Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
15 Janvier 2012 Parole du jour
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Comparer
Comme les disciples de Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? »
Marc 2, 18
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Le jeu des comparaisons est un jeu dangereux en ce qu’il implique un jugement et, qui plus est, un jugement fondé sur des apparences. Toute comparaison est nécessairement injuste car il n’y a pas deux situations identiques et que bien souvent le jugement porté le sera de notre perspective qui ne peut avoir qu’une connaissance partielle de la situation des autres. Pire, nous ne voulons trop souvent voir que ce qui fait notre affaire et la comparaison ne sert qu’à justifier notre conduite ou nos demandes.
Jésus commence donc sa réponse en faisant voir à ses interrogateurs que la situation de ses disciples est différente de celle de Jean Baptiste ou des pharisiens : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l'Époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront » (Mc 2, 19-20). Le but du jeûne est de rapprocher de Dieu, la pensée de celui qui s’y soumet pour des motifs religieux se portant instinctivement vers son Dieu toutes les fois que la faim se fait ressentir au cours de sa journée. Puisque les disciples sont en compagnie du Fils de Dieu, le jeûne est inutile pour eux tant qu’ils vivront auprès de Lui.
La deuxième partie de la réponse laisse entrevoir que le monde est à un point tournant de l’histoire du salut et que la perception de ce qu’il faut faire pour être agréables à Dieu est sur le point de changer. Un commandement nouveau, qui inclut tous les autres, est en voie de s’imposer : « Je vous donne un commandement nouveau: vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 34-35). Il faudra désormais aux spirituels être dociles aux inspirations de l’Esprit d’Amour, ce qui implique même de dépasser les exigences de la Loi ancienne, pour être agréables à Dieu. Cette exigence de l’amour d’aller au-delà du minimum requis (par la Loi) est figurée par la pièce neuve qui fera déchirer davantage le vieux vêtement reprisé. Quant au vin nouveau c’est l’Esprit de Dieu qui doit être accueilli dans les outres neuves que sont les cœurs aimants en opposition aux vieilles outres que sont les mentalités légalistes (Mc 2, 21-22). On notera qu’il s’agit seulement d’une perception, l’exigence de l’amour ayant toujours été bien présente malgré que l’emphase ait été mise sur les moyens au détriment de la fin qui était l’amour : « Tu ne voulais sacrifice ni oblation, tu m'as ouvert l'oreille, tu n'exigeais holocauste ni victime, alors j'ai dit: Voici, je viens » (Ps 40, 7-8) « Vous circoncirez votre cœur » (Dt 10, 16).