Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
20 Décembre 2009 Pensées
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Chance
Je crois à la chance. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour justifier la réussite des gens que je n'aime pas.
– Tristan Bernard (1866-1947)
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Combien sommes-nous mesquins avec les gens qui nous sont hostiles ou dont nous ne partageons pas la même vision des choses !
J’ai découvert au fil des ans et de diverses rencontres que la réussite n’était jamais l’unique fruit du hasard et qu’à rechercher honnêtement les causes d’un succès ou d’une position occupée par une personne, je trouvais invariablement de belles qualités qui me la rendaient plus sympathique. Parfois, les choses avait évolué et les qualités qui l’avaient si bien servi ne lui étaient plus utiles auquel cas je m’efforçais de l’aider à s’adapter ou à trouver une opportunité qui lui rende plus justice. Il est arrivé que j’apprenne que la bonne fortune ait été héritée d’un parent. Poussant alors plus loin ma recherche, j’essayais de découvrir les qualités de celui qui était à l’origine du succès, qualités bien souvent transmises elles aussi par hérédité et qui ne demandaient parfois qu’à être éveillées chez leur récipiendaire. Rarement, ai-je découvert que le succès résultait de manœuvres douteuses, auquel cas je m’éloignais rapidement des personnes concernées avant qu’elles ne m’entraînent dans leur inévitable chute, la vie se faisant un devoir de faire repayer tôt ou tard un bien mal acquis…
Le salut spirituel n’est pas lui non plus le fruit du hasard ni d’un mérite quelconque du croyant. Il est une réponse personnelle de chacun à un appel universel et constant de Dieu : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j'ai siégé avec mon Père sur son trône » (Ap 3, 20-21). Cet appel nous est transmis par des messagers, généralement les plus faibles, les nécessiteux : « dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40). Pour les chrétiens, Dieu s’est fait chair dans la personne d’un bébé venu au monde dans le plus grand dénuement pour se faire accessible à tous ainsi qu’en fait foi la présence des bergers immédiatement après sa naissance. C’est cet appel d’un Dieu qui se fait proche de nous que nous nous apprêtons à célébrer à Noël. Sommes-nous prêts à L’accueillir et à Lui donner une réponse favorable, Lui pour qui il n’y avait pas de place (Lc 2, 7) à la naissance ? Les préoccupations de la vie quotidienne occupent-elles pour nous aussi toute la place, nous empêchant même d’entendre l’appel ?