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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Intercession

 

 

Intercession

 

Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. » Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ? Pourquoi donner aux Égyptiens l'occasion de dire : 'C'est par méchanceté qu'il les a fait sortir ; il voulait les exterminer dans les montagnes et les balayer de la surface de la terre' ? Reviens de l'ardeur de ta colère, renonce au mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' » Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.

 

Exode 32, 9-14

 

 

Moïse se fait dire par Dieu : « Laisse-moi faire… » C’est dire tout le poids que Moïse a auprès de Dieu ! Il peut souscrire au projet que le Seigneur lui présente ou retenir le bras de sa justice. Ce n’est pas rien ! Au surplus, il a la certitude d’échapper au jugement et se voit offrir la possibilité de devenir un nouveau point de départ comme Noé. Combien se seraient gonflés d’orgueil d’avoir été ainsi élus et seraient demeurés insensibles au sort de leurs semblables ? Pas Moïse ! Il se dresse sur la brèche et entreprend une vibrante plaidoirie en faveur de ceux-là même qui se sont détournés de Dieu en appelant à la divine miséricorde et à la fidélité de Dieu à l’Alliance conclue avec les Pères. En cela Moïse manifeste que l’Esprit de Dieu l’animait car, l’Amour étant le Principe, on ne se sauve pas seuls mais en groupe, en Église, alors que l’on accède en solitaire à la voie de la perdition notamment par la satisfaction de son égoïsme.

 

En cela, Moïse préfigure Jésus que le catéchisme présente comme l’unique Intercesseur :

 

L’intercession est une prière de demande qui nous conforme de près à la prière de Jésus. C’est Lui l’unique Intercesseur auprès du Père en faveur de tous les hommes, des pécheurs en particulier (cf. Rm 8, 34 ; 1 Jn 2, 1 ; 1 Tm 2, 5-8). Il est " capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur " (He 7, 25). L’Esprit Saint lui-même " intercède pour nous... et son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu " (Rm 8, 26-27) (CEC 2634)

 

C’est ce que Jésus dit de lui-même : « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 17). L’attitude authentiquement chrétienne consiste donc à s’abstenir de juger les autres mais, au contraire, à l’image du Christ et de Moïse, à se tenir sur la brèche et à intercéder en leur faveur dans l’espoir qu’ils se détournent de leur conduite mauvaise, s’il y a lieu, retournement qui est toujours cause d’une grande joie pour le cœur du Père des cieux : « C'est ainsi, je vous le dis, qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de repentir » (Lc 15, 7).

 

Il est des personnes qui souhaitent voir arriver la fin des temps. Faut-il constater que de vouloir abréger l’échéance, raccourcir le temps de grâce à notre disposition, est présomptueux, ceux qui pensent de la sorte ne pouvant que se croire eux-mêmes sauvés sans quoi ils s’emploieraient à négocier de repousser la fatidique échéance à l’instar du débiteur qui n’est pas en mesure d’honorer ses obligations de remboursement de sa dette. Une telle attitude est aux antipodes de celle de Moïse et de Jésus et s’apparente beaucoup plus à celle du pharisien qui priait en compagnie du publicain : « Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain… » (Lc 18, 11). Faisons-nous partie de ceux qui sont tentés de la sorte, méditons sur la conclusion de Jésus : « Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non. Car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé » (Lc 18, 14). Imitons notre père Abraham qui a demandé à Dieu d’épargner une ville entière même s’il n’y trouvait que dix justes (Gn 18, 16-33). Moïse, lui-même, confirmé comme juste par Dieu, n’a pas osé laisser le bras de Dieu exercer sa justice. De quel droit quelqu’un pourrait-il souhaiter voir s’exercer la justice de Dieu alors que les plus grands prophètes se sont employés de toutes leurs forces à retenir ce bras qui n’attend qu’un juste se dresse pour intercéder pour ses contemporains et offrir ainsi une opportunité à la Miséricorde de se manifester ?

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