Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
9 Janvier 2012 Parole du jour
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Dieu et démons
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. » L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
Marc 1, 23-24
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On utilise couramment l’expression « chasser ses vieux démons » pour décrire le combat d’une personne s’efforçant d’éliminer de sa pensée les souvenirs d’événements malheureux qui la hantent et minent sa capacité à affronter des situations identiques ou similaires dans son quotidien. Il s’agit là pour plusieurs d’une expression folklorique héritée d’un passé où tout phénomène négatif inexplicable était considéré comme l’œuvre d’un esprit maléfique. Ainsi, certaines personnes souffrant de troubles psychiques ont-elles été autrefois considérées à tort comme étant sous l’emprise d’esprits mauvais. Si de telles erreurs doivent inciter à la prudence lorsque confrontés à des situations outrepassant nos connaissances, cela ne veut pas dire que de tels esprits n’existent pas. Les Écritures et l’Église attestent l’existence de tels êtres, cette dernière ayant consacré quelques paragraphes de son Catéchisme à la question :
391 Derrière le choix désobéissant de nos premiers parents il y a une voix séductrice, opposée à Dieu (cf. Gn 3, 4-5) qui, par envie, les fait tomber dans la mort (cf. Sg 2, 24). L’Écriture et la Tradition de l’Église voient en cet être un ange déchu, appelé Satan ou diable (cf. Jn 8, 44 ; Ap 12, 9). L’Église enseigne qu’il a été d’abord un ange bon, fait par Dieu. " Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c’est eux qui se sont rendus mauvais " (Cc. Latran IV en 1215 : DS 800).
392 L’Écriture parle d’un péché de ces anges (cf. 2 P 2, 4). Cette " chute " consiste dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne. Nous trouvons un reflet de cette rébellion dans les paroles du tentateur à nos premiers parents : " Vous deviendrez comme Dieu " (Gn 3, 5). Le diable est " pécheur dès l’origine " (1 Jn 3, 8), " père du mensonge " (Jn 8, 44)…
Le récit du péché des origines est fort révélateur de ce qui a causé la chute de ces anges : l’orgueil, le désir de se faire les égaux de Dieu, de décider par eux-mêmes ce qui est bien ou mal. Une attitude aux antipodes de l’humilité de Jésus qui n’a été que oui (2 Co 1, 19) à la volonté du Père. Certains pensent qu’il suffit de confesser l’existence de Dieu pour obtenir le salut. Rien n’est moins sûr ! Nous voyons dans cet extrait de Marc que même les démons reconnaissent l’existence de Dieu et que le Christ est Seigneur, ce qui ne les rend pas « éligibles » pour autant à partager l’existence de Dieu : Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. Ce qui les distingue des anges, ces esprits qui partagent la vie de Dieu, est l’humble soumission à Dieu et à sa Volonté, volonté exprimée pour les hommes dans les préceptes consignés dans les Écritures : « À ceci nous savons que nous le connaissons: si nous gardons ses commandements. Qui dit: "Je le connais", alors qu'il ne garde pas ses commandements est un menteur, et la vérité n'est pas en lui. Mais celui qui garde sa parole, c'est en lui vraiment que l'amour de Dieu est accompli. À cela nous savons que nous sommes en lui. Celui qui prétend demeurer en lui doit se conduire à son tour comme celui-là (le Christ) s'est conduit » (1 Jn 2, 3-6), à savoir avec humilité et obéissance.
Si la présence de Dieu se manifeste par la voix de la conscience qui nous incite au bien souhaité par Lui, celle des esprits qui lui sont opposés cherchera à nous détourner de la volonté de Dieu notamment en nous faisant voir comme plus verte et désirable l’herbe qui se trouve dans le pré du voisin alors que nous nous trouvons à l’endroit prévu pour nous, notre vocation qui seule peut nous apporter un bonheur durable pour peu que nous évitions de nous laisser entraîner à envier le sort des autres.
La présence de forces invisibles hostiles est-elle à craindre ? Certes pas ! L’apôtre Paul affirme : « En tout nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 37-39). Peur et foi sont incompatibles, le vrai croyant sait que le Dieu qui a dominé et expulsé l’esprit mauvais dans l’évangile de Marc aura toujours le dernier mot.