Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
29 Mai 2012 Parole du jour
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Servir
Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Marc 10, 42-45
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Ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Le monde est une jungle et ceux qui vivent selon son esprit s’engagent dans des relations de pouvoir, essaient d’établir un rapport de force pour obtenir satisfaction de leurs désirs : chantage, menaces, trafic d’influence, grève, corruption… tout y passe, la fin justifiant les moyens. Les sociétés vivant selon cet esprit s’engagent sur la voie de la déchéance car elles connaissent la division, pour ne pas dire la fragmentation, ses membres se regroupant en fonction d’intérêts corporatistes divergents qui en viennent inévitablement à s’opposer. Or, si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume-là ne peut subsister. Et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne pourra se maintenir. (Mc 3, 24-25). Les gains obtenus par un groupe deviennent rapidement des droits acquis immuables. Lentement, une nation gouvernée par les rapports de force s’engage dans la voie de l’immobilisme car le changement dérange un plus grand nombre de personnes que celles qui y voient un avantage et la masse se lie entre elle pour y faire obstacle. John Fitzgerald Kennedy, peut-être en raison de ses origines catholiques, avait pressenti les dangers d’un tel état d’esprit et avait galvanisé son peuple par sa célèbre déclaration : « ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ». Il se situait directement dans la pensée de Jésus lorsqu’il invitait clairement ses concitoyens à servir plutôt qu’à se servir ou à se faire servir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Ceux qui souhaitent vivre selon l’Esprit de Dieu doivent chercher à éviter de s’engager dans des relations de pouvoir car ces dernières sont contraires à l’amour qui est attendu d’eux. L’amour étant don, ils doivent se préoccuper davantage, pour ne pas dire exclusivement, de ce qu’ils peuvent faire pour les autres que l’inverse : Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous. En cela nous avons un modèle, Jésus Christ, le Fils de l'homme, le Verbe incarné, qui de par sa nature divine était en droit de se faire servir, a joint les actes à la parole, n'étant pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude, sa mission étant de manifester la nature de Dieu qui est Amour, amour qui est don gratuit de soi-même. Certains objecteront qu’il s’agit là d’une recette pour être malheureux. Certes pas ! Il y a une joie propre à l’acte du don et qui plus est, une joie inaliénable car on ne peut nous enlever ce qui est donné et qu’au surplus nous satisfaisons là notre vocation à l’amour, la finalité de notre être prévue par le Créateur.