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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Présomption

 

Présomption

 

Opinion fondée seulement sur des apparences.

Opinion trop avantageuse que l’on a de soi-même.

 

Dictionnaire le Petit Robert

 

 

La présomption? Une maladie sacrée. La vue? Une tromperie.

 

Héraclite  (541-501)

 

 

Y a-t-il pire mal que la présomption ? Enhardis par quelque succès, nous nous en imputons tout le mérite, souvent à tort, et, nous croyant soudainement devenus invincibles, nous ignorons les signes de dangers potentiels et/ou refusons l’aide offerte ce qui risque de nous conduire à un échec qui sera d’autant plus douloureux que nous ne l’aurons pas vu venir.

 

La présomption se veut également un grand mal pour les spirituels. Le premier péché rapporté par la Bible, le péché des origines, repose sur la présomption de l’homme de vouloir se faire l’égal de Dieu, de décider lui-même de ce qui est bien et qui est mal : « vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal » (Gn 3, 5). La présomption la plus commune demeure cependant celle de nier l’existence de Dieu ou d’agir comme s’Il n’existait pas ou encore s’imputer le mérite de ce qui n’est que pure grâce reçue de Dieu.

 

Le prophète Isaïe se fait la voix de Dieu et annonce la chute des Assyriens pour s’être cru tout permis suite à leur victoire sur le peuple juif que Dieu avait momentanément abandonné à lui-même pour s’être détourné de Lui. Son message est clair : l’homme, croyant ou non, bon ou méchant, demeure un instrument entre les mains de son Créateur qu’il en soit conscient ou non. Qui outrepasse son mandat, si l’on peut s’exprimer ainsi, se croyant l’Artisan plutôt que l’outil, court à sa perte. « Malheur à l'Assyrien, l'instrument de mon indignation, lui qui est mon bâton, l'exécuteur de ma colère. Je l'envoie contre une nation impie, je lui donne pouvoir contre un peuple qui excite ma fureur, pour emporter ses dépouilles et le mettre au pillage, pour le fouler aux pieds comme la boue des chemins. Mais lui, il ne l'entend pas ainsi, ce n'est pas du tout ce qu'il pense : ce qu'il veut, c'est détruire, exterminer quantité de nations. Il se dit : « J'ai agi par ma propre force, et par ma sagesse, car j'ai l'intelligence. J'ai supprimé les frontières des peuples, j'ai pillé leurs trésors, et, comme un dieu, j'ai détrôné des rois. Comme sur un nid, j'ai mis la main sur les richesses des peuples. Comme on ramasse des œufs abandonnés, j'ai ramassé toute la terre, et il n'y a pas eu un battement d'aile, pas un bec ouvert, pas un cri. » Est-ce que le ciseau se glorifie aux dépens de celui qui s'en sert pour tailler ? Est-ce que la scie s'enorgueillit aux dépens de celui qui la tient ? Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit, comme si c'était le morceau de bois qui soulevait l'homme ! C'est pourquoi le Seigneur Dieu de l'univers fera dépérir ces soldats bien nourris, et par-dessous leur gloire s'allumera un brasier, le brasier d'un incendie » (Is 10,5-7.13-16).

 

L’homme moderne est tout aussi présomptueux. Il pense que les avancées de la science peuvent lui permettre de se passer de Dieu. Il pense, avec l’avancement des sciences sociales, pouvoir décider de lui-même de ce qui est bien et de ce qui est mal. J’aime bien l’extrait de l’entrevue de Ann Graham qui a été publié sur Internet et qui nous met en garde contre les dangers, dans notre présomption, d’abandonner Dieu. Contrairement aux trop nombreux prophètes de malheur, celle-ci affirme que Dieu n’est pas un homme pour garder de la rancune et être revanchard, mais que si cela est véritablement notre souhait, qu’il nous abandonnera à nous-mêmes, ce qui peut s’avérer dans les faits une terrible punition, comme l’a expérimenté à quelques reprises le peuple juif dans son histoire. La fille de Billy Graham donnait une entrevue au programme The Early Show et Jane Clayson lui a demandé : « Comment Dieu a-t-il pu laisser quelque chose de ce genre (le 11 septembre 2001) arriver ? » Et Ann Graham lui a répondu de façon profonde et perspicace : « Je crois que Dieu est profondément attristé par tout cela, tout comme nous…, mais cela fait des années que nous Lui demandons de sortir de nos écoles, de sortir de notre gouvernement et de sortir de nos vies. Et comme Dieu est un gentleman, je crois qu’il n’a fait que ce que nous Lui demandions. Comment pouvons-nous espérer sa bénédiction et sa protection, si nous Lui demandons de nous laisser tranquilles ? »

 

Comment se prémunir contre la présomption ? Par la prière, particulièrement la prière de louange qui reconnaît que les bonnes choses dont nous jouissons viennent de Dieu et l’en remercient : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange » (Mt 11, 25). Ensuite adopter une attitude d’enfant à l’égard de ses parents envers Dieu à savoir tout attendre de Lui avec confiance sachant que ce sera pour notre bien : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient! » (Mt 7, 11). Le rechercher constamment comme ma petite nièce handicapée qui, lorsqu’elle était plus jeune, n’avait presque que ces trois mots en bouche dès que ma belle-sœur disparaissait de son regard : « Est où maman? » Je crois que c’est cette attitude de tout-petits à laquelle Jésus pensait lorsqu’il a rajouté : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25).

 

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