jean, ne sont pas morts pas tous les deux martyrs, et pourtant il leur a été dit à tous deux qu'ils boiraient le calice. En effet, bien que Jean ne soit pas mort martyr, il l'a été cependant, puisque les souffrances qu'il n'avait pas subies dans son corps, il les a éprouvées dans son esprit. Il faut donc conclure de cet exemple que nous pouvons nous aussi être martyrs sans passer par le glaive, si nous conservons la patience dans notre âme.

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