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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Pouvoir

 

 

Pouvoir

 

Too often we underestimate the power of a touch, a smile, a

kind word, a listening ear, an honest compliment, or the smallest act of caring, all of which have the potential to turn a life around.

 

 Leo Buscaglia  (1924-1998)

 

Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère, ou d'une moindre attention ; lesquels ont tous le pouvoir de changer une vie.

 

 

 

L’impatience nous conduit souvent à ignorer l’amour comme moyen de transformer le monde et à emprunter des raccourcis comme la violence ou toute autre méthode contraignante pour « convaincre » les autres à agir comme nous le souhaiterions, fut-ce même pour ce que nous estimons être leur propre bien. Or toute entrave à la liberté d’autrui ne saurait générer autre chose que le ressentiment. Toute soumission apparente à une domination dont on ne partage pas les opinions cache un volcan susceptible d’éclater avec d’autant plus de force que ceux qui en auront été victimes se seront sentis brimés. Tout ce qui est érigé sur la coercition est appelé à disparaître alors que l’amour (et ses œuvres) ne disparaîtra jamais (1 Co 8, 13) dans l’au-delà, si ce n’est en ce monde où il garantit, à tout le moins, une durabilité accrue. C’est ce pouvoir de l’amour qui perdure au-delà de l’existence terrestre qui amène l’Église à faire des miracles posthumes un critère de reconnaissance de la sainteté d’une femme ou d’un homme, de la manière admirable que cette personne s’est mise au service de Dieu pour transmettre l’amour de Celui-ci aux autres en dépit des faiblesses de sa propre humanité.

 

L’Église catholique célébrait dimanche dernier la fête du Christ Roi de l’univers. À cette occasion, le P. Laurent Le Boulc'h a fait une très belle homélie sur le pouvoir et la violence, texte que je partage avec vous :

 

« Es-tu le roi des juifs ?... Alors, tu es roi ?  » Voilà la question qui tourmente Pilate. C'est la question du pouvoir bien sûr. En tant que procurateur, Ponce Pilate aime le pouvoir. Le pouvoir est sa passion. Il le fait sentir de manière sanglante. Jaloux de son pouvoir, Pilate, sans état d'âme, supprime les opposants.

 

Pilate s'inquiète donc de la puissance de Jésus.

 

Or, lui répond Jésus, « ma royauté ne vient pas de ce monde ». Le Christ n'a pas à sa disposition des armées pour le protéger. Sa royauté n'est pas de ce monde. Et pourtant Jésus ne refuse pas vraiment le titre de roi. Car il est roi mais il est roi d'un autre royaume. Sa puissance est tout autre.

 

On comprend que pour Pilate qui n'a qu'une vision simple et carrée du pouvoir, ce que dit Jésus paraît bien obscur. Mais Jésus continue : « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix ».

 

Le pouvoir de Jésus a donc quelque chose à voir avec la vérité. La vérité dans l'évangile de Jean est du côté de Dieu. Jésus est venu rendre témoignage à la vérité de Dieu. Il est venu révéler la vérité de Dieu. Or, la vérité de Dieu révélée par le Christ a quelque chose de subversif par rapport au pouvoir.

 

Le Dieu de l'Évangile n'est pas un Dieu sans puissance. Le livre de l'Apocalypse le proclame : «À lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. » Nous le confessons à chaque Credo : « Je crois en Dieu le Père tout puissant. » Il y a en Dieu une puissance infinie. Mais cette puissance de Dieu n'est pas celle que les hommes comprennent et désirent le plus souvent.

 

La puissance de Dieu s'est manifestée au monde en Jésus, son roi. La puissance de Dieu a manifesté tout son éclat dans la manière dont Jésus a fait face à la violence. C'est dans le rapport de Jésus à la violence des hommes que s'est révélée la toute puissance de Dieu.

 

Jésus est venu prendre sur lui la violence des hommes dans ce qu'elle a de plus terrible. Car il y a violence et violence en l'homme. Toutes n'ont pas la même radicalité. Il y a des violences légitimes qui font partie de la vie sociale. Dans le travail de l'éducation, il faut bien exercer parfois des sanctions... Mais il est une autre violence en l'homme absolument terrifiante, insoutenable, celle qui pousse à l'extermination et qui veut en finir avec l'humanité des hommes. Violence qui dénie à l'autre toute forme d'existence.

 

Cette violence peut prendre bien des formes individuelles ou collectives. C'est un délire d'anéantissement qui, bien qu'irrationnel, peut s'abriter derrière toutes sortes de justifications. Violence du régime nazi dans son extermination du peuple juif, violence des terroristes fanatiques qui ensanglantent des innocents, violence des dictateurs qui condamnent les opposants, violence de tous ceux et celles qui obligent les autres au silence. Cette violence peut surgir en tout homme à n'importe quel moment comme la volonté démoniaque de détruire l'autre devant lui pour ne plus le voir, pour en finir avec lui.

 

Le pouvoir de Pilate est lié à cette violence aveugle. Et même si Pilate le cynique se lave les mains, il est bien complice du crime qui condamne à mort l'innocent.

 

Vaincre cette violence demande une énergie extraordinaire. Il faut pour cela une grande puissance mais une puissance qui pourtant ne doit céder en rien à cette violence car on ne ferait alors que réactiver ou amplifier son jeu. De fait, combien de réactions contre la violence sont contaminées par la violence qu'elles veulent pourtant dénoncer ? On fait la révolution pour lutter contre l'oppression politique et on tombe dans la terreur. On pratique la lutte des classes contre l'inégalité et l'on tombe dans la dictature du prolétariat. On fait la guerre aux dictateurs et l'on devient soi-même ultra autoritaire. On lutte contre la richesse méprisante des autres et l'on devient soi-même riche de la même façon.

 

Comment rester lucide par rapport à la violence ? Comment la vaincre sans recourir à ses armes ?

 

Aux hommes, cela semble impossible. Il y a si souvent en nous une part de revanche. Mais Jésus notre roi est le grand vainqueur. Il a laissé la violence des hommes éclater sur lui jusqu'au bout, jusqu'à le mettre à mort de la manière la plus injuste. Il a lutté contre elle, la dénonçant à chaque instant, mais ne s'en faisant jamais le complice. Il l'a affrontée avec une énergie qui n'était en rien violence en lui parce qu'elle est l'énergie de l'Esprit.

 

C'est au jour de la résurrection que la puissance de Jésus contre la violence des hommes a révélé toute sa force. Le Christ est le vainqueur de la toute puissance de la violence sauvage en l'homme, le grand vainqueur du mal et de la mort. « Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite » annonçait déjà le prophète Daniel.

 

Il est notre roi. Celui qui inaugure le nouveau règne de Dieu délié de toute violence. Encore faut-il que nous laissions le Christ Jésus étendre sa domination dans notre vie. Encore faut-il que nous le laissions inspirer nos actions et nos sentiments. Grâce à la force de son Esprit, gouverner autrement nos vies. Puiser dans sa puissance d'amour le courage de traverser ou de dépasser la violence absolue tapie en nous. L'un des plus beaux signes que le règne de Dieu s'est imposé en nous, c'est alors celui du pardon donné. Là enfin l'amour du Roi Jésus surpasse en nous la haine et le règne de Dieu se manifeste à nous.

 

Frères et sœurs, prions le Christ notre roi de nous aider à gouverner nos vies dans son Esprit. Prions notre Père de faire advenir en nous son Royaume : « Notre Père, que ton Règne vienne ! » Amen  (publié par www.zenit.org).

 

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