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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Guérisons

 

 

Guérisons

 

Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître. Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement.

 

Matthieu 12, 14-18

 

 

L’Esprit Saint, l’amour agissant de Dieu, est Celui qui opère les guérisons du corps, de l’esprit et de l’âme. Matthieu ne se trompe pas quand il associe « il les guérit tous » à « Voici mon serviteur que j'ai choisi… Je ferai reposer sur lui mon Esprit ». Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la guérison du corps et de l’esprit n’est que la pointe de l’iceberg d’une guérison éminemment plus importante parce qu’elle aura effet pour l’éternité, celle de l’âme, alors que la guérison du corps n’est que temporaire, ce dernier étant éventuellement voué à la déchéance et que nous rendrons l’esprit au terme de notre séjour terrestre. Ainsi la guérison du corps et de l’esprit constitue-t-elle un signe de ce que l’œil ne peut percevoir ainsi que le manifeste l’épisode de la guérison du paralytique : « Quel est donc le plus facile, de dire: Tes péchés sont remis, ou de dire: Lève-toi et marche? Eh bien! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t-en chez toi » (Mt 9, 5-6). Proclamation de la parole et guérisons sont aussi intimement associées dans les évangiles : « Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir. Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons » (Lc 9, 1-2) et de même dans cet extrait de Matthieu : aux nations il fera connaître le jugement, il proclamera la Vérité, Vérité associée au même Esprit que l’on désigne aussi sous le nom d’Esprit de vérité (Jn 16, 13).

 

Raniero Cantalamessa, dans son livre Viens Esprit Créateur, pose la question qui en fait buter certains : Qu’en est-il de ceux qui ne sont pas guéris ? Il y répond ainsi :

 

La puissance de l’Esprit ne se manifeste pas à nous d’une manière unique, en éliminant le mal et en accordant la guérison, mais aussi en donnant la capacité et parfois même la joie de porter avec le Christ notre propre infirmité, complétant ainsi « en [notre] chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Église » (Col 1, 24). Le Christ a racheté la souffrance et la mort ; la souffrance n’est plus un signe de péché ni une participation à la faute d’Adam, elle est devenue un instrument de rédemption et de participation à la vie du Nouvel Adam.

 

Dans toute son œuvre, Dieu a décidé de vaincre le mal, non pas en l’anéantissant par sa toute-puissance, mais en le prenant sur lui dans le Christ et en le transformant de l’intérieur : «  Il a pris sur lui nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » (Mt 8, 17).

 

L’apôtre Paul nous en donne un exemple lumineux. Il a souvent supplié le Seigneur de lui ôter une certaine « épine dans la chair », mais Dieu lui a répondu : « Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9) Et l’Apôtre de répondre : « C’est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ [...] ; lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 9-10). La puissance de l’Esprit Saint à l’égard de nos infirmités se déploie davantage en nous donnant la force de porter notre mal avec le Christ qu’en nous guérissant miraculeusement.

 

Nous pouvons toujours demander à l’Esprit Saint de nous guérir, mais s’il ne le fait pas, nous ne devons pas en conclure nécessairement que nous n’avons pas la foi, que Dieu ne nous aime pas, qu’il nous châtie. Il veut nous faire un don plus précieux encore, même s’il est plus difficile à accueillir. La santé retrouvée se perdra à nouveau, mais le mérite d’avoir supporté la situation avec patience subsistera pour toujours.

 

La chose la plus importante dans l’esprit de l’Évangile n’est pas de penser à ses propres infirmités, mais à celles du prochain. Les saints acceptaient de mal se porter, mais ils ne supportaient pas que les autres se portent mal. Ils hésitaient à prier pour leur propre guérison, mais se montraient très audacieux quand il s’agissait de la guérison des autres.

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