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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Bible et morale (4)

Chapitre 3  L’Alliance nouvelle en Jésus-Christ comme ultime don de Dieu, et ses implications morales

 

Ce chapitre traite de la venue du règne de Dieu, du don du Fils, de l’alliance nouvelle, de la perspective de l’Apocalypse et enfin de l’Eucharistie comme synthèse de l’alliance nouvelle.

 

Par Jésus, le Royaume de Dieu est révélé comme pur don gratuit à découvrir et d’aucune manière un droit naturel ni de quelque chose qu’on pourrait mériter. Il est présenté à la fois comme un événement futur et une réalité présente; le destin véritable et définitif de l’humanité avec Dieu demeure une expérience future mais qui déborde sur le présent  et le détermine. La volonté de Dieu pour l’humanité aide à définir ce que devrait être la vie humaine déjà dans le présent, volonté que l’on découvre en fixant notre attention sur Jésus et en cherchant à imiter ses vertus. Le pardon des péchés et la connaissance de Dieu sont les activités principales de Jésus et sont conséquemment des caractéristiques de l’alliance nouvelle. L’annonce du règne de Dieu a des implications morales : « Convertisse-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ! » (Mc 1, 15). Il faut changer notre vie et aspirer au dépassement de soi : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Les Béatitudes décrivent les vertus ou attitudes fondamentales attendues de celui qui veut se faire disciple du Christ et constituent comme une synthèse de tout son enseignement.

 

Le don du Fils expression de l’amour salvifique de Dieu, exige d’être accueilli. Qui refuse se place en dehors du plan de salut. Par contre l’acceptation de ce don exige une adhésion de tout son être et, à l’exemple du Fils, faire de l’accomplissement de la volonté du Père sa nourriture (Jn 4, 34). La foi en Jésus est l’attitude nouvelle par excellence, foi de laquelle découle l’exigence de l’amour envers les frères et les sœurs. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu car Dieu est amour (1 Jn 4, 8). Pour Paul la vie morale ne peut se comprendre que comme une réponse généreuse à l’amour et au don de Dieu; chez tout croyant l’agir moral est un effet de la grâce de Dieu qui l’a rendu juste et le fait persévérer. La morale chrétienne naît de l’expérience de l’amour de Dieu pour chacun ; plus les croyants sont guidés par l’Esprit, moins il est nécessaire de leur donner des règles de conduite. Toujours selon Paul, ce qui détermine l’agir moral c’est la relation avec le Christ : si Dieu justifie la personne par la foi seule ce n’est pas pour que nous continuions à vivre dans le péché mais que nous suivions l’exemple du Christ : « Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même du Christ » (1 Co 11, 1), « Ce n’est plus moi qui vis mais Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Les chrétiens doivent apprendre à discerner, à examiner sous la conduite de l’Esprit, ce qui en toutes circonstances est meilleur et parfait, parce que souvent les décisions ne sont ni claires, ni évidentes. Enfin, pour Pierre, les croyants ne doivent pas s’accommoder de la société païenne dans laquelle ils vivent où ils sont étrangers et pèlerins, ils doivent s’abstenir des mauvais désirs de la chair et du mode de vie païen mais par leur œuvres bonnes amener les païens à rendre gloire à Dieu. De plus, les croyants sont invités à s’insérer dans la société où ils vivent et à se soumettre à toute autorité humaine à cause du Seigneur (1 P 2, 13).

 

La lettre aux Hébreux traite de l’alliance nouvelle dont Jésus est le médiateur et qu’il a scellée de son propre sang, une fois pour toutes. Dieu ne se souviendra plus des péchés, il les pardonnera (He 10, 17-18). Il importe que l’homme accueille activement le don de Dieu par l’adhésion de la foi, l’espérance et la charité, union à Dieu et avec les frères et sœurs. La lettre incite à offrir à Dieu un sacrifice de louange et à se mettre au service des autres.

 

Pour l’Apocalypse, l’alliance représente un don de Dieu qui se ramifie dans les événements humains. Alliance et Règne de Dieu s’appellent mutuellement. Les chrétiens sont coopérateurs du cheminement vers la pleine réalisation du système de valeurs mis en place par le Christ, de l’alliance, par la prière, le témoignage, les œuvres justes et une lecture sapientielle de l’histoire.

 

Enfin, l’Eucharistie est présentée comme synthèse de l’alliance nouvelle. Dans le don de l’Eucharistie à l’Église, Jésus s’est livré lui-même, déterminant le sens de sa passion et de sa résurrection. Il a transformé la mort en un moyen d’union extrêmement puissant, un instrument de communion avec Dieu ainsi qu’avec les frères et sœurs, bref, un moyen d’établir l’alliance définitive. Il s’agit d’un repas partagé dont personne n’est exclu. La célébration de l’alliance nouvelle doit se faire en parfaite cohérence avec la vie : qui méprise le prochain mystérieusement uni à lui ne pouvant prétendre estimer le Seigneur. Cependant, ce repas ne s’adresse pas qu’aux parfaits mais constitue un remède contre les défauts. En se donnant lui-même Jésus communique son Esprit. Il en résulte un devoir continuel de s’ouvrir à l’Esprit de Jésus, de le laisser déterminer notre agir, et de le suivre. La présence et le dynamisme intérieur de l’Esprit ne dispensent toutefois pas les chrétiens de faire de durs efforts avec une détermination ferme, Jésus lui-même n’ayant pas été exempté de mener une lutte ardue pour accomplir son œuvre de rédemption.

 

 

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