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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Certitude

 

 

Certitude

 

La vie est brève, la mort est sûre, et le monde à venir est éternel.

 

John Henry Newman (1801-1890)

 

Une chose est sûre, tous nous connaîtrons la mort à plus ou moins brève échéance, en comparaison, bien sûr, avec la durée de l’histoire de la création ou même celle de la présence de l’homme. Ce qui surviendra alors, si nous n’en savons pas autre chose que ce que la foi nous révèle, les morts n’étant pas autorisés à venir témoigner de leur statut, comme l’illustre la parabole du riche et du pauvre Lazare (Lc 16, 19-31), nous pouvons, en revanche, anticiper que notre sort sera scellé pour l’éternité, et cela que nous croyions en Dieu ou pas. Si la brièveté de la vie est une raison pour l’athée de chercher à satisfaire égoïstement ses passions pendant que lui en est offerte la possibilité, le croyant voit un temps de grâce qui lui est octroyé dans la durée limitée de sa course sur terre pour prouver son amour du Créateur par la générosité de l’amour qu’il manifestera à ses semblables, amour qui le rendra « éligible » à participer à la nature même de Dieu, qui est Amour, pour l’éternité. Dieu nous n’en avons d’autre certitude que ce qu’il est donné à la foi de connaître. Si je considère l’hypothèse que Dieu n’existe pas, à tout prendre, je préfère tout de même vivre pour les autres et faire le bonheur du plus grand nombre possible de personnes que de chercher à tirer le maximum pour moi-même du temps qui m’est alloué. À plus forte raison, ma foi en Dieu vient-elle renforcir ce choix de trouver ma joie dans le bonheur des autres, choix qui saura, je l’espère, les inciter à faire de même pour que tous ensemble nous soyons invités à entrer dans la joie du Maître (Mt 5, 21) pour l’éternité.

 

Voyons ce que dit Augustin d’Hippone  au sujet de notre séjour terrestre :

 

 Maintenant ce qu'on appelle bonheur de ce monde, les méchants le possèdent aussi ; et ce qu'on appelle le malheur de ce monde les bons le possèdent aussi. Si des hommes ne croient qu'aux réalités présentes et ne croient pas aux réalités futures, c'est parce qu'ils observent que les biens et les maux de ce monde présent appartiennent indistinctement aux bons et aux mauvais. S'ils ambitionnent les richesses, ils voient qu'elles appartiennent aux pires des hommes aussi bien qu'aux bons. S'ils ont horreur de la pauvreté et des misères de cette vie, ils voient qu'elles font souffrir non seulement les mauvais, mais aussi les bons, et ils disent dans leur cœur : « Dieu ne voit pas » (Ps 93,7), il ne dirige pas les affaires humaines. Il nous laisse totalement rouler au hasard dans l'abîme profond de ce monde, et il ne nous montre en rien sa providence. Et s'ils méprisent les préceptes de Dieu, c'est parce qu'ils ne voient pas son jugement se manifester...

 

 Dieu réserve beaucoup de choses pour le jugement à venir, mais quelques-unes sont jugées maintenant, afin que ceux dont il fait attendre le jugement soient saisis de crainte et se convertissent. Car Dieu n'aime pas condamner mais sauver, et c'est pourquoi il est patient envers les mauvais, pour qu'ils deviennent bons.

 

Comme il est étrange de constater que la bonté et la patience de Dieu qui L’incitent à laisser croître ensemble l’ivraie et le bon grain de peur de risquer qu’en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé (Mt 13, 29), soient une occasion de chute pour ceux qui voient là une preuve de faiblesse incompatible avec l’omnipotence de la nature divine qui les amène à douter de l’existence même de Dieu. L’élément clé dont ils font abstraction dans leur raisonnement est l’amour : l’amour de Dieu pour sa créature et l’amour qu’Il espère recevoir en retour de la part de celle-ci. Si nous étions rémunérés en cette vie selon notre conduite, nos gestes seraient privés de leur gratuité faisant de nous des serviteurs et, conséquemment, ne seraient plus inspirés par l’amour, car l’amour est don. Un tel asservissement serait totalement contraire à la volonté divine qui ne veut pas nous appeler serviteurs mais amis (Jn 15, 15). Bizarrement, l’amour incommensurable de Dieu pour l’homme amène à la fois à la chute et au relèvement d’un grand nombre  (Lc 2, 34), ceux qui réalisent qu’ils ont erré n’hésitant pas à s’en remettre à la divine miséricorde pour obtenir un pardon inconditionnel voyant Dieu dans la figure du père du fils prodigue qui attend patiemment et avec amour le retour de son fils (Lc 15, 11-32), pardon qui leur serait inaccessible dans un monde où chacun serait strictement rémunéré selon sa conduite.

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