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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Consolation

 

 

Consolation

 

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »

 

Marc 9, 2-5

 

 

Même s'il est étrange, ce mot « consolation » est aimé des disciples de Saint Ignace de Loyola. Bien des chrétiens savent que ce mot a été forgé par le prophète Isaïe, employé par tant de témoins de la Bible, et par Jésus lui-même. Pour les ignatiens, ce mot a été choisi pour nommer rien de moins que les visites de l'Esprit dans l'âme humaine, apportant dans leur sillage une plus grande paix, une plus grande joie, une plus grande force, un bonheur durable. Pour Ignace, ce mot est aussi essentiel à la vie spirituelle, que le mot « bonheur » l'est à l'expression d'une vie réussie. (La consolation, Nicolas Rousselot sj)

 

La Transfiguration est à n’en pas douter une consolation spirituelle, une manifestation de Dieu créant une impression sensible dans l’âme, un agréable avant-goût de la vie éternelle qui fait souhaiter à Pierre vouloir y demeurer en dépit de la frayeur qu’il ressentait à être mis en contact avec le divin. Si cet état sera stable dans l’éternité, il n’est que transitoire en cette vie, prélude à des moments où Dieu se fera discret au point où l’âme en viendra à douter même qu’elle n’ait été abandonnée par Dieu et auxquels les mystiques confèrent le nom de « nuits ». Mais comme le soleil n’en continue pas moins d’exister la nuit, ainsi Dieu demeure présent à celui auquel Il voile sa présence pour qu’il en résulte un plus pur amour, l’amour exclusif de Celui d’où origine tout bienfait plutôt que des bienfaits eux-mêmes ou d’un mélange des bienfaits et du Donateur. C’est d’ailleurs sur l’éventuelle absence de Jésus que se conclut le récit de la Transfiguration : « En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts » (Mc 9, 9).

 

Si dans la vie humaine, la consolation, le soulagement apporté à la douleur, à la peine de quelqu’un (dictionnaire Petit Robert), survient après l’épreuve, il en va autrement dans la vie spirituelle où elle la précède afin que fortifiés par la consolation nous puissions traverser les moments difficiles telle la mort de Jésus pour les apôtres. Quoi d’étonnant à cela puisque Dieu sait ce dont nous avons besoin, avant que nous le lui demandions (Mt 6, 8), avant que nous sachions même en avoir besoin! De plus, Il prend l’initiative, Il nous aime le premier (1 Jn 4, 19).

 

Ainsi, la juste attitude à l’égard de la perte des consolations, n’est pas de s’en affliger mais de se les remémorer au temps de l’épreuve pour conforter notre courage et rendre grâce à Dieu qui nous juge aptes à passer à une autre étape de notre vie spirituelle. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Ainsi faut-il mourir aux consolations pour aller de l’avant vers un amour plus grand, plus pur.

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