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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Argent public

 

Argent public

 

Nothing is easier than spending the public money. It does not appear to belong to anybody. The temptation is overwhelming to bestow it on somebody...

 

 Calvin Coolidge  (1872-1933)  

 

Rien n’est plus facile que de dépenser l’argent public. Il ne semble pas appartenir à quiconque. La tentation est irrésistible de le donner à quelqu’un…

 

 

Tous revendiquent une part de la richesse commune, pour des motifs divers, d’un niveau de pertinence variable, allant de l’intérêt purement égoïste à l’altruisme complètement désintéressé. Comme cette richesse est gérée dans les sociétés démocratiques par des gens élus, sa distribution devient monnaie d’échange pour obtenir des votes. Non seulement cela mène-t-il à des scandales lorsque certains viennent à confondre intérêt personnel et public mais également à une dépense effrénée, quiconque désirant être élu promettant de dépenser autant sinon plus que celui qui l’a précédé.

 

Les théories prônant l’intervention de l’état afin de régulariser l’activité économique prévoyaient que celui-ci fasse des surplus en période de prospérité et des déficits en période de crise afin d’injecter des fonds pour réduire l’impact des inévitables périodes de déclin de l’économie de marché. La réalité se révèle toute autre alors que les gouvernements dépensent beaucoup en période de prospérité, peinant même à boucler leur budget, et ils dépensent encore plus en période de crise alors qu’ils accumulent des déficits si importants qu’ils fragilisent leur capacité à jouer un rôle régulateur dans les temps difficiles, leur capacité d’emprunter comme celle de taxer se voulant limitées.

 

Les politiciens font en quelque sorte penser à l’intendant de la parabole (Lc 16, 1-8) qui, se voyant menacé de se faire retirer la gérance des biens de son maître, remit aux débiteurs de ce dernier une partie de leur dette afin de s’en faire des amis. Le but de Jésus n’était toutefois pas d’encourager ses disciples à utiliser l’argent d’autrui à des fins personnelles mais de se servir de la richesse personnelle en vue du bien commun, que les biens et leur accumulation ne deviennent pas une fin en soi mais demeurent un moyen comme ils le furent pour l’intendant. « Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur pour qu'une fois celui-ci disparu, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance pour une toute petite affaire est digne de confiance aussi pour une grande; et celui qui est trompeur pour une toute petite affaire est trompeur aussi pour une grande. Si donc vous n'avez pas été dignes de confiance pour l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour ce qui vous est étranger, qui vous donnera ce qui est à vous ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres: ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent »  (Lc 16, 9-13). Quels sont ces amis susceptibles de nous accueillir dans les demeures éternelles dont parle Jésus ? Ce sont les personnes dans le besoin, les plus défavorisés de la société dans lesquels Jésus se dit présent : « J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! … chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (Mt 25, 35-36.40). Certes une partie de l’argent public dépensé est consacré aux gens dans le besoin mais cela ne nous dédouane pas de toute responsabilité à leur égard car l’état ne peut répondre à tous les besoins ou demandes. En outre, les besoins ne sont pas uniquement d’ordre monétaire : accueillir l’étranger va au-delà de lui fournir le logement, la nourriture et le vêtement, le malade a besoin de plus de contacts humains que la présence minimale du personnel traitant payé par l’état…

 

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