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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Jérémiades

 

 

Jérémiades

 

Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d'endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Voyez : nous proclamons heureux ceux qui tiennent bon. Vous avez entendu dire comment Job a tenu bon, et vous avez vu ce qu'à la fin le Seigneur a fait pour lui, car le Seigneur est tendre et miséricordieux.  

 

Jacques 5, 9-11

 

 

Se plaindre, que ce soit des autres ou de notre sort, voilà une conduite qui n’est pas digne du croyant. Fondamentalement, il s’agit d’un symptôme d’un manque de foi en Dieu-Père-Providence : « Votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez » (Mt 6, 8). Oserions-nous prétendre savoir mieux que Lui ? « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t'oublierai pas » (Is 49, 15). Même s’il arrive que le Père semble absent ainsi que Jésus l’a expérimenté sur la croix, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? » (Mc 15, 34), Il est là présent et souffre avec nous et, comme Il a par la suite ressuscité Jésus pour l’élever dans la gloire, l’apôtre Paul nous assure que « nous souffrons avec le Christ pour être aussi glorifiés avec lui » et « que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Rm 8, 17-18).

 

Pourquoi nous plaignons nous ? Parce que nous regardons autour de nous et que nous nous comparons aux autres plutôt que d’avoir le regard fixé sur Dieu. Quand on grimpe, il faut éviter de regarder en bas sous peine d’être pris de vertige et d’être paralysés par la peur. De même celui qui veut aller vers Dieu doit éviter de fixer son attention sur ce qui se passe autour de lui sans quoi il verra d’autres personnes plus favorisées matériellement ou spirituellement et se mettra à douter de la bonté de son Père des cieux ou si le prix du détachement qu’Il lui demande ne dépasse pas ses capacités. Quand j’étais jeune, je me souviens que ce qui impressionnait le plus les missionnaires des contrées éloignées était combien les gens qui y vivaient, particulièrement les enfants, étaient heureux malgré un dénuement total. Si cela démontre qu’il n’est pas nécessaire de « posséder » pour être heureux, on peut également en conclure que lorsque nous nous attardons à ce que les autres ont et qui nous fait défaut, cela porte ombrage à notre bonheur. Eux n’en savaient rien ! Comme antidote aux Jérémiades Sœur Jeanne Bizier propose avec beaucoup de pertinence l’Oraison-Rencontre (Vers une Flambée d’espérance, p.286),  un cœur-à-cœur quotidien avec Jésus, pour regarder notre situation avec les yeux de Dieu : Qu’attends-tu de moi, Jésus ? Comment ferai-je la communion ? Que ferais-tu à ma place Jésus ? (op. cit. p. 421). L’Oraison-Rencontre détourne le regard horizontal sur les autres et sur soi pour l’élever vers Dieu, éliminant du coup la source des Jérémiades.

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