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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Être

 

 

Être

 

To be is to do.

 

 Emmanuel Kant  (1724-1804)

 

Être c’est agir.

 

 

 

Identifier la personne à ce qu’elle peut faire est une vision réductrice et utilitariste de l’être humain. La valeur de la personne ne se limite pas à ses actions, au potentiel qu’elle porte en elle. Le monde avec ses préoccupations mercantiles éprouve beaucoup de difficulté à estimer, pour ne pas dire qu’il méprise, ce qui contribue peu ou pas à son essor.

 

Le spirituel reconnaît la dignité inaliénable de chaque personne qui découle du fait que Dieu l’a voulue et maintient en elle le souffle de la vie ainsi que de son âme spirituelle, germe d’éternité qu’elle porte en elle, irréductible à la seule matière, qui ne peut avoir son origine qu’en Dieu seul (CEC 33) et qui la rend capable de retourner vers Lui. Plus encore, le chrétien reconnaît en chaque personne un frère ou une sœur en Christ à l’instar de l’apôtre Paul : « Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l'adoption filiale. Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie: Abba, Père! Aussi n'es-tu plus esclave mais fils; fils, et donc héritier de par Dieu » (Ga 4, 4-7).

 

Aujourd’hui, fête de l’Épiphanie, nous retrouvons cette opposition entre le monde et les spirituels sur le sujet de la dignité humaine. D’une part, il y a le roi Hérode, la figure mondaine la plus en vue de son milieu, inquiet de voir que son pouvoir temporel puisse être éventuellement menacé par un enfant qui vient de naître, manifestera son mépris de la vie dans le décret qui ordonnera éventuellement le massacre d’enfants innocents. D’autre part, il y a les mages qui appartenaient initialement au monde car, lorsque l’étoile a disparu, ils se sont adressés à Hérode, leur semblable, pour savoir où l’enfant exceptionnel venait de naître. Leur vision se transforme cependant et ils reconnaissent Dieu en l’enfant Jésus, en dépit du dénuement extrême dans lequel il se trouve, et ils lui offrent des présents après quoi ils regagnent leur pays par un autre chemin (que de retourner voir Hérode comme ce dernier le leur avait demandé), preuve du changement opéré en eux par la rencontre du divin.

 

Quelle dignité accordons-nous à la vie, à toutes vies, particulièrement les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus inutiles ? De notre réponse, nous saurons si nous appartenons au monde ou à Dieu, si nous suivons les traces d’Hérode ou celles des mages.

 

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