Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
23 Mars 2011 Pensées
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Dépense
C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie.
– Jules Renard (1864-1910)
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Celui qui se ménage, dépense ses énergies avec parcimonie, s’il vient à durer plus longtemps, devra cependant vivre avec le doute de ne s’être jamais rendu à la limite de ses capacités et ne connaîtra jamais la satisfaction que procure le dépassement de soi. Cela n’empêche pas pour autant de faire preuve de prudence et de regarder à la dépense avant de s’engager de peur de ne pas avoir les ressources nécessaires pour terminer ce qui a été entrepris : « Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout? De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever! » (Lc 14, 28-30). Mais une fois engagé, la fin poursuivie étant reconnue comme désirable et les moyens d’y parvenir comme disponibles, il n’y a pas de raison de ne pas se donner au maximum sous peine de rater l’objectif espéré : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu » (Lc 9, 62).
La fin poursuivie est-elle Dieu et son Royaume que le prix à payer est élevé : « Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple » (Lc 14, 27) et « quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple » (Lc 14, 33). Par biens, il est entendu non seulement les biens matériels mais toutes les choses de ce monde dont la gloire et jusqu'à sa propre vie (Lc 14, 26). Attention toutefois ! Renoncer ne signifie pas « ne pas avoir » mais « ne pas s’attacher à », quelqu’un pouvant avoir très peu et y être fortement attaché. Pourquoi ce détachement ? Parce que la fin de la spiritualité est l’amour, Dieu étant Amour (1 Jn 4, 8), et que l’amour est détachement de soi au bénéfice de l’autre, de Dieu. Ce n’est pas du masochisme, le détachement n’est pas requis pour lui-même mais pour aimer plus parfaitement l’autre et Dieu. Un détachement qui ne résulterait pas en un plus grand amour serait vain, de la même manière que l’on peut difficilement parler d’amour s’il y a quelque réserve, tout au plus peut-on alors parler d’amitié. Les proches de Jésus n’étaient pas exempts du détachement requis, Jacques et Jean se faisant demander par celui-ci : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » (Mt 20, 22), coupe qui était le don de sa vie comme ils allaient bientôt le découvrir.