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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Pardonner sans limite

 

Pardonner sans limite

 

Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.  

 

Matthieu 18, 21-22

 

 

L’acte de pardonner est ce qui nous rapproche le plus de Dieu. À la base, pardonner n’est pas humain mais divin. En effet, le mouvement premier de la chair blessée est de réclamer vengeance ou, à tout le moins, compensation pour le tort subi. Rien de tel en Dieu ! Il est constamment en quête de notre amour, prêt à nous combler du sien, pour peu que nous Lui ouvrions, que dis-je !, que nous Lui entrebâillions la porte de notre cœur : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3, 20). Jésus lui-même dit : « C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9, 13). Les scribes et les pharisiens étaient dans la vérité lorsqu’ils disaient : « Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » (Lc 5, 21). Cela, évidemment, avant que Jésus n’en délègue l’autorité à ses disciples et leurs successeurs grâce à l’action de l’Esprit Saint dans le sacrement de réconciliation : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus » (Jn 20,  22-23).

 

À Pierre qui lui demande s’il faut pardonner un nombre considérable de fois (le chiffre 7 symbolisant un grand nombre), Jésus répond infiniment : jusqu'à soixante-dix fois sept fois. Et Jésus de poursuivre dans l’Évangile de Matthieu avec la parabole du débiteur impitoyable qui, après s’être fait remettre une dette considérable par son maître, se tourne vers celui qui lui devait  une somme négligeable, eu égard à la somme pour laquelle lui-même était préalablement redevable, et se montre sans pitié envers ceux-ci, en exigeant de ce dernier le paiement intégral et immédiat de son dû (Mt 18, 23-30). À toutes les fois que nous refusons de pardonner les maux causés par autrui alors que nous demandons à Notre Père des cieux de nous pardonner nos offenses, le prophète Natân pourrait nous dire comme à David: "Cet homme, c'est toi! » (2 S 12, 7). C’est d’ailleurs la conclusion donnée par Jésus à la parabole : « Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé. C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. » (Mt 18, 34-35).

 

Certains objecteront que cela est au-dessus de leur force de pardonner certains actes qui les ont blessés profondément. Et ils ont raison ! Que faire alors ? Recourir à l’aide de Dieu de qui origine tout pardon. Comment ? En affirmant leur désir de pardonner et en Lui demandant à travers le sacrement de réconciliation de venir pardonner en eux l’offenseur, de les rendre aptes par sa grâce à pardonner dans l’esprit de la phrase célèbre d’Augustin d’Hippone : « Seigneur, donne-moi la force de faire ce que tu me demandes et puis, demande-moi ce que tu veux ». C’est infaillible ! Une personne offensée profondément durant des années ayant suivi ce conseil m’a rapporté avoir expérimenté une grande libération et « se sentir comme un petit oiseau s’envolant vers le ciel »

 

Enfin, d’autres objecterons qu’il ne leur appartient pas de pardonner un mal qui ne leur a pas été occasionné directement. C’est le cas, entre autres, des Juifs qui disent ne pas pouvoir pardonner aux bourreaux de l’holocauste n’en ayant pas été les victimes directes. Si un tel raisonnement se tient, il n’en demeure pas moins que tous les membres de la communauté juive ont été affectés par de tels gestes et ont subi des blessures, ne serait-ce qu’en raison de leur appartenance à la même race. S’ils ne peuvent pardonner le tort direct subi par les victimes directes, est-il en leur pouvoir de pardonner les blessures qu’eux-mêmes ont ressenties par proximité de celles-ci. À une échelle beaucoup moindre, c’est également notre cas lorsque nous en « voulons » à ceux qui s’en s’ont pris à des proches, parents, amis, collègues… Si nous devons pardonner sans restriction le mal qui nous est directement causé, à plus forte raison celui qui ne nous touche que par association !

 

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