Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
16 Septembre 2012 Parole du jour
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Inévitable croix
Il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera.
Marc 8, 31-35
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Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même. L’amour véritable, qui trouve sa joie dans le don plutôt que dans ce qu’il est payé de retour, est désappropriation de soi au profit de Dieu et des autres. Est-ce facile ? Nullement ! Il nous faut marcher dans les pas de Jésus, l’Amour fait chair, faire l’expérience de la croix : qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Ailleurs, Jésus dit de cette voie de salut : « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7, 13-14). Le Tentateur, celui qui a refusé de servir Dieu, suggère par contre de penser à soi, de chercher à éviter les difficultés. C’est pourquoi, Jésus compare Pierre à ce dernier lorsque celui-ci cherche à le dissuader de suivre le chemin que le Père avait prévu pour lui et annoncé par le texte du serviteur souffrant du prophète Isaïe (Is 53) : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
La croix dont il s’agit ici est d’autant plus douloureuse qu’on ne la choisit pas. Jésus, faut-il le rappeler, n’a pas demandé à être crucifié. Ce sont ses opposants, ses détracteurs, qui criaient : « Crucifie-le! Crucifie-le! » (Jn 19, 6). N’est-il pas étonnant de constater avec Bossuet que « Dieu accomplit sa Volonté dans ceux-là même qui s’opposent autant qu’il est en eux à sa Volonté ». Il n’en va pas autrement pour nous. Les personnes qui nous sont le plus hostiles, celles dont nous ne choisirions pas la compagnie si nous en avions la possibilité se révèlent les causes les plus efficientes de salut pour nous et cela de diverses manières : par leurs critiques incessantes, elles nous préservent du piège de l’orgueil et nous indiquent toutes les choses à améliorer pour tendre vers la perfection à laquelle Dieu nous appelle : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48), les blessures qu’elles nous infligent nous incitent à pardonner, pardons pour lesquels nous pouvons légitimement attendre réciprocité au terme de notre route : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7) et plus expressément : « En effet, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes » (Mt 6, 14-15). Supportons donc avec patience les croix qui s’imposent à nous. Il y va de notre salut car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera.