Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
3 Juin 2012 Parole du jour
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Désir et dégradation
Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la véritable connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur. En effet, sa puissance divine nous a fait don de tout ce qu'il faut pour vivre en hommes religieux, grâce à la véritable connaissance de Celui qui nous a appelés par la gloire et la force qui lui appartiennent. Ainsi, Dieu nous a fait don des grandes richesses promises, et vous deviendrez participants de la nature divine, en fuyant la dégradation que le désir produit dans le monde.
1 Pierre 2-4
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Nous connaissons depuis les temps anciens la dégradation que le désir produit dans le monde en matière de mœurs. L’apôtre Paul en énumère plusieurs manifestations dans son épître aux Galates : « On sait bien tout ce que produit la chair: fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d'envie, orgies, ripailles et choses semblables » (Ga 5, 19, 21). La technologie ayant accru les capacités des hommes, ceux-ci, grisés par les possibilités nouvelles qu’elle offre, ont voulu se faire les égaux de Dieu en décidant par eux-mêmes de ce qui est bien ou mal et satisfaire sans contraintes les désirs de la chair. La dégradation constatée autrefois au niveau des personnes et des sociétés qu’elles formaient, s’observe dorénavant à un niveau planétaire et s’étend à la création toute entière avec des impacts qui se feront ressentir bien au-delà de l’existence de ceux qui les auront provoqués, sur les générations futures.
Nous avons constaté dans les dernières décennies, et jusqu’à tout récemment, le déni par certains gouvernants de l’impact de l’activité humaine sur la dégradation de la planète en dépit de l’évidence scientifique à l’effet contraire. Si personne, ou presque, n’ose dorénavant contredire l’évidence, rien ne semble toutefois vouloir arrêter la dégradation de se répandre, certains dirigeants se refusant de prendre quelque engagement que ce soit à cet égard et allant même jusqu’à renier ceux qui avaient été pris par leurs prédécesseurs car traiter de manière respectueuse la création demandera de faire des sacrifices et de modifier le mode de vie actuel.
Individuellement, nous ne pouvons faire le constat de notre impuissance face à cette menace. Cependant, comme le disait judicieusement mère Teresa nos actes ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais si nous n’agissons pas cette goutte d’eau manquera à l’océan, il n’y a pas de contribution qui soit insignifiante. Aussi, devons-nous faire tout en notre possible pour ne pas contribuer à perpétuer ou, pire, aggraver le problème par des gestes à notre portée tels le recyclage, réduire le gaspillage d’énergie et d’eau … et, plus fondamentalement, modifier nos habitudes de vie afin de ne consommer que l’essentiel. Mais, aussi grand que devienne l’engagement individuel, il en faudra plus encore pour faire échec à ce que Jean-Paul IIqualifiait de « structures de péché », des cultures, des lois, des coutumes, des programmes… qui ont pour effet de ne pas faire obstacle à des comportements douteux quand elles n’en font pas carrément la promotion. Mais force est de constater, comme l’apôtre Paul, que nous nous engageons dans un combat qui nous dépasse largement, ayant à lutter contre des Principautés, contre des Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres. Aussi recommande-t-il d’endosser l'armure de Dieu… Vivez dans la prière et les supplications; priez en tout temps, dans l'Esprit; apportez-y une vigilance inlassable (Ép 6, 12-13.18). Seule la prière pourra donner la victoire finale tant contre les désirs de la chair que contre la dégradation qui en résulte car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes (le nom de Jésus Christ le Nazôréen), par lequel nous devions être sauvés(Ac 4, 10.12), créature et création. Aussi devons-nous faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contrer les forces qui mettent en péril la création, mais surtout prier car si Dieu ne féconde pas nos actions, leurs effets demeureront limités et locaux alors que la lutte est globale.