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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Recherche de la perfection

 

Recherche de la perfection

 

Citius, fortius, altius.

 

  Devise de l’olympisme 

 

Plus vite, plus haut, plus fort.

 

 

La recherche de la perfection est la poursuite de la mort.

 

  Pierre Baillargeon  (1916-1967), La neige et le feu

 

 

La nature a des perfections pour montrer qu'elle est l'image de Dieu, et des défauts pour montrer qu'elle n'en est que l'image.

 

  Blaise Pascal  (1623-1662), Pensées

 

 

 Les jeux olympiques d’hiver de Vancouver tirent à leur fin et déjà peut-on commencer à en faire le bilan. Rarement, les jeux modernes n’ont-ils été autant marqués par la mort, exception faite de Munich en 1972 où une prise d’otages d’athlètes israéliens s’était terminée dans un bain de sang. Certes, mort et recherche de la perfection ne sont pas étrangères l’une à l’autre, mais l’on parle ici beaucoup plus au figuré d’une mort à soi-même pour atteindre un idéal que d’une mort physique comme ce fut le cas du lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili pour qui la quête du plus vite a résulté en une fin prématurée à l’âge de 21 ans avant même que les jeux ne commencent officiellement. Il y a eu également la mort de Thérèse Rochette, mère de Joannie, la patineuse artistique qui a dû surmonter la douleur qui l’affligeait deux jours seulement après le tragique événement afin de livrer une performance à la mesure de son talent et obtenir éventuellement une médaille de bronze, médaille qui est probablement celle qui restera le plus longtemps gravée dans l’imaginaire de ceux qui ont suivi les jeux en raison du dépassement de soi que cela a demandé à la jeune femme et du fort courant de sympathie que cela a suscité dans le public.

 

La recherche de la perfection n’est pas seulement un vague objectif pour le spirituel mais un impératif : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Jésus ne parle pas de la perfection d’une performance mais de celle de l’amour qui requiert elle aussi de mourir à soi-même mais pour une fin toute autre, le prochain et Dieu, non pas pour obtenir une gloire éphémère mais éternelle : « Tout athlète se prive de tout; mais eux, c'est pour obtenir une couronne périssable, nous une impérissable » (1 Co, 9, 25). Certes la perfection divine est inaccessible mais cela ne doit pas servir d’excuse pour ne pas s’efforcer d’y tendre. Il ne faut pas se désoler de la longue route qui reste à faire mais se réjouir du chemin parcouru ainsi que du fait que la divine miséricorde s’attardera plus aux intentions qu’à des résultats se situant inévitablement en-deçà des aspirations du cœur, contrairement à nous qui ne pouvons juger que ce que nous voyons.

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