Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
23 Janvier 2013 Parole du jour
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Voici, je viens
Tu ne voulais sacrifice ni oblation, tu m'as ouvert l'oreille, tu n'exigeais holocauste ni victime, alors j'ai dit: Voici, je viens. Au rouleau du livre il m'est prescrit de faire tes volontés; mon Dieu, j'ai voulu ta loi au profond de mes entrailles. J'ai annoncé la justice de Yahvé dans la grande assemblée; vois, je ne ferme pas mes lèvres, toi, tu le sais.
Psaume 40, 7-11
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Tu ne voulais sacrifice ni oblation… tu n'exigeais holocauste ni victime. Le peuple juif offrait des cadeaux à Dieu afin d’entrer en relation avec Lui, afin de Le bien disposer à son égard et obtenir ainsi éventuellement quelque faveur de sa part. Le peuple juif marchandait son adhésion à Dieu comme le font encore, hélas, certaines personnes de nos jours : « Dieu, si tu me guéris, si tu fais ceci ou cela pour moi, je m’engage en retour à … ». Parfois elles prennent même les devants : « Dieu, j’ai fait cela pour Toi, maintenant c’est à ton tour de me retourner l’ascenseur et de faire quelque chose pour moi… » C’est la loi du donnant-donnant : je te donne et tu me donnes. Ce vil marchandage s’apparente davantage à une relation commerciale qu’à une relation d’amour. C’est pourquoi Dieu l’a en horreur : « Ce peuple m'honore des lèvres; mais leur cœur est loin de moi » (Mc 7, 6). Cette commercialisation de l’amour soulève l’indignation du Fils qui chasse les marchands du Temple, endroit privilégié pour entrer en relation avec Dieu : « L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits » (Lc 19, 46). Cette inclinaison à vouloir « acheter » l’amitié ou l’amour se retrouve particulièrement présente chez les riches qui, habitués à payer pour se procurer les objets de leurs désirs, tentent de faire de même pour bien disposer les autres ou Dieu à leur égard. Cette méconnaissance de la gratuité de l’amour chez cette catégorie de personnes fait dire à Jésus à leur sujet : « il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu! » (Lc 18, 25). Quand on s’arrête pour y réfléchir, n’est-il pas très prétentieux de penser rajouter quelque chose au Créateur, de faire quelque chose pour Lui de qui procède toute chose ?
Tu m'as ouvert l'oreille… alors j'ai dit: Voici, je viens… il m'est prescrit de faire tes volontés… j'ai voulu ta loi au profond de mes entrailles. Dieu veut notre amour, le don total et désintéressé de nous-mêmes. Les exigences de base de l’amour de Dieu et du prochain sont spécifiées dans les textes sacrés : au rouleau du livre… Cependant, il ne faut jamais perdre de vue qu’il s’agit d’exigences minimales comme nous l’indique Jésus : « Il a été dit… moi, je vous dis… » (Mt 5, 21.27.31.33.38.43). J'ai annoncé la justice de Yahvé… je ne ferme pas mes lèvres. Une attente particulière de Dieu à l’égard du croyant est le devoir de rendre témoignage de sa foi, des bienfaits reçus, de la relation d’amour qui l’unit à Dieu. Jésus nous assure que ce témoignage ne demeurera pas sans récompense dans la vraie vie, celle qui n’aura pas de fin: « Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui devant les anges de Dieu » (Lc 12, 8). Témoigner d’un Dieu invisible dans un monde d’apparences qui Le rejette, expérimenter conséquemment le rejet, voilà un geste de gratuité, une preuve d’amour sincère.