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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Beauté

 

 

Beauté

 

Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps.

 

 Victor Hugo  (1802-1885), Post-scriptum de ma vie

 

 

 

Pendant une journée de ski, alors que j’utilisais la remontée mécanique en compagnie d’une mère et de sa fille adolescente, bien que je ne prête normalement pas attention aux conversations des autres, j’ai trouvé fort intéressant entendre la mère tenter d’expliquer à sa fille ce qu’était la beauté d’une personne, que celle-ci n’était pas uniquement le fait de l’apparence extérieure ni des dispositions intérieures de celle-ci mais un mélange indescriptible des deux. Ne parle-t-on pas d’une beauté plastique, artificielle, pour désigner une personne dont la beauté réside essentiellement dans la correspondance à des critères purement extérieurs ?  Victor Hugo a lui aussi constaté l’apport essentiel de la beauté intérieure à la grâce extérieure. Cette beauté intérieure d’une personne transparaît principalement dans l’éclat de ses yeux et ce que transmet son sourire. Le sourire n’est-il pas ce qui fait toute la grâce de la Mona Lisa de Vinci ?

 

Pour les spirituels, il est fort intéressant de constater que le corps du Christ ressuscité (et la beauté qui en émane) est différent de celui qui était le sien auparavant au point que Marie-Madeleine ne le reconnaisse pas au matin de Pâques, pas plus d’ailleurs que les disciples d’Emmaüs avec lesquels il a cheminé. On raconte également que le visage de certains saints s’est métamorphosé au moment de leur mort pour laisser transparaître une touche d’éternité, la paix et la béatitude. Le défi du croyant est double : d’une part, laisser transparaître à travers sa personne quelque chose de la beauté du Dieu qui l’anime et, d’autre part, reconnaître dans les autres, particulièrement ceux que la nature n’a pas favorisés ou dont l’apparence extérieure s’est dégradée, la présence de Dieu. Ce n’était pas plus facile pour les disciples de reconnaître Dieu dans le Serviteur souffrant, le Christ dans sa passion : « sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison » (Is 53, 2-5), pas plus que de reconnaître le Christ dans cet homme duquel émanait sûrement, dans la mesure où leur regard pouvait le supporter, quelque chose de la beauté de Dieu.

 

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