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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Bible et morale (3)

Chapitre 2  Le don de l’Alliance dans l’Ancien Testament et les normes pour l’agir humain.

 

Outre la création, Dieu a manifesté son infinie bonté dans l’élection du peuple d’Israël et dans l’alliance qu’il a conclue avec ce peuple, révélant du même coup le juste chemin pour l’agir humain.

 

On identifie à la sortie d’Égypte l’événement historique fondamental et fondateur de la naissance d’Israël en tant que peuple constitué. Cet événement débouche presque immédiatement sur une conclusion d’alliance « à la troisième nouvelle lune après la sortie d’Égypte » (Ex 19, 1). Il s’agit, bien sûr, d’une alliance entre partenaires inégaux où le suzerain s’engage envers le vassal et engage le vassal envers lui. Ce double mouvement transposé théologiquement s’exprime par deux thèmes clés : la Grâce (le don que Dieu fait de lui-même) et la Loi (le don que Dieu fait à l’homme collectif d’un moyen d’entrer et de demeurer en situation d’alliance). Là naît la morale révélée : un don de Dieu, purement gratuit, qui, une fois offert, interpelle la liberté humaine pour un oui entier, une acceptation intégrale, la moindre dérogation sérieuse équivalant à un refus.

 

Le texte relève les évolutions des alliances conclues par Dieu avec divers représentants de son peuple à travers le temps.  De l’alliance avec Noé découlent principalement une obligation morale à l’égard de la création et d’une sage administration des ressources pour maintenir un environnement sain. Le don d’alliance fait à Abraham comporte une double promesse (une terre et une descendance), une responsabilité de devenir médiateur de la bénédiction divine pour tous les peuples et un engagement à se soumettre à la loi, lui et ses descendants.

 

L’alliance avec Moïse et le peuple au Sinaï confère à Israël le statut de peuple de plein droit. Elle requiert une réponse libre de l’être humain à comprendre comme l’acceptation d’un « chemin de vie » et la mise en œuvre d’observances précises. La portée universelle du décalogue, son inscription dans un cadre théologique d’alliance et son enracinement dans un contexte historique de libération font de celui-ci un fondement irremplaçable pour la morale. On y distingue trois valeurs verticales (touchant les relations de la personne avec Dieu) : 1) rendre un culte à un seul Absolu, 2) respecter la présence et la mission de Dieu dans le monde et 3) valoriser la dimension sacrée du temps ; et sept valeurs horizontales (touchant les relations entre les personnes humaines) : 4) honorer la famille, 5) promouvoir le droit à la vie, 6) maintenir uni le couple mari et femme, 7) défendre le droit de chacun à la liberté et à la dignité, 8) préserver la réputation d’autrui, 9) respecter le personnel et 10) laisser à l’autre ses possessions et propriétés matérielles. Ces valeurs suivent une progression décroissante : Dieu en premier lieu, les choses matérielles en dernier et, à l’intérieur des rapports humains viennent en tête de liste famille, vie et mariage stable. L’échelle des valeurs dans le monde actuel prend le contre-pied de la proposition biblique : l’homme d’abord, Dieu ensuite ; avec en tête de liste les propriétés matérielles c’est-à-dire l’économie. Les valeurs sous-jacentes au décalogue offrent un fondement clair pour une charte des droits et libertés valable pour toute l’humanité. La compréhension qu’Israël a de son Dieu par le décalogue et les codes législatifs qui y sont connexes, l’amène dans le domaine moral à avoir une attention particulière aux plus pauvres, aux étrangers, à la justice.

 

L’alliance avec David est pur don de Dieu : elle ne dépend pas de l’attitude humaine, elle est destinée à durer toujours et trouve son accomplissement dans la mission messianique de Jésus. Selon le psalmiste Dieu a juré de façon claire « Jamais je ne romprai mon alliance » (Ps 89, 35).

 

Jérémie est le seul qui parle d’une « alliance nouvelle ». « Voici venir des jours… où… je conclurai avec la maison d’Israël et de Juda une alliance nouvelle. Non pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères…, qu’ils ont rompue… Telle est l’alliance que je conclurai… Je donnerai ma loi au fond d’eux-mêmes, je l’écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Ils n’auront plus à s’instruire les uns les autres… Car tous me reconnaîtront… Parce que je pardonnerai leur faute et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jr 31, 31-34). Israël n’a rien à faire d’autre que d’accueillir. La loi n’est plus extérieure écrite sur des tables de pierre mais intérieure dans les cœurs. L’enseignant sera le Seigneur lui-même et non plus des médiateurs humains.

 

Les livres sapientaux ont pour but d’enseigner aux humains le comportement le plus juste.  Certains se situent dans la ligne de l’expérience ou de la condition humaine (Proverbes, Job, Qohélet) d’autres en lien plus étroit avec l’Alliance et la Torah (Siracide). Qohélet débute et termine par « Vanité des vanités, tout est vanité » (Qo 1, 2; 12, 8). Rien en ce monde n’a de valeur durable. Les gens peuvent recevoir ou non ce qu’ils méritent. Tout est soumis au spectre de la mort, l’unique facteur qui soit inévitable. Malgré les incohérences et les vicissitudes de la vie, les humains doivent accepter leur position par rapport à Dieu : « Aie la crainte de Dieu » (Qo 5, 6; 12, 13). Sept fois Qohélet exhorte à se réjouir, chaque fois que l’occasion se présente. Il critique le système monarchique auquel il reproche certains scandales et abus dont certains ne sont pas étrangers à notre monde moderne (usurpation du pouvoir, corruption des fonctionnaires, inutile multiplication des administrateurs publics, attribution de promotions et de responsabilités à des incapables… Pas plus que sa critique sociale où il dénonce : la jalousie et la compétition, l’oisiveté et la paresse, le surmenage et l’activisme, l’individualisme et l’appât du gain. Le livre du Siracide, quant à lui, constitue une collection d’instructions, d’exhortations et de maximes diverses concernant toute la gamme des thèmes relatifs à la vie vertueuse et à la conduite morale. Pour lui, le commencement et le couronnement, la perfection et la racine de la sagesse, c’est « la crainte du Seigneur » (Si 1, 14.16.18.20). Pour la sagesse biblique, il n’est aucun champ d’activité de la vie courante qui ne soit digne d’attention. Convaincu que toute la vie se déroule sous le contrôle de Dieu, Israël rencontre aussi son créateur au cœur de la vie quotidienne.

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