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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Au-delà

 

 

Au-delà

 

Vous devez rejeter tout ce qui salit, tout ce qu'il vous reste de méchanceté, pour accueillir humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver. Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion.

 

Jacques 1, 21-22

 

 

Hier, à l’occasion du décès d’une connaissance de travail, j’ai entendu un collègue en recherche de vérité qui s’interrogeait au fil d’une conversation de bureau que j’ai perçue d’une oreille indiscrète sur ce qu’il y aura au-delà de notre séjour terrestre et des implications de cette Vérité sur notre comportement présent. À défaut de rapporter les paroles exactes, voici en mes mots la teneur de son propos qui m’a touché par la sincérité du désir de trouver une réponse sans rien exclure à priori : « On nous dit qu’il faut être beaux, bons et fins mais cela sert-il à quelque chose ? Quand j’étais jeune, on disait que les bons allaient au ciel et les méchants en enfer, mais qu’en est-il vraiment ? Qui sait ce qu’il y a dans l’au-delà où même s’il y a quelque chose ? Admettons qu’il y ait quelque chose le traitement des uns différera-t-il de celui des autres ? Ce que je constate dans ma vie de tous les jours, c’est qu’il n’y a pas de différence entre les bons et les méchants et qu’il arrive même que les méchants soient plus heureux que les bons…

 

Cher toi qui s’interroge ! Combien j’aurais voulu trouver les mots appropriés pour répondre à ta quête de sens mais les mots m’échappaient ! Aujourd’hui, peut-être est-ce parce que c’est la saint Valentin où l’on célèbre l’amour, ayant médité sur la question, je me risque à te partager mes convictions qui sont fondées sur ce que disent les textes sacrés, particulièrement les propos du Christ et ce qu’affirme la Tradition de son Église qui se penche sur la question à l’article 12 de son Catéchisme, paragraphes 1020 à 1060.

 

Y a-t-il quelque chose ? Les croyants tiennent pour certaine l’existence d’une vie postérieure à notre existence terrestre et d’un traitement qui différera en fonction de la vie que nous aurons menée lors de notre séjour terrestre. Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme (Jn 3, 13). Aussi la plus grande certitude que nous pouvons avoir d’une vie après la vie se fonde-t-elle sur les paroles du Christ : « Que votre cœur ne se trouble pas! vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures; sinon, je vous l'aurais dit; je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez. Et du lieu où je vais, vous savez le chemin » (Jn 14, 1-4). Quel est le chemin ? L’amour, l’amour accueilli et l’amour donné. Dieu étant amour (1 Jn 4, 8), la façon de se préparer à vivre en sa présence est d’aimer le plus et le mieux possible en cette vie. L’élément-clé de cet amour est le pardon accordé à autrui pour le tort réel ou perçu qui nous aura été causé car nous-mêmes nous devons compter sur le pardon de Dieu pour nos manquements à l’amour car nous pouvons dire avec l’apôtre Paul : « je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas » (Rm 7, 19). La condition pour obtenir le pardon de nos offenses est d’avoir nous-mêmes pardonné : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). Quant à savoir s’il y a différence de traitement entre ceux qui se seront laissé aimer et auront aimé en retour et ceux qui se seront refusés à l’amour, la parabole du riche et de Lazare (Lc 16, 19-31) ne laisse planer aucun doute à cet effet. Jésus parle de la géhenne, le feu qui ne s’éteint pas (Mc 9, 43) pour décrire la destination de ceux qui se seront refusés à l’amour. On retrouve également en Luc les sorts différents qui attendent les uns et les autres : « Je ne sais d'où vous êtes; éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l'injustice. Là seront les pleurs et les grincements de dents, lorsque vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu, et vous, jetés dehors. Et l'on viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu » (Lc 13, 27-29).

 

Mais alors, pourquoi Dieu laisse-t-il proliférer l’injustice ici-bas, la laisse-t-elle impunie ? Notre séjour terrestre est un temps de grâce mis à notre disposition pour nous préparer à vivre avec Dieu, pour développer l’amour qui nous permettra de nous tenir en sa présence. La parole de l’ivraie et du bon grain (Mt 13, 24-30) nous enseigne que le partage entre les uns et les autres se fait uniquement au temps de la moisson de peur qu’en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. La possibilité de s’ouvrir à l’amour, d’un salut ouvert à tous, jusqu’à la fin est illustrée par la parabole des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) qui reçoivent le même salaire que les autres ou encore par le Larron crucifié aux côtés du Christ qui se voit promettre : « aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 42). Ce que certains prennent pour de l’impuissance ou encore « une preuve » de la non-existence de Dieu n’est que la manifestation d’une patience sans limite.

 

Que sera la vie dans l’au-delà ? Ici, nous entrons dans un domaine qui relève plus de la spéculation. La nature de Dieu étant l’Amour nous pouvons supposer que tout s’explique à partir de l’amour, les élus ressentant un sentiment de plénitude qui surpasse celui ressenti par l’amour le plus passionné en cette vie. On peut imaginer cet amour comme un feu ardent, un soleil dont les « rayons » passent « à travers » ceux qui auront le vêtement de noce de l’amour comme au travers d’une vitre libre de toute impuretés, laissant une sensation de bien-être par son passage. L’amour rencontrera-t-il quelque résistance, qu’il échauffera ce qui refuse de lui laisser libre cours jusqu’à ce que ce qui lui fasse obstacle disparaisse complètement. Enfin, d’autres surfaces seront complètement opaques, et refuseront toujours de laisser passer la lumière si bien que la lumière qui est source de bien-être des premiers et cause de purification des seconds, deviendra cause de tourments à jamais pour les troisièmes, mais pour les trois, il s’agit d’une même et unique source de lumière, d’un seul et unique Amour. Quant à parler d’un jugement pour décrire le moment où notre sort sera scellé, je crois qu’il serait plus représentatif de parler d’un constat de l’état de notre capacité à être aimés et à aimer que nous aurons ou non développée au cours de notre vie, à l’exception de ceux qui se seront montrés indulgents envers les autres et les auront pardonnés qui pourront demander à bénéficier eux-mêmes d’un traitement similaire selon les paroles de Jésus.

 

Voilà ce que j’aurais aimé partager avec ce collègue de travail si j’avais eu les mots et le temps pour les dire. À défaut d’avoir répondu au moment opportun, j’espère que cela saura au moins t’aider, toi qui me lis, dans ta quête de sens.

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