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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Mérite

 

Mérite

 

Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table'? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. ' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.

 

Luc 17, 7-10

 

 

« Gagner son ciel », voilà une expression antinomique fort répandue. Comment pourrait-on « se mériter » ce qui est pure gratuité ? Penser « avoir droit » à un cadeau, n’est-ce pas se disqualifier comme récipiendaire potentiel de celui-ci en niant la générosité du donateur ? Pire, c’est travailler pour rien, voire rendre contreproductifs les efforts consentis, ceux-ci éloignant du but visé plus qu’ils n’en rapprochent.

 

Est-ce à dire qu’il ne sert à rien de s’efforcer de se soumettre à la divine volonté ? Certes pas ! Une telle attitude est louable en autant que nous agissions par pur amour de Dieu, sans rien attendre en retour. Dès que l’orgueil nous incite insidieusement à croire que  notre bonne conduite nous rend éligibles à un privilège quelconque, le salut de notre âme est en danger.

 

Je terminerai par un fait vécu, fort triste, qui saura, je l’espère illustrer mon propos. Un employé fidèle se fit offrir un jour de devenir associé du commerce pour lequel il travaillait moyennant une mise de fonds modique. Ce dernier, ne voulant prendre aucun risque, déclina l’offre mais continua son bon travail, ses responsabilités augmentant même alors que le patron, avançant en âge se retirait progressivement de l’affaire. Ce dernier vint à mourir et, comme il n’avait pas d’enfants, l’employé s’attendait à hériter du commerce. Quelle ne furent pas sa déception et sa colère de constater à la lecture du testament qu’il avait tout légué à des neveux qui avaient pourtant fait bien peu de choses pour lui ! Je vous demande en toute honnêteté de quel droit pouvait-il réclamer l’héritage ? Le propriétaire aurait pu lui dire comme le maître de la maison de la parabole des ouvriers de la dernière heure : « Mon ami, je ne te fais pas de tort; ne t’ai-je pas versé le salaire convenu ? … Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien ? » (Mt 20, 13.15). Et pourrait-il rajouter : « je t’ai offert de partager la richesse générée mais tu as refusé sous prétexte de ne vouloir prendre aucun risque ».

 

Sommes-nous prêts à prendre le risque de l’amour et à travailler sans rien attendre en retour ? À investir à fonds perdus dans l’avènement du Royaume promis dès cette vie, bien que de façon limitée et imparfaite ?

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