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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Se laisser emporter par le flot

 

Se laisser emporter par le flot

 

En passant, Jésus aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.

 

Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.

 

Marc 2, 14.17

 

 

Parfois, il y a plus de grandeur à attendre que le flot vous emporte qu'à se débattre contre le courant (Jacques Attali).

 

La grâce passe dans la vie de Lévi et l’interpelle : Suis-moi. Lévi ne lui oppose aucune résistance. Il se lève aussitôt et suit Jésus. Lévi ne se défile pas. Il ne cherche pas d’excuses pour reporter à plus tard l’heure du choix. Pourquoi n’oppose-t-il aucune résistance aux flots de la miséricorde qui font irruption dans son existence ? Parce qu’il ne doit pas se sentir bien dans son rôle actuel de collecteur d’impôts. Il attend peut-être depuis longtemps assis à son bureau de publicain que quelqu’un ou quelque chose vienne le tirer du marasme dans lequel il se trouve, vienne le guérir de ce mal-être de l’âme qu’il ressent. Bref, Lévi est un malade en attente de guérison, un patient.

 

Survient Jésus qui dit ne pas être venu appeler les justes, mais les pécheurs. Comme nous sommes tous pécheurs, nul n’étant bon que Dieu seul (Mc 10, 18), l’appel ne saurait exclure personne. C’est l’accueil que nous réservons à cet appel qui fait toute la différence, seuls les malades reconnaissant avoir besoin de médecin étant disposés à se soumettre aux directives de ce dernier. À preuve de ceci, le récit du jeune homme riche qui affirme avoir observé les commandements de Dieu depuis sa jeunesse, se croyant conséquemment juste, qui, lorsqu’appelé lui aussi par Jésus, a une réaction opposée à celle de Lévi : « Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. Et il lui dit: "Une seule chose te manque: va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel; puis, viens, suis-moi." Mais lui, à ces mots, s'assombrit et il s'en alla contristé, car il avait de grands biens » (Mc 10, 20-22). Pour se laisser emporter par le flot de la grâce qui passe, il nous faut reconnaître être du bois mort en attente que le flot nous emporte, les arbres bien portants se débattant contre le courant car bien enracinés dans le terreau de leurs habitudes.

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