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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Suicide

 

 

Suicide

 

Quel courage il faut, à certains moments, pour choisir la vie !

 

 Henrik Hibsen  (1828-1906), Maison de poupée

 

 

 

Contrairement à ce que certains prétendent, le suicide n’est pas un acte de courage mais de lâcheté. Le véritable courage consiste à faire face à la souffrance, la combattre si cela s’avère possible, l’accepter dans le cas contraire et, pour les spirituels, l’offrir à Dieu pour le salut des autres et le sien propre à l’exemple de l’apôtre Paul : « En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Église » (Col 1, 24). Fuir la souffrance en se donnant la mort, c’est s’exposer à perdre la récompense promise par Jésus dans les béatitudes : « Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Mt 5, 5).

 

Le catéchisme de l’Église catholique dit ceci à propos du suicide : « Chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui la lui a donnée. C’est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour son honneur et le salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas (2280). Le suicide contredit l’inclination naturelle de l’être humain à conserver et à perpétuer sa vie. Il est gravement contraire au juste amour de soi. Il offense également l’amour du prochain, parce qu’il brise injustement les liens de solidarité avec les sociétés familiale, nationale et humaine à l’égard desquelles nous demeurons obligés. Le suicide est contraire à l’amour du Dieu vivant (2281). Cependant, contrairement à l’opinion répandue autrefois selon laquelle le suicidé était automatiquement condamné à la peine éternelle, il dit ceci, source d’espérance pour les survivants : « On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. L’Église prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie » (2283). Cette dernière position est conforme à un livre que j’ai lu sur ce que disait une personne qui prétendait recevoir la visite des âmes du purgatoire dont certaines s’étaient suicidées et qui lui disaient que leur plus grande souffrance était de voir le bien qu’elles auraient pu faire et auquel elles avaient renoncé par leur acte irréparable.

 

Pour ce qui est de la souffrance et de son refus ou de son acceptation, la revue Feu et Lumière de juin 2009 a publié un excellent article de Jacques Philippe qui s’intitule « Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » dont voici certains extraits :

 

Notre monde occidental moderne est très désarmé devant la souffrance. Il y a une tendance aujourd’hui à considérer que la souffrance est toujours un mal, et qu’elle ne peut être jamais autre chose.

 

Le message de l’Évangile est clair. Il faut soulager toutes les souffrances que l’on peut soulager : si ton frère a faim donne-lui à manger (ne te contente pas de pieux discours!). Il faut aussi accepter avec confiance la souffrance qu’on ne peut éviter. « Qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive! » (Mc 8, 34).

 

La souffrance qui fait le plus mal est celle que l’on refuse... Si l’on est dans une attitude de refus, cela crée une tension, voire une révolte qui rend la souffrance plus lourde. En revanche, si l’on est dans une attitude d’acceptation, la souffrance est vécue paisiblement, et devient donc beaucoup moins écrasante.

 

Beaucoup de nos grosses souffrances proviennent du fait que nous n’acceptons pas les petites.

 

Accepter de souffrir, cela simplifie l’existence. Refuser toute souffrance rend à l’inverse la vie très compliquée : on est toujours à se plaindre, à regretter que les choses ne soient pas différentes, à mettre en œuvre des stratégies complexes pour éviter les difficultés…

 

Une chose fait plus de dégâts dans notre vie que la souffrance, c’est la peur de la souffrance. « Les pires souffrances de l’homme, ce sont celles qu’il redoute » dit Etty Hillesum.

 

La souffrance n’a pas que des effets négatifs. Elle nous appauvrit, nous rend humble, nous fait perdre notre orgueil et notre autosuffisance, nous ramène à l’essentiel. Elle nous oblige à vérifier si les valeurs sur lesquelles nous fondons notre vie sont des valeurs qui « tiennent le choc » ou pas… Elle met en évidence la vérité profonde de notre vie, elle peut être l’occasion de conversions bénéfiques. Elle oblige à crier vers Dieu et à se laisser aider par les autres.

 

La souffrance peut aussi aider à devenir plus compatissant envers le prochain. Elle aide à trouver des mots et des attitudes justes pour encourager et réconforter ceux qui se trouvent en détresse. On ne peut pas aider de manière efficace quelqu’un qui souffre si l’on est pas, au moins un peu, passé par ce qu’il traverse.

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