Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
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Par quelle autorité fais-tu cela ?
Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver. Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou bien qui t'a donné autorité pour le faire ? » Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ? 'Mais allons-nous dire : 'Des hommes' ? » Ils redoutaient la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète. Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »
Marc 11, 27-33
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L’élite religieuse du temps de Jésus a tout faux : alors que la relation avec Dieu n’est qu’amour elle veut en faire une question de pouvoirs et de privilèges. Mais ils ne sont pas seuls : les proches de Jésus se sont laissés influencés par des tentations similaires de l’Ennemi qui cherche par tous les moyens à mettre fin à l’histoire d’amour entre Dieu et les hommes.
Précédemment dans son évangile, Marc rapporte la réaction de Jean lorsque Dieu s’exprime par un intermédiaire autre que les amis officiels de Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu'un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l'en empêcher, car il n'est pas de ceux qui nous suivent. » Jésus répondit : « Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n'est pas contre nous est pour nous » (Mc 9, 38-40). Dans son homélie du 22 mai 2013, le pape François souligne que la possibilité de faire le bien est ouverte à tous et que c’est non seulement un privilège mais un devoir :
« Les disciples étaient un peu intolérants », et étant persuadés « d’avoir la vérité », ils pensaient que « tous ceux qui n’ont pas la vérité, ne peuvent faire le bien ». Mais « c’était faux » et Jésus « élargit l’horizon ». En réalité, « la racine de cette possibilité de faire le bien, que nous avons tous » est « dans la création » : « Le Seigneur nous a créés à son image et ressemblance, et nous sommes images du Seigneur, et Il fait le bien et nous avons tous dans le cœur ce commandement : fais le bien et ne fais pas le mal. Tous. » Y compris, « les non-catholiques » : tous « peuvent faire le bien » et non seulement le peuvent mais aussi « doivent » le faire, car tous ont « ce commandement à l’intérieur [d’eux-mêmes] ». « Au contraire, a-t-il poursuivi, cette fermeture qui fait penser que tout le monde ne peut pas faire le bien, est un mur qui porte à la guerre et à ce que certains ont pensé faire dans l’histoire : tuer au nom de Dieu... C’est tout simplement un blasphème. Dire qu’on peut tuer au nom de Dieu, c’est un blasphème ». (rapporté par Zenit.org).
Et encore dans cet autre passage de Marc : « Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. » (Mc 9, 33-34). L’on peut certes voir de l’orgueil dans cette discussion des disciples mais également le désir de dominer les autres. Le désir de pouvoir, de domination est une conséquence directe du péché des origines, de la perversion du rapport d’amour qui devrait exister entre Dieu et les hommes de même qu’entre les hommes entre eux : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » (Gn 3, 16). Et le pape François d’en tirer les conclusions suivantes dans son homélie du 21 mai 2013 :
La "lutte pour le pouvoir dans l’Église" ne doit "tout simplement pas exister", "progresser" dans l'Église c'est "s'abaisser". Voilà "la promotion véritable", à la suite du Christ. " Le vrai pouvoir", celui que "le Seigneur, par son exemple, nous a enseigné", c’est "le pouvoir du service". Le Christ lui-même "est venu non pour se faire servir, mais pour servir, et son service a été un service de la Croix". "Il s’est abaissé jusqu’à la mort, la mort par la Croix, pour nous, pour nous servir, pour nous sauver. Et dans l’Église il n’existe aucune autre route pour aller de l’avant. Pour le chrétien, aller de l’avant, progresser, signifie s’abaisser. Si nous n’apprenons pas cette règle chrétienne, jamais, jamais nous ne pourrons comprendre le vrai message de Jésus sur le pouvoir". Progresser, c'est "s’abaisser", c'est "être toujours au service". Ainsi, le plus grand est "celui qui sert le plus, qui est le plus au service des autres": voilà la "règle chrétienne". (Zenit.org)
Le seul pouvoir de l’Église et dans l’Église devrait être le pouvoir de l’amour, seul capable de briser les chaînes qui entravent la route de l’homme vers Dieu, la fin à laquelle tous sont appelés.
Encore dans Marc, nous voyons Pierre dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre » (Mc 10, 28) espérant sans doute par là obtenir un privilège ou une récompense quelconque. Si Jésus ne nie pas qu’il y ait avantage à le suivre, il y met aussi un bémol : « avec des persécutions » (Mc 10, 30), les difficultés à affronter étant à la hauteur des grâces reçues pour « préserver un équilibre relatif », les ressources, les grâces reçues, dépassant toujours quelque peu ce qui est requis pour faire face aux épreuves, la victoire nous ayant été acquise par le sacrifice de Jésus sur la croix. Qui suit Jésus dans l’espoir d’obtenir un avantage marqué sur les autres en sera quitte pour une bonne déception. Par ailleurs, si nous suivons Jésus, nous devons considérer qu’il s’agit là d’un privilège d’y avoir été appelés sans aucun mérite de notre part et nous efforcer de répondre généreusement à cet appel à aimer davantage dans notre quotidien.
Enfin, toujours dans Marc, nous voyons Jacques et Jean demander : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire » (Mc 10, 37). Jacques et Jean rêvent, à n’en pas douter, de gloire et de pouvoir. Or ce ne sont pas là les voies de Dieu qui est Amour, amour dont la voie est le service : « le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45). Aussi, la seule promesse que Jésus leur fait est qu’ils le suivront dans la voie du service : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez » (Mc 10, 39).
La seule autorité qui tienne pour le spirituel, ce sont ses entrailles qui s’émeuvent face à la misère des autres et qui l’incitent à faire le bien dans la mesure des moyens qui lui ont été accordés par Dieu. Face à la pauvreté tant matérielle que spirituelle, point n’est besoin d’autre justification que le besoin criant et le désir d’y répondre en se mettant par amour au service des nécessiteux.