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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Viens au secours de mon incroyance

 

 

Viens au secours de mon incroyance

 

Un homme dans la foule lui répondit : « Maître, je t'ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s'empare de lui n'importe où, il le jette par terre, l'enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J'ai demandé à tes disciples d'expulser cet esprit, mais ils n'ont pas réussi.» Jésus leur dit : «Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le auprès de moi. » On l'amena auprès de lui. Dès qu'il vit Jésus, l'esprit secoua violemment l'enfant ; celui-ci tomba, il se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : « Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l'a même jeté dans le feu ou dans l'eau pour le faire périr. Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous ! » Jésus reprit : « Pourquoi dire : 'Si tu peux'...  ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. » Aussitôt le père de l'enfant s'écria : «Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! »

 

Marc 9, 17-24

 

 

Je parlais récemment avec un incroyant qui essayait de me convaincre que Dieu n’existe pas. Son argumentation se fondait sur l’inutilité de la foi : « La religion ne rend pas les personnes meilleures. Les croyants ne sont pas meilleurs que les incroyants. Il y a même des athées qui sont d’aussi bonnes personnes que les meilleurs croyants. Tout au plus, la religion sert-elle à certaines personnes à passer à travers des périodes difficiles comme la maladie, l’approche de la mort… Si la religion fait quelque bien, elle fait tout autant de tort en dressant les personnes les une contre les autres, les entraînant dans des guerres de religion »,  religions qui se valaient toutes selon ses dires. Réalisant que son argumentation tombait à plat il a terminé l’entretien par un constat avec lequel j’étais tout-à-fait d’accord : « La religion est une question de foi ».

Je n’ai guère été surpris des propos de cette personne puisqu’elle a une vision utilitariste de l’existence. À ses yeux, la valeur des personnes et des choses s’établit en fonction de leur utilité. Une telle vision rabaisse les personnes au rang d’objets. Nullement étonnant dans un tel contexte qu’elle parle de « religion » et non de Dieu. Dieu est une Personne avec qui entrer en relation. Ce Dieu est Amour, celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu (1 Jn 4, 8). Dieu étant Amour, toutes les religions ne se valent pas : seules celles qui conduisent à aimer davantage Dieu et le prochain (même les ennemis !), l’un n’allant pas sans l’autre, sont susceptibles de conduire à Dieu. Dieu lui-même ne veut pas d’une relation fondée sur l’utilitarisme mais recherche notre amour. Aussi, n’y a-t-il pas d’avantages apparents accordés aux croyants : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » (Mt 5, 44-45). Dieu est une Personne qui nous aime et qui quémande notre amour. Toute vision de Dieu fondée sur l’espoir d’obtenir quelque avantage de notre proximité de Lui risque d’aboutir inexorablement à l’incroyance. Il arrive que Dieu manifeste sa bonté d’une manière particulière à ceux qui débutent dans le chemin de la foi. Cependant, ces « avantages » disparaîtront graduellement alors que croîtra leur connaissance de Celui qui est Amour, de sorte que ceux qui auraient mis leur « amour » dans les « cadeaux », plutôt qu’en Celui qui les a procurés, risquent de perdre la foi.

 

Je ne retiendrai qu’une chose de cette conversation que je vois comme un défi lancé à l’ensemble des croyants : d’un œil externe, les croyants n’apparaissent pas meilleurs que les incroyants. S’il est vrai que nous sommes sujets aux mêmes faiblesses que les autres, que nous ne sommes pas intrinsèquement meilleurs qu’eux non plus, notre amour de Dieu devrait nous amener au dépassement des limites de notre nature, ce qui ne semble pas le cas. Une personne disait récemment avec beaucoup de perspicacité : « Si tout va mal dans le monde, c’est parce que les « bons » ne sont pas « assez bons » ». Ce qui amène à la question qui nous interpelle tous : « Est-ce que la foi dont nous nous réclamons nous amène à faire une différence positive dans notre quotidien ? ». Si ce n’est pas le cas, c’est possiblement que notre foi en Dieu n’est pas assez grande ! Le commentaire de Jésus, «Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? », est toujours, hélas, d’actualité!

 

La foi est un don gratuit de Dieu. Il n’y a rien que nous ne puissions faire pour se la procurer, si ce n’est de la demander à la suite du père du jeune homme du récit : «Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! » ; et comme Jésus est retourné vers le Père : « ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom; demandez et vous recevrez » (Jn 16, 23-24).

 

Que nous ne croyions point, que nous croyions sans que cela fasse de différence dans notre vie, que nous croyions mais de façon insuffisante pour obtenir un miracle comme le père de ce jeune homme, quel que soit le degré de notre foi, demandons à en recevoir davantage encore pour pouvoir faire une différence dans notre monde en manifestant l’amour de Dieu pour nous. Si tous obtenaient d’élever le niveau de leur foi d’un cran, peut-être parviendrions-nous à la civilisation de l’amour ?

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